Introduction

Ce texte est mon témoignage, celui d’une habitante sédentaire de la ZAD, sur les conflits internes entre habitant-e-s de la ZAD de NDDL depuis juillet 2019 et leur contexte factuel et politique antérieur à 2019.

Ce texte est une invitation à venir sur la ZAD pour nous aider à régler les conflits.

Ce texte est là pour relater une situation très difficile vécue sur zone, pour appeler à l’aide.

Ce texte, a lui seul, pourrait laisser penser qu’il ne se passe « que du négatif sur la ZAD » et ça n’est pas vrai. Depuis que j’y suis j’y ai appris à vivre autrement, dans le partage, dans l’amour (malgré tout!), avec celleux qui luttent pour préserver la terre, leurs modes de vie. Et tout cela m’épanouit beaucoup et me conforte dans l’idée de continuer à vivre un autre monde.

Ce texte est un espoir de pouvoir continuer à construire notre utopie de ZADs, de squats, de vie une fois débarrassé-e-s de ces pressions et conflits.

Qui écrit ?

Une « sédentaire »

Je suis une habitant-e du Rosier depuis juillet 2019. Je suis sédentaire, j’ai 60 ans. J’ai vécu toute une vie dans Babylone. J’ai été militante syndicale et politique, puis militant-e pour un monde sans argent, où le respect, l’amour, le partage deviennent des valeurs premières. Ainsi que le respect de la nature, des animaux et de tout le vivant.

J’ai suivi les informations de la ZAD du printemps 2017 jusqu’au expulsions de 2018, via Radio Klaxon.

Très intéressée par les idées portées par la ZAD, je décide d’y venir en septembre en septembre 2018 pour ressentir et vivre par moi-même ce que mes idées et la ZAD combinées me permettraient.

Je suis revenue dès février 2019, puis avril, mai et juin, décidée à m’y installer. J’y vis depuis le mois de juillet 2019 après avoir trouvé une cabane disponible au Rosier dans laquelle j’ai pu m’installer. C’est un-e habitant-e du Rosier qui m’a proposé de m’y installer.

Une « nomade »

Je suis une hyppipunk. J’ai 30 ans. Je suis devenue une amie et défenseuse de « l’Est de coeur » depuis que je suis revenue en novembre 2017. J’ai vécu sur la zad du Testet avant la mort de Rémi Fraisse (milice fasciste, chasse à l’humain, coursée par des chasseurs armés de fusils et de chiens de chasse, siège armé d’agriculteurs de la FNSEA…).

Je suivais de loin ce qui se passait à NDDL depuis que j’y avais mis les pieds en 2013. Je suis revenue à la zad voir un copain du Testet en novembre 2007.

Pourquoi écrire ce texte ?

La « sédentaire »

Je suis venue à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour rencontrer un lieu et des gens qui se battent « contre l’aéroport et son monde », contre VINCI, contre le capitalisme. C’était ce que j’avais découvert à travers la radio Klaxon.

Quand je suis arrivée, j’ai vu les destructions des cabanes et les gens qui parlaient beaucoup de conflits difficiles à gérer avec les « légalistes », celleux qui ont signé les COPs proposées par l’État.

On pourrait croire, si on se concentre uniquement sur ces faits, qu’il n’y a que du négatif à la ZAD depuis les expulsions. J’aimerais, par ce texte, montrer que malgré les tensions, la ZAD continue d’exister.

La « nomade »

Je veux écrire ce texte parce que… J’EN AI MARRE !!!

Marre d’avoir vu et de voir mes copaingues (avec l’accent du sud) du Testet et de « l’Est du coeur » se faire violenter.

Marre d’avoir l’impression de rien pouvoir faire d’autre qu’en parler, enrager, en pleurer entre « convaincu-e-s » ou qu’entre « victimes des agressions ».

Je veux aussi écrire ce texte parce que J’AI PEUR ! J’ai peur tous les jours que mes copaingues se fassent attaquer physiquement, harceler moralement, saboter leurs biens matériels, le peu de biens matériels qu’ielles ont, etc.

J’ai de plus en plus peur pour ielles parce que le pic de violence contre les copaingues n’a jamais été aussi élevé, (contre les non signataires / de « l’Est du Coeur » / Anti-CMDO).

A part peut-être dès 2017, pendant les « négociations » entre les chef-fe-s des organisations inter-citoyennistes, après l’annonce de la « victoire ». C’était aussi un moment de pic de violence entre zadistes où les chef-fe-s ont décidé la déchicanisation de la D 281 que le CMDO a appliqué manu-militairement et en instrumentalisant des gens des comités de soutien.

Je veux donc écrire ce que je pense parce que c’est MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR !!!

Ca devient URGENT.

