Décembre 23, 2020
Par Rebellyon
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Nous avons un monde à gagner ! Contre l’impérialiste et sa barbarie, vive la résistance des peuples !

2020 restera-t-elle marquée par le sceau d’une année de pandémie mondialisée, d’un chaos généralisé, d’une apocalypse et d’une fin du monde programmées ? Pour certaines approches limitées ou mystiques, certainement. Mais ce qu’il faudra surtout retenir de 2020, c’est qu’elle a été et est porteuse de tensions fondamentales mais aussi de jours heureux à venir !

2020, c’est l’année où l’économie a été en proie à une surproduction inégalée, tandis que le commerce international s’est rétracté depuis 2018. C’est l’année où la sphère spéculative financière a été menacée à tout moment d’éclatement. C’est l’année où les classes dirigeantes ont été toujours plus disqualifiées, discréditées et contestées par la rue, par un front social en pleine agitation, marqué par des soulèvements populaires importants par leur nombre et pour leur durée – les Gilets jaunes en étant une illustration – et qui, désormais, n’hésite plus à entrer dans une confrontation directe, de plus en plus radicale et violente, contre toutes les formes de représentation du pouvoir.

C’est dans ce contexte de déstabilisation économique et de révolte politique et sociale généralisée qu’est apparu le coronavirus ; c’est dans ce contexte que doivent se comprendre toutes les retombées de cette pandémie et aussi cette fameuse déclaration du 16 mars 2020 que tout un chacun peut et doit reprendre à son compte du : « nous sommes en guerre ».

Cette guerre, certes, est bien la leur. Ils sont en guerre, et ce depuis toujours ! Mais 2020 restera certainement l’année où cette guerre de classe a été explicitement déclarée et où le véritable enjeu qui s’est joué derrière cette rhétorique guerrière du 20h, a été en réalité la pérennisation de ce système capitaliste mondialisé moribond, et ce quitte à faire revivre les vieux démons sécuritaires et répressifs des temps de crise.

Le coronavirus, comme naguère le terrorisme, devient alors, dans cette guerre, l’arme opportune et idéale pour que ces puissants vacillants raffermissent leur pouvoir et pour que le système capitaliste, à travers l’Etat, impulse toujours plus en avant son ordre politique, économique et social, – et ce « quoi qu’il en coûte » en termes de suspension des droits les plus fondamentaux, de régression sociale et de paupérisation massive de la population.

Sont alors décrétés, en France, sous couvert de l’état d’urgence, la transformation profonde du fonctionnement des institutions étatiques ; la latitude pour l’Etat à réglementer dans un très grand nombre de domaines de la vie politique, économique, sociale et juridique, par simples ordonnances, dans un climat de 49-3 permanent ; mais aussi des régimes d’exception limitant les libertés fondamentales individuelles et collectives – telles les libertés de circulation, d’entreprendre, de réunion, de manifestation – inscrits désormais dans le droit, par la loi et pouvant être renouvelés tant que « l’exceptionnel » sera estimé.

Sont aussi planifiées les nouvelles attaques contre les conquêtes sociales et démocratiques arrachées de hautes luttes, notamment en matière de droit du travail, de droit de la fonction publique, de sécurité sociale et de droit à une retraite digne. Dans cette charge offensive, aucun secteur de la société n’est épargné – que les offensives soient ouvertement et publiquement déclarées ou noyées dans le flot des communications comme par exemple pour la dernière loi de programmation de la recherche adoptée le 17 novembre 2020 et qui prévoit – outre des financements concentrés sur une recherche sélective par projets et une attaque du statut de fonctionnaire – la criminalisation des blocages et des mobilisations dans les universités sous couvert « d’un délit d’entrave ». Les coups portés pleuvent à grands renforts de lois scélérates, de « coupes budgétaires », d’infâmes « plans d’ajustement », de chômages partiels prémonitoires de licenciements de masse alors qu’on ne compte plus les chèques en blanc signés à tout va. Et comme toujours, mais peut-être davantage encore en ces temps de durcissement des contradictions et de « guerre » intérieure, se mettent naturellement en ordre de marche les bataillons du patronat et ses chiens de garde médiatiques, martelant heures après heures, sur toutes les ondes, le sens du sacrifice et l’impérieuse nécessité de l’extension générale du temps de travail pour des journées de 12h, des semaines de 60h, des suppressions de RTT, des jours fériés et des congés payés et un recul toujours plus exponentiel de l’âge légal de départ à la retraite.

