Juin 13, 2022
Par Paris Luttes
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Crise et fascisme

« Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise. »

(Bertolt Brecht)

Le fascisme est couramment adopté pour renvoyer aux éléments ultra-réactionnaires de la classe politique, qui cherchent, par une exaltation nationaliste et un contrôle totalitaire de la société, à rétablir un ordre social fantasmé, qui correspond souvent à une forme de capitalisme d’avant-crise. Suivant cette définition, il incombe de l’approfondir pour ne pas limiter le fascisme à une vision quasi-esthétique conservatrice, mais de permettre de comprendre le lien entre fascisme et économie politique. Le fascisme est une réaction à la crise du capitalisme, une réaction opportuniste qui prétend « régénérer » l’État-nation : par l’emploi de moyens exceptionnels, par la récupération d’éléments de classe moyenne apeurés par le déclassement social, par la récupération d’éléments idéologiques piochés sans cohérence dans toutes les idéologies politiques, par l’action de cadres de parti fanatisés et arrivistes, par la captation du malaise social des masses et sa canalisation vers une haine d’un ennemi intérieur fantasmé, par l’opportunisme politique en se présentant comme une force nouvelle pour remplacer les vieux partis de plus en plus morcelés, incompétents et délégitimés, par l’exaltation violente du récit national afin de justifier l’utilisation des pires moyens violents pour « redresser » une situation supposément inopportune pour la nation. Ces moyens sont donc, on le voit, toujours adapté aux circonstances particulières d’une époque et de ses crises, de ses forces politiques et du « récit de soi » de la nation bourgeoise. Ils ne permettent pas de comprendre le type de danger auquel nous confrontera la période actuelle, et il faut donc approfondir à un troisième niveau la définition.

Le fascisme, comme prolongement de la République bourgeoise par d’autres moyens, est la radicalisation extrême des catégories de base de la société capitaliste, causée et légitimée par la crise : état-nation, travail, industrie, xénophobie, hiérarchies sociales et de classe, division du travail, division genrée, famille, répression et contrôle social, contrôle par l’état de la société. À ce titre, le danger du fascisme ne réside pas exclusivement – loin de là – dans l’adoption d’une esthétique fasciste par quelques micro-partis, groupuscules ou individus en quête de pouvoir, ni même dans les mesures réactionnaires-autoritaires de l’État. Le danger apparaît plutôt dès lors que l’on perd les moyens d’identifier concrètement ces catégories de base de l’État-nation moderne comme structurant la société. Dès lors que l’on cesse de s’attaquer à toutes ces formes d’injustice, d’exploitation et d’ordre moral qui font partie intégrante d’un même tout – du mouvement total du capitalisme et de son système politique, la démocratie bourgeoise –, on laisse en angle mort toutes les zones d’où peut provenir le fascisme. La fétichisation des catégories opprimées et de leurs luttes, le blâme circulaire contre la cruauté de la police ou les privilèges d’une partie de la population, n’ont de sens que s’ils permettent de comprendre la logique de domination à l’œuvre comme procédant d’un ordre social fondé autour du travail, de la nation et de l’économie.

C’est dans le prolongement de la critique de l’économie politique que la critique du fascisme est féconde, et qu’elle permet d’anticiper la menace, de voir où elle se trouve, où elle naît, sur quel terrain elle croît, sur quels mensonges elle s’appuie. Il s’agit finalement d’identifier le fascisme comme le simple « visage dévoilé » d’un système qui nécessite déjà d’importante doses de massacres et d’injustices, et qui fonctionne bien avant la volonté subjective de nuire et de dominer de quelques autocrates ; car ce sont les logiques économiques, consubstantielles à la division en classes de la société, devenues incontrôlables et obligeant à agir d’une manière circonstancielle en vue de la sauvegarde du système, qui provoquent les situations de crise où le système, recourant à ses forces d’exception, ne survit que par un bain de sang.

