Août 29, 2021
Par Expansive
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Rien ne résiste à la crise écologique : aucun projet théorique n’est à la hauteur, aucune proposition macroéconomique n’a de solution miracle, toutes les mesures de réforme ou de révolution agricoles, d’aménagement, de production, d’économie financière, se heurtent à des inerties, des infrastructures techniques et symboliques, et des groupes d’intérêts extrêmement puissants. C’est un fait aussi solide que les glaciers sont mous. Peut-on déplacer le problème à un niveau plus labile, plus infrastructurel et certes plus nébuleux, que celui de la politique économique de l’Europe, de la géopolitique onusienne du carbone ? Pour voir s’il n’y a pas de marge de manœuvre, dans une logique de moyen terme, discrète, travaillant à bas bruit, celle d’un travail de mitage du monde qu’on doit détruire, et d’archipelisation progressive des alternatives pour le monde à faire ? (Et disons-le d’emblée : non, ce ne sera toujours pas une solution toute seule à la hauteur – vivre c’est faire ce qu’on peut, et tisser.)

Pour commencer à répondre à cette question, je propose d’imaginer ici une nouvelle alliance : une convergence entre deux cultures, la culture des luttes dont nous héritons, et une culture du vivant d’un genre ­nouveau. Je propose d’imaginer ce que pourrait être une culture des luttes pour le tissu du vivant. En un sens, celle-ci est déjà présente un peu ­partout. L’enjeu de ce texte est simplement de la ­nommer, de la ­profiler, de l’accompagner, de le soutenir avec les moyens du bord. Mais pourquoi cette convergence ? Et en quoi constitue-t-elle une réponse à notre sentiment d’impuissance, en quoi nous restituerait-elle un pouvoir d’action face à la crise écologique systémique ?

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Source: Expansive.info