Sont aussi décidés les pleins pouvoirs accordés à toutes les forces répressives de l’Etat pour imposer, en tout arbitraire, l’union sacrée à toute la population et en particulier aux quartiers populaires. Ces pleins pouvoirs sont pleinement revendiqués dans les discours de politiques, de préfets, de syndicats de police aux relents nauséabonds, hérauts de cette violence d’Etat armée sans limite et défenseurs des crimes policiers absous. Ces pleins pouvoirs sont pleinement appliqués au quotidien lors de la répression des luttes revendicatives, sur le terrain militaire expérimental que sont devenues les manifestations, mais aussi dans nos rues, lors de tout contrôle, voire jusqu’à chez nous comme en a fait la terrible expérience Michel Zecler violemment passé à tabac par des « gardiens de la paix » si dévoués à leur mission. Ces pleins pouvoirs sont enfin, ces derniers temps, pleinement institutionnalisés avec la loi de sécurité globale, dernière pierre d’achoppement de ce tout répressif : loin d’être une « dérive autoritaire » comme cela peut être dénoncé ici et là, il s’agit bien d’une nouvelle étape dans l’arsenal répressif de l’Etat qui se dote d’une arme supplémentaire pour briser toute résistance à son pouvoir : arme qui étend la reconnaissance faciale et l’usage de drones « comme moyen légitime de surveillance » pour le maintien de l’ordre, qui étend les pouvoirs des policiers municipaux et du secteur de la sécurité privée, et qui plus généralement renforce l’impunité de la police et de la gendarmerie. La guerre est donc bien là dans cette confrontation entre : le bras armé du capital et des classes dominantes et toutes les formes de résistances et de remise en cause du pouvoir.

Enfin, dans cette offensive guerrière, n’oublions pas que sont aussi adoptées des « adaptations » de la justice pénale hors de tout état de droit pour que les institutions judiciaires soient réduites aux plus stricts besoins du pouvoir – celui de punir et d’enfermer- et pour que les droits de la défense soient anéantis à toutes les étapes du parcours judiciaire.

Ils sont en guerre ! Tout l’atteste et le démontre ! Et 2020, derrière le voile de l’état d’urgence sanitaire, est et restera bien l’année d’une intensification de l’oppression et de l’exploitation opérées par l’Etat bourgeois pour sauvegarder les seuls intérêts de la classe dominante.

Mais 2020 est et restera aussi l’année d’une résistance toujours plus accrue du prolétariat et du peuple. A cette déclaration de guerre – maquillée de confinement – nombreux sont ceux qui, mus par le virus de la rébellion, continuent à s’organiser et à démontrer que l’insubordination est au moins aussi présente chez les peuples que la tendance à se soumettre.