Fascisme et modernité

« Les cas les plus extrêmes et les mieux documentés d’ “ingénierie sociale” de l’histoire moderne, malgré toutes les atrocités qui leurs furent associées, […] étaient le fruit légitime de l’esprit moderne, de ce désir d’accompagner et d’accélérer le progrès de l’humanité vers la perfection, qui a été la caractéristique la plus marquante de l’époque moderne. »

(Zygmunt Bauman, « Holocaust », A Companion to Racial and Ethnic Studies, 2002)

En tant que phénomène politique, le fascisme a été une étape dans la modernisation de l’Occident, de ses formes de violence intérieure et extérieure. Les régimes fascistes européens ont représenté à bien des égards un « choc en retour » de la colonisation (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950). L’enfer concentrationnaire fasciste, la déshumanisation du bouc émissaire et l’industrialisation du crime de guerre jusqu’à son stade génocidaire ont leurs racines dans l’entreprise coloniale, dans son suprématisme civilisateur élevé au rang de vérité biologique – suprématisme dont les origines remontent au moins à l’Inquisition espagnole et son animalisation des hérétiques. On a l’habitude de désigner le génocide nazi – l’extermination organisée des tziganes, des slaves, des personnes handicapées, homosexuelles, « subversives », « déviantes » et de plus de 6 millions de Juifs et de Juives – comme l’acte de plus grande barbarie que l’Occident n’a jamais connu. Or, ce qui frappe dans la Shoah et les camps de la mort, c’est bien leur modernité : aucun pogrom n’aurait jamais pu atteint l’ampleur de l’holocauste sans organisation industrielle du travail, sans une multitude de fonctionnaires et de citoyens « respectables » impliqués à tous les niveaux du processus de mise à mort, sans une bureaucratie le rendant rationnel et amoral, sans les outils (techniques, statistiques, technologiques, managériaux) pour le mener méticuleusement et avec efficacité. Le plus archaïque y est aussi le plus moderne. Il a fallu décrire les Juifs et les Juives comme des obstacles au projet total et harmonieux du nazisme pour que la vieille judéophobie se transforme en projet de génocide moderne ; il a fallu la division du travail, la science, la technologie, la gestion scientifique et le calcul rationnel des coûts et des profits pour le mettre en œuvre. Dans une société qui rend possible la production de masse et irrésistible la rationalisation technologique, le meurtre de masse n’est pas un accident.

C’est bien cette société, et pas seulement ses éléments les plus avancés et déterminés, que la lutte antifasciste doit viser. Elle doit être la lutte contre toutes les fractions de bourgeoisie, y compris celles dites « progressistes », afin de n’être jamais tributaire ni dépendante de forces capables de défendre des « fronts républicains » avec la droite – c’est-à-dire avec la bourgeoisie conservatrice, cœur de cible des fascistes dans leurs projets de construction de blocs nationaux. La lutte antifasciste n’est pas une lutte républicaine, car elle n’aspire pas à sauvegarder les formes politiques de la République. La première a marqué la victoire politique de la bourgeoisie sur l’aristocratie. La seconde sa victoire sur le prolétariat. La troisième sa victoire sur le mouvement révolutionnaire et sur les peuples colonisés. La quatrième est passée à côté de son épuration tout en veillant à désarmer la résistance antifasciste et à conserver les éléments modernisateurs apportés par Vichy aux institutions étatiques. La cinquième est une « monarchie présidentielle » instaurée par coup d’État référendaire sur initiative d’un général nationaliste fin lecteur de Maurras.