Je déteste l’urgence pour tout ce que ça implique d’autoritaire d’arrêter ce qu’on est en train de faire dans sa vie. Je déteste parler d’urgence parce que le CMDO et les chef-fe-s des orgas citoyennistes (ACIPA, COPAINS 44, ATTAC, etc.) ont déjà utilisé la notion d’urgence pour imposer la participation sans rapport de force à des négociations avec « l’Etat » ou, au minimum à imposer que l’ensemble des zadistes tolèrent leurs « négociations ». Cependant, malgré mon dégoût de la notion d’urgence, il me paraît de plus en plus clair que les « chef-fe-s » du CMDO, ses membres (48 membres déclarés dans un texte du CMDO – 6+42 membres !) et ses intermédiaires agissent, consciemment ou non, dans le but d’expulser les irréductibles habitant-e-s non signataires qui résistent tant bien que mal encore et toujours à l’envahisseur capitaliste et à toutes les formes qu’il prend en ce moment…

Historique des faits

Depuis notre arrivée, Amalia et Vincent n’ont pas cessé de nous intimider, moi et la personne avec qui je suis arrivée. Amalia et Vincent sont proches de membres du CMDO, notamment d’habitant-e-s de Bellevue. Bellevue est exclusivement affiliée au CMDO. Ielles sont par exemple ami-e-s avec Guillaume, un « serial-coffreur » de la milice du CMDO. Ielles ont signé une COP, qui s’est depuis transformé en bail.

Ces personnes donc, Amalia et Vincent, nous ont harcelé moralement et agressé à travers une multitude de réflexions et des actes dont voici l’historique :

juillet 2019

Lorsque je suis arrivée au Rosier pour m’y installer, avec J, je suis allée me présenter auprès des habitant-e-s du Rosier-Nord, Amalia et Vincent, comme me l’avait demandé le copain, 1er habitant-e du Rosier qui m’avait dit que je pouvais m’installer dans ma cabane.

« Vous devez nous demander l’autorisation pour vous installer sur cette partie de la Zone-à-Défendre »

À la première rencontre avec Amalia et Vincent

Amalia : « On n’a pas arrêté de nous faire du mal. On ne veut plus vivre ça. Donc on ne veut plus que personne ne vienne ici. Il faut nous demander notre autorisation. »

Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Ielles ne l’ont pas exprimé…

« Un-e habitant-e nous apprend que nous ne sommes pas les premières personnes qu’Amalia et Vincent ont tenté d’expulser »

Dans la 1ère semaine

Vincent passe en voiture sur le petit chemin . J coupait les ronces sur le bord du passage du chemin. Vincent s’est arrêté et a commencé à le traiter « de tous les noms ». J s’est défendu à ces insultes et élevant la voix. J’ai entendu les cris et je suis arrivée en courant avec un-e autre habitant-e migrant-e du Rosier qui, pour défendre J a crié à Vincent : « Tu as viré tellement de personnes ici. Maintenant ça suffit ! »

Août 2019

« Il ne faudra pas s’étonner si ta voiture se fait écorcher un moment donné »

La voiture de J, la personne avec qui je vivais, était garée sur la pelouse, devant le hangar de « Sème ta ZAD », car l’autre parking du Rosier (collectif) était plein.

Vincent a sorti sa remorque qui était en face du hangar de « Sème ta ZAD » et, en passant, ielles ont signifié à J que sa voiture dérangeait et qu’il ne fallait surtout pas s’étonner si sa voiture était écorchée à un moment donné.

Accès aux caravanes bloqué « sous prétexte des moutons » et menace d’expulsion

Un jour, en rentrant d’un autre lieu de la ZAD, on s’aperçoit que l’entrée de notre lieu de vie était bloqué par un grillage. Vincent nous interpelle en disant: « C’était pour faire passer les moutons. Et de toute façon, on n’a pas l’intention de vous garder encore longtemps ». Il s’exprimait sur un ton calme mais sûr de lui, dans son « bon droit ».

« Nasse » de vapeur de tracteur de Vincent autour du Rosier et sur « ses » animaux

Vincent tournait autour du Rosier (collectif) avec son tracteur. Il émettait une quantité importante de vapeur d’essence. Ces vapeurs formaient comme un brouillard gris. Il a tourné plusieurs fois autour enfumant ainsi les habitant-e-s du Rosier. Les moutons ont aussi été enfumés.

Le lendemain, nous nous sommes aperçu-e-s qu’ielles avaient bloqué la sortie d’eau de la douche collective avec une pierre énorme.

Octobre 2019

Agression physique d’un-e jeune nouvel-le habitant-e pour avoir imité des cris de mouton.

À cette époque, nous avions l’habitude de faire à manger avec plusieurs habitant-e-s ou non de la ZAD. Nous invitions tout le monde. Nous préparions des châtaignes à ce moment-là. Le soir, en partant après le repas partagé, un groupe de jeunes venu-e-s reconstruire et habiter une cabane, s’amusaient à pousser des cris en imitant des animaux non-humains. Parmi ces bruits d’animaux figurait celui de mouton.

Les voisin-e-s sont sorti-e-s et ont commencé à disputer le groupe de jeunes car ielles croyaient que « leurs » moutons étaient sortis de « leur » enclos.

Ielles les ont insulté et frappé physiquement à deux, une personne du groupe a fini par se protéger derrière son vélo.

