Le préfet patauge dans un jus de chaussettes bleu marine et crache dans une soupe populaire qu’il rechigne à servir. Réponse aux propos diffamatoires tenus par Denis Conus dans le reportage « les migrants du canal ».


Crâne fraichement rasé, menton volontaire, voix virile et caverneuse, Monsieur Denis CONUS affirme avec l’arrogance tranquille des puissants :

« Ils commettent des illégalités en occupant des propriétés privées comme des squats et je n’ai pas vocation à parler avec des délinquants . On ne peut pas avoir comme interlocuteurs celles et ceux qui directement ou indirectement incitent à l’immigration clandestine et font venir des personnes de pays sûrs et qui sont indirectement les complices de passeurs. »

Ces innommables, ce « ils et ce « celles et ceux » désignent les bénévoles qui depuis plusieurs années à Reims viennent en aide aux demandeurs d’asile, aux exilés, aux réfugiés que l’Etat refuse de mettre à l’abri au mépris des conventions internationales relatives au droit d’asile, de code de l’action sociale et des familles et des principes fondamentaux de l’humanisme.

Ainsi l’Etat et -dans son sillage d’obéissance aveugle- le préfet Conus se trouvent dans une situation des plus inconfortables : tout bonnement « hors la loi ». Je reconnais à quel point ce constat va vous demander monsieur le préfet une pirouette psychologique délicate, une acrobatie mentale périlleuse. Mais comme j’ai une vocation de pédagogue endurci et puisque mon altruisme ne saurait reculer devant une vile discrimination, je vais vous guider dans cette démarche :

En tant que complice des mafias gouvernementales, vous êtes un outlaw refoulé , un desperado qui s’ignore , un bandit tout comme nous, mais vous le vivez mal. Votre arrogance solide et vos coups de menton autoritaires ne sont que le masque d’une souffrance profonde. Vos yeux sont vides et les muscles de vos lèvres affichent la mollesse des lassitudes, votre phrasé trahit un écœurement que vous voudriez nous attribuer, mais ce dégoût vit en vous, ces vomissures retenues péniblement s’accumulent et gangrènent votre être tout entier, la haine de soi-même vous menace et -est-ce bien raisonnable ?-vous voudriez pourtant nous jouer la comédie de celui qui voudrait tant pouvoir encore aimer ce qu’il est, ce qu’il fait ? Allons allons petit enfant désabusé de la patrie, les jours de gloire sont terminés et tous les gants blancs de votre folklore républicain et tous vos galons dorés ne suffiront jamais à dissimuler vos mains sales et votre cœur mort. Vous êtes en danger et vous continuez de sombrer dans un gouffre de déshumanisation immonde et honteux. Vous êtes l’un des paravents de Jean Genet, le général de l’armée morte d’Ismail Kadaré et, si vous persistez dans cette voie , je ne miserai pas le moindre lek (1) sur votre santé mentale.

Aussi je vous suggère d’ôter vos oripeaux d’une république en marche arrière ; munissez-vous donc d’un vieil imper et d’une paire de bottes en caoutchouc et rejoignez de toute urgence vos amis, vos frères délinquants sur le terrain de l’action solidaire. A l’instar de la police et de l’armée, nous lançons régulièrement des campagnes de recrutement. La solde est maigre, mais vous vivrez une expérience inoubliable et retrouverez peut-être la capacité de sourire. Ce détail m’a frappé dans les excellents reportages de FR3 : tous les bénévoles et tous les réfugiés, malgré la difficulté de leurs tâches et l’inhumanité de leurs conditions de vie sourient au moins une fois. Tous sans exception. Une seule séquence reste exempte de tout espoir, glaçante et brutale comme un tir aveugle de flashball ou la publication d’un décret demandant la fluidification des hébergements, une seule….ne reculez pas devant ce miroir. Revoyez le film et, du même coup, vos ambitions.

(1) Unité monétaire d’Albanie, pays sûr selon vous dont les ressortissants « n’obtiendront pas l’asile », encore un raccourci mensonger et un amalgame suspect de votre interview.

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Article publié le 20 Oct 2019 sur Reimsmediaslibres.info