Les fascistes promettent de neutraliser la lutte des classes en imposant leur collaboration. Les bourgeois de gauche, eux, acceptent de se faire taxer davantage pourvu que le peuple ait du pain et un travail. Tous deux rêvent du plein emploi, les premiers en font un devoir, les seconds un droit. Les fascistes appellent de leurs vœux le développement des forces morales et physiques de la nation. Les bourgeois de gauche acceptent bien quelques révisions du roman national, pourvu que les travailleurs et les travailleuses s’emploient à pousser la courbe de croissance vers le haut. Tous deux peuvent compter sur les technologies sécuritaires et la police militarisée pour parvenir à leurs fins. Leur niveau d’avancement rend anachroniques la plupart des réflexions des organisations antifascistes réformistes et para-syndicales. L’existence de mouvements fascistes de masse et de troupes de choc paramilitaires dans l’Europe de l’entre-deux-guerres fut moins la caractéristique du fascisme que de l’époque. Les formes politiques qui mobilisaient massivement hier n’en ont plus la capacité ni la prétention. Du reste, la démocratie représentative a prouvé qu’elle n’avait aucun mal à se passer de l’intervention des gouvernés. Quant aux forces répressives de l’État, elles n’ont eu de cesse de pallier aux lacunes qui avaient pu la rendre dépendante de l’action de milices paramilitaires. Cette modernisation de l’État sur le plan militaire s’est accompagnée d’une modernisation sur le plan politique : développement et maîtrise des méthodes de contre-insurrection d’une part, pacification de la société par le désarmement du peuple et l’intégration des organisations historiques du prolétariat au dialogue social d’autre part. Les chemises noires et les gardes rouges appartiennent au passé.

Crise et encadrement

« L’émancipation prolétarienne est la précondition absolue de l’émancipation universelle. Mais elle n’en est que la condition, elle ne s’y substitue pas. Si le développement historique devait, par exemple, prouver que les partis qui agissent “en lieu et place” de la classe ouvrière créeraient de nouvelles formes d’exploitation, il faudrait alors les combattre sans ménagement, quand bien même on les considérerait comme historiquement progressives par rapport au capitalisme. »

(Ernest Mandel, Émancipation, science et politique chez Marx, 1983)

Si la social-démocratie, aussi radicale se revendique-t-elle, devait gouverner demain, il est certain qu’elle accompagnerait le mouvement de modernisation de l’État – la planification écologique est sans doute l’incarnation la plus prometteuse de cette dynamique, qui ne manquera pas de voir le contrôle étatique et technocratique s’accroître encore davantage sur nos vies. Et qui dit modernisation de l’État face aux défis contemporains, dit inévitablement modernisation de ses forces de répression, projet déjà porté par Mitterrand et le programme commun, qui conduira cette gauche « de gouvernement » à qualifier le meurtre de Malik Oussekine de simple « erreur » en 1986. Jamais la gauche n’entreprit, durant son exercice du pouvoir, de remettre en cause la domination policière de l’espace et des corps. Bon gré mal gré, les réformistes ont même systématiquement développé l’arsenal répressif de la police et de la justice, qui n’attendent – aujourd’hui plus qu’hier – que de tomber entre les mains des fascistes.

Aujourd’hui, la position d’un candidat comme Jean-Luc Mélenchon sur l’institution policière, qu’il promet de réformer de fond en comble, pourrait mettre à mal cette certitude. Du moins, si le principe même de réforme n’était pas synonyme d’une croyance en la positivité et en la perfectibilité de l’institution réformée. N’ayons pas peur d’affirmer que l’institution policière est irrécupérable, qu’aucune réforme, si importante soit-elle, ne la lavera jamais de sa généalogie coloniale et meurtrière. Certains veulent réformer la police pour lui donner plus d’autonomie et la rendre plus efficace et plus rentable – les technocrates. D’autres souhaitent lui offrir plus d’armes et d’impunité pour lui permettre de rétablir les hiérarchies sociales et d’abattre quiconque tenterait de les ébranler – les fascistes. Heureusement, la gauche républicaine est là et elle a un projet : désarmer la police au nom de principes humanistes et démocratiques, et lui fournir un équipement non-létal qui garantisse une plus grande efficience dans le maintien de l’ordre – il faut que le racisme d’État et le droit de propriété se perpétuent sans froisser la conscience du bourgeois de gauche. Quand la gauche républicaine promet d’interdire certaines méthodes d’interpellation, c’est qu’elle en juge d’autres plus appropriées à la besogne policière. Cette gauche aura beau chercher à euphémiser le rôle de l’institution policière, elle ne rendra pas la police plus propre. Ce à quoi elle ne manquera pas de parvenir, en revanche, c’est à la banalisation de la surveillance policière de nos vies. Qu’on nous pardonne, mais nous avons du mal à l’accepter. La police est une institution de répression et de contrôle social vouée à disparaître avec le renversement par la force des structures actuelles de l’État moderne. Tenter de lui attribuer des torts et des mérites, penser qu’elle puisse être réformée de fond en comble pour devenir une institution utile et positive, c’est faire de la société capitaliste l’horizon indépassable.