Partout en France, malgré les dictats et les interdictions, mais à l’heure où la pauvreté ne cesse d’augmenter avec la crise sanitaire qui est venue accentuer une crise économique déjà présente, les contestations s’expriment et les révoltes se multiplient : dans les quartiers populaires, particulièrement exposés en premières lignes, les nuits peuvent être incendiaires. Parallèlement, dans les usines, éclatent des protestations et des grèves, aux cris de « vos profits valent plus que notre santé » mais aussi des blocages et des occupations contre les licenciements et les délocalisations qui elles ne connaissent pas les lois des restrictions sanitaires. Chaque semaine, se soulèvent en masse des cortèges dans toutes les grandes villes de France, dans des soulèvements quasi insurrectionnels où il s’agit désormais de demander des comptes à ceux qui se croyaient jusque-là intouchables : cette contestation grandissante et continue des masses populaires n’est pas simplement le signe d’un ras-le-bol d’une politique d’un gouvernement mais bien plutôt le signe d’une conscience politique de plus en plus forte de la faillite même du système. Cette logique de confrontation violente dans les rues et ce besoin institutionnel de se doter d’instruments de répression de plus en plus puissants est bien le signe d’une lutte des classes de plus en plus antagonique où coup pour coup doit être rendu. Si intensification de la répression il y a, c’est bien qu’intensification de la lutte des classes il y a ! Et s’il est bien une guerre qui à l’heure actuelle se déclare, non sur les plateaux de télévision mais sur les pavés, c’est bien une guerre de classe contre classe ! Et s’il est bien un ennemi de l’intérieur à abattre, c’est bien l’Etat lui-même et non pas celui que les suppôts de cet Etat tentent de désigner au quotidien à travers le racisme systémique et en dernier lieu à travers cette loi abjecte contre le soi-disant séparatisme. Non, nous ne sommes pas en guerre contre une partie des classes populaires, sans cesse stigmatisée et accusée de cessation avec les « valeurs » démocratiques et de menace des fondements même de la République ! Nous sommes en guerre contre l’Etat lui-même, contre la classe bourgeoise dont il sert les seuls intérêts et contre sa contre-révolution qui ne parvient plus à masquer l’ampleur de ses crises ni le caractère incertain de son avenir.

La colère et la fronde sont là et n’en finissent pas de monter : parmi les cibles ordinaires de la police, parmi les résistants en prisons, parmi celles et ceux que le confinement assigne à la misère, parmi les travailleurs exposés au virus mais aussi aux licenciements de masse qui refusent le rôle de variable d’ajustement qu’on cherche à leur imposer, et parmi l’ensemble de la classe du prolétariat et du peuple qui sait que ses intérêts ne sont pas ceux de la bourgeoisie et que l’ennemi d’hier reste le même avant, pendant et après la pandémie.

La colère et la fronde sont là et n’en finissent pas de monter en France mais aussi aux quatre coins du monde, comme par exemple au Liban, au Chili, en Uruguay, au Pérou, en Inde et ailleurs. Ces luttes expriment toutes le refus des classes populaires de porter le fardeau des crises économiques, sociales et politiques actuelles. Elles expriment – avec une ampleur et une fréquence nouvelle depuis ces dernières années – la volonté affirmée de faire rupture avec un système qui intrinsèquement ne peut produire qu’inégalités, exploitations et exclusions, autrement dit misère, guerres, chaos et parallèlement enrichissement outrancier d’une infime minorité au détriment de la majorité de la population. A travers ces soulèvements populaires, ces luttes sociales et cette vaque de révolte mondiale, est désormais ouvertement et explicitement dénoncé tout un système à abattre reposant sur la corruption, la collusion constante entre le pouvoir politique et le pouvoir de la finance, l’omniprésence des lobbys dictant leur loi au plus haut sommet des Etats, la course au profit de tout bois au détriment du bien public et des droits fondamentaux, les diktats à marche forcée d’une justice expéditive purement de classe, un système répressif surarmé réprimant toute forme de contestation – autant de signes et de signaux, que l’on retrouve ici et là, de la mise en place progressive et aujourd’hui accélérée d’une forme politique et sociale fascisante. Les enjeux sont aujourd’hui dans toutes les consciences et tout un chacun sait comment décrypter les discours des officiels, lire entre les lignes, traduire en termes d’intérêts ce qui est distillé au goute à goute médiatique. Chacun sait aujourd’hui comment tout est course au profit au détriment des peuples et de la planète.

Chacun sait comment par exemple les opérations militaires ou les pressions politiques pour soi-disant « sauvegarder la paix », « faire tomber des dictateurs », « lutter contre le terrorisme » ou « imposer la démocratie » n’ont pas d’autres objectifs, pour l’impérialisme, que de déstabiliser des pays entiers, destituer des régimes et des gouvernements, imposer le chaos dans le seul but d’avoir les mains libres pour le pillage des ressources pétrolifères, gazières, de minerais, des ressources en eau ou encore pour gagner des zones d’influence commerciales, militaires et territoriales. Chacun, aujourd’hui, sait comment les soi-disant logiques « d’économie », de « réduction des coûts » et de « réduction de la dette » sont autant de leviers pour les capitalistes pour faire passer les privatisations, les réductions des droits salariaux, l’imposition de taxes à n’en plus finir, et permettre ainsi l’enrichissement par capitalisation de multimilliardaires sur le dos d’un appauvrissement et d’une exploitation toujours plus accrus des peuples.