Nous devons impérativement renouer avec la critique radicale de l’État, et remettre au cœur de nos discours et de nos pratiques la nécessité de son dépérissement et de son abolition. Celles et ceux qui se disent révolutionnaires et qui se surprennent à défendre l’idée d’une sixième République n’ont plus les yeux en face des trous. Mélenchon est le candidat de la réforme temporaire du système, mais la temporisation est impossible. L’adoption par l’État de dispositifs de protection sociale a servi le développement de la consommation et la qualification nécessaire d’une partie des travailleurs et des travailleuses pour faire face à l’évolution de la division internationale du travail. Le capitalisme redistributif était un compromis de classe temporaire et précaire, offrant une vie pauvre et inintéressante, dépouillée de liberté au nom d’un petit confort construit sur le pillage et la domination des autres continents. Ce compromis ne tient plus, et personne n’est en capacité de le ressusciter : le mouvement ouvrier traditionnel n’en a plus la force ; les classes dominantes n’en ont pas l’intérêt ; l’État ne peut s’en payer le luxe s’il veut conserver son statut de grande puissance dans une économie de marché toujours plus impitoyable. L’approfondissement de la crise économique et politique accélère le déclin des derniers défenseurs acharnés du vieux compromis redistributif, la contestation échappant chaque jour un peu plus à leurs capacités d’encadrement : les luttes syndicales deviennent défensives et symboliques tandis que les masses prolétarisées, très peu syndiquées et encartées, débarquent brusquement sur le devant de la scène – souvent sous les injures de la gauche institutionnelle, incapable de concevoir que ces masses rustres, si peu respectueuses du dialogue social et des interlocuteurs de l’État, se battent pour ce qu’ils conçoivent comme leur dignité, leurs droits et leurs libertés individuelles.