Chacun sait enfin comment, parmi toutes les luttes en cours, les luttes au Liban et en Palestine sont cruciales, dans cette région clé de l’orient arabe – véritable pièce maîtresse de ce système de domination, de pillage et d’exploitation. Cette zone est un carrefour stratégique fondamental aussi bien sur le plan économique, politique et militaire que dans cette guerre de l’or noir et de l’or bleu. Cela aussi, chacun le perçoit maintenant aisément au vu des bases militaires implantées, des guerres menées par procuration, des alliances politiques et commerciales passées, des passe-droits donnés, et plus largement des soutiens inconditionnellement apportés aux valets des impérialistes dans la région, malgré leurs politiques arbitraires anti-démocratiques et antipopulaires. Tout est planifié là aussi pour exploiter et asservir la population, épuiser les ressources pour des profits exponentiels, transformer toutes les richesses produites en seuls capitaux au final tous détournés. Mais là aussi s’organise la résistance – de longue date comme en Palestine – ou depuis plusieurs mois comme au Liban.

Alors, oui ! Nous sommes en guerre dans cette guerre de classes qui ne dit pas son nom mais qui est bien réelle. Et 2020 est et restera un jalon historique de la résistance des peuples et de cette prise de conscience qu’un autre monde est non seulement possible mais nécessaire.

Un grand combattant a lutté toute sa vie pour ce monde à gagner et continue encore aujourd’hui et de manière inlassable depuis désormais 37 ans, à clamer depuis les barreaux de sa prison de Lannemezan, son impérieuse nécessité : c’est Georges Abdallah ! Résistant de toutes heures, il est de toutes les luttes et nous sommes de tous ses combats. Car oui, nous nous reconnaissons dans l’identité politique de Georges Abdallah, combattant et résistant arabe, communiste libanais, symbole d’aujourd’hui du combat contre l’impérialisme, le sionisme, le capitalisme et les Etats réactionnaires arabes. Son combat est le nôtre.

Nous voulons une Palestine libre et victorieuse. Nous voulons la fin du colonialisme à travers le monde et sous toutes ses formes, la fin du capitalisme et de l’exploitation et nous soutenons la lutte des peuples contre toutes les oppressions. Nous nous reconnaissons dans le combat de Georges Abdallah contre la guerre d’invasion du Liban par les sionistes et pour la lutte de libération nationale de la Palestine qu’il a mené avant d’être arrêté en 1984 par la police française. Nous nous reconnaissons dans son engagement révolutionnaire sans faille durant ses trois décennies d’incarcération et sa farouche détermination combattante. Georges Abdallah est en prison pour la lutte politique qui a été la sienne, pour les idées et les idéaux qu’il n’a eu de cesse de proclamer et de ne jamais renier. C’est pour ses idées d’émancipation que Georges Abdallah s’est engagé dans la lutte. C’est pour ces idées et son combat révolutionnaire qu’il est encore détenu aujourd’hui. C’est pour ses idées et son combat révolutionnaire que le nous soutenons et que nous exigeons sa libération. S’il est bien un symbole de la révolution à venir, c’est bien celui de Georges Abdallah ! Dans cette guerre ouvertement déclarée, nous sommes aujourd’hui à ses côtés et nous le serons le jour de sa libération pour continuer à combattre avec lui, aux côtés des masses populaires en lutte, pour un monde définitivement libéré du capitalisme et de sa barbarie et de l’impérialisme et de ses chiens de garde.

La résistance est un droit ! Liberté pour Georges Abdallah !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et sa prometteuse Résistance.

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce et aux Philippines et ailleurs de par le monde !

La solidarité toute la solidarité avec les prolétaires des quartiers populaires !

Honneur aux Martyrs et aux masses populaires en lutte !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions ! » (Georges Abdallah)

Paris, le 11 décembre 2020




Source: Rebellyon.info