Il faut dire que ce droit est d’ordinaire réservé aux fonctionnaires, principale catégorie socio-professionnelle syndiquée, ainsi qu’aux classes moyennes et aisées, groupes sociaux où la participation électorale est la plus importante – en dehors de la bourgeoisie et de l’élite intellectuelle. Ces classes moyennes sont la clé de la politique. D’abord, parce qu’elles sont les plus privilégiées par les politiques redistributives propres à l’État-providence, et que les classes populaires, aspirant à atteindre leur niveau de vie et de sécurité, se livrent une concurrence acharnée pour y parvenir. En ce sens, les classes moyennes sont moins une classe tiraillée entre des intérêts contradictoires, bourgeois et prolétariens, qu’une force chargée de reproduire et de diffuser les principes fondamentaux d’encadrement de la société capitaliste et de ses hiérarchies. Or, que se passe-t-il quand la crise économique met à mal ces hiérarchies et que les privilèges des classes moyennes sont menacés ? Quand les politiques de redistribution de l’État-providence commencent à leur coûter plus que ce qu’elles rapportent ? Elles se rallient au camp qui promet le démantèlement le plus rapide des politiques sociales, et le retour le plus spectaculaire de la croissance. Peu importe qu’il s’agisse d’un technocrate méprisant promettant de renouveler la politique, d’un entrepreneur réactionnaire en croisade contre « le système » ou d’un militaire nostalgique de la junte. Au Brésil, ce sont les mêmes classes moyennes qui ont élu Lula et qui ont mis Bolsonaro au pouvoir. Elles n’ont pas manqué d’insister sur l’urgence de sortir de la misère les plus pauvres au moment de voter à gauche (en 2002, 2006, 2010 et 2014). Pourtant, quand leur gouvernement a voté l’extension du droit du travail aux domestiques (semaine de 44h, heures supplémentaires et nocturnes majorées), les familles des classes moyennes n’ont pas caché leur agacement. La décrédibilisation politique de la gauche brésilienne par les scandales de corruption, couplée au poids croissant de la participation à l’effort redistributif en période de crise, ont eu raison des grands discours humanistes et poussé les classes moyennes dans les bras de Jair Bolsonaro. Si l’État-providence et la redistribution ne peuvent sauver le niveau de vie des classes intermédiaires, c’est le pillage du pays, le démantèlement de l’état au profit du marché, la mise à sac des réserves naturelles et des terres indigènes par l’industrie agro-alimentaire et l’orpaillage, la privatisation et l’austérité. Le phénomène macroniste ne porte pas d’autre nom et montre bien l’inefficacité d’une lecture du fascisme au travers de ses costumes militaires : les politiques de droite de ces deux pays gouvernés par des bouffons arrivistes fonctionnent de la même manière, se nourrissant des cadavres des politiques publiques et des compromis de classe pour apporter un répit temporaire à une partie de la classe supérieure, obligeant par là même à sacrifier les illusions démocratiques et la vie des vieux partis. Macron a rigidifié les hiérarchies sociales, détruit les vieux partis, attaqué les institutions les plus anciennes de l’ordre républicain, utilisé le parlement comme paillasson. Il l’a fait parce qu’il y a urgence pour les classes supérieures à démanteler l’État. Or, un tel démantèlement ne peut passer que par le renoncement à tous les mensonges sur l’intérêt collectif censé s’incarner dans l’État.

En attendant ce retournement, les représentants des classes moyennes, qui se rêvent les nôtres, dénoncent les tentatives populaires de reprendre leur vie en main : la juste violence qui s’exprime dans la rue devient, par une réécriture fantastique et complotiste de l’histoire, l’œuvre de provocateurs ou de policiers déguisés ; la tentative de faire vivre une forme de démocratie directe attachée à construire des liens de solidarité plutôt qu’à débattre des thématiques médiatiques fascisantes sur les ronds-points est balayée d’un revers de la main pour laisser place au projet de vote obligatoire sous peine de sanction. La pire démagogie promet le référendum permanent sous contrôle de l’État comme accomplissement ultime de la démocratie et du progrès social, comme si l’idée n’avait pas déjà été appliquée par Pinochet. Plus le revers électoral et la désillusion printanière approchent, plus ces tristes pitres tentent de présenter le phénomène abstentionniste comme l’expression d’un privilège. Celles et ceux qui refusent de participer à la survie et au renouvellement de la classe de spécialistes de la politique qui les oppriment deviennent d’infâmes privilégiés irresponsables – on les présume épargné·es par les politiques racistes, misogynes et antipopulaires des gouvernements successifs.

Cette ineptie défie tout sens de la vérité et de la décence. Les injonctions moralisatrices au vote reflètent la position dominante – où le degré d’aliénation effrayant – de celles et ceux qui s’y rabaissent : être opprimé·e, ce n’est pas être paralysé·e ou incapable de radicalité ; réduire le boycott des élections à une posture privilégiée, en revanche, c’est bien essentialiser les dominé·es, les rendre dépendant a priori du système qui les domine. Il nous semble que les gens ont encore le droit, au nom de la démocratie et du droit à se gouverner soi-même, de rejeter un système qui les écarte de la politique tout en leur garantissant la possibilité de donner le pouvoir à des fascistes. Qu’on se le dise une bonne fois pour toute, et que celles et ceux qui s’y opposent l’affirment franchement, afin d’être enfin traité·es en conséquence : NOTRE ÉMANCIPATION NOUS APPARTIENT.




Source: Paris-luttes.info