Le reste du groupe a entendu les cris de la victime et se sont précipité-e-s.

J s’est fait attraper par le col par Vincent.

N s’est fait insulté par Jean-Guy, menaçant, une matraque à la main. Jean-Guy est une personne, proche d’Amalia et Vincent, qui habite une caravane, en plein milieu du Rosier. Il ne parle à personne et semble avoir été « placé » là pour observer le collectif Rosier, rapporter ses informations à Amalia et Vincent, et par extension, au CMDO probablement.

Réquisition privative d’une caravane collective

Une caravane a été enlevée du Rosier.

Cette caravane avait été donnée par un-e ex-habitant-e, qui lui a été offerte par une association dont faisait partie cet-te ancien-ne habitant-e. À son départ de la ZAD, après les expulsions de 2018, il l’a laissée au Rosier en stipulant qu’elle était destinée au collectif du Rosier et « surtout pas à Amalia et Vincent ». En effet, avant les faits qui sont décrits ici, Amalia et Vincent avaient déjà harcelé un-e autre habitant-e migrant-e du Rosier depuis 3 ans et cet-te habitant-e avait pu observer cela et ne souhaitait donc pas que son bien soit réquisitionné par ces personnes.

Un jour donc, nous constatons que cette caravane avait disparu du Rosier.

Elle a été remplacée par une autre caravane dans laquelle un-e « ami-e » d’Amalia et Vincent a habité. Nous pensons qu’ielle a été « placé-e » en plein milieu des habitations du collectif du Rosier afin de nous surveiller quotidiennement.

Cette caravane a « ré-apparu » quelques jours plus tard après son vol aux environs de l’Ambassada.

Janvier 2020

Menace de mort des chiens de nouvelles-nouveaux habitant-e-s du Rosier par Vincent et agression physique d’Amalia.

Un couple de nouveaux arrivés avaient attaché leurs trois chiens en face de la cabane collective. Ielles étaient parti-e-s du Rosier. En arrivant, j’ai vu Amalia et Vincent en face de leur hangar, regardant le Rosier. J’ai vu aussi une habitant-e du Rosier tourner autour des chiens dont un était détaché. Amalia et Vincent hurlaient qu’il fallait empêcher les chiens de s’approcher des moutons. Amalia et Vincent observaient qu’un chien était détaché depuis chez « elleux », à plusieurs dizaines de mètres donc du Rosier. Ielles observaient régulièrement les habitant-e-s du Rosier.

Je me suis donc approché pour venir voir de plus près ce qui se passait.

Le chien détaché restait auprès de ses deux autres compagnons chiens et ils aboyaient tous les trois. Amalia et Vincent aussi. Ielles criaient que les aboiements des chiens empêchaient leur bébé de dormir. Le bébé était dans les bras de Vincent à ce moment-là.

Avec l’autre habitant-e nous avons emmené le chien détaché dans la cabane, dans l’intention de calmer Amalia et Vincent.

Le couple vivant avec les chiens rentrèrent au Rosier. Amalia et Vincent se sont précipité-e-s vers la voiture du couple et leur ont à peine laissé le temps de sortir de leur voiture avant que Vincent ne menace le couple, son bébé à la main, de la façon suivante :

« Si je revois un de tes chiens s’approcher de mes moutons, je lui fous une cartouche ».

Sur ces belles paroles, « la femme du couple » a répliqué:

« Ecoute-moi bien… Là tu menaces de tuer un de mes chiens, pour moi, c’est comme si je menaçais de tuer ton enfant. ».

A ce moment précis, Amalia gifle l’homme du couple.

Un-e autre habitant-e est venu soutenir le couple et s’est énervé. Par la suite, cette personne a été menacée d’expulsion par Amalia et Vincent après avoir soutenu le couple.

Février 2020

Convocation par le CMDO du couple-aux-chiens agressé pour organiser leur expulsion… et conseil d’un-e allié-e porteur de l’information à ne pas y aller.

Je reviens de « vacances de conflits de ZAD » un mercredi soir. Le jeudi 13 février 2020, dans l’après-midi, je reçois un appel d’une personne soutien, ancien agriculteur, membre de « Poursuivre ensemble », scission de l’ACIPA, organisation de citoyennistes qui souhaite continuer à soutenir la ZAD, et qui porte le capital de soutien à l’installation légale du CMDO, c’est-à-dire le fonds de dotation. Cette personne m’appelait donc pour conseiller aux habitant-e-s du Rosier de ne pas aller le soir-même à une convocation à Bellevue car il craignait des agressions verbales ou physiques.

Plus tard, j’ai appris que la veille, pendant l’« Assemblée Générale des usages », assemblée fermée du CMDO, même si certain-e-s observateur-ice-s y sont parfois toléré-e-s, à la Wardine, la décision collective a été de convoquer le couple et faire une réunion avec d’autres personnes de la ZAD (CMDO et affilié-e-s) pour parler du conflit entre Amalia et Vincent et le couple des chiens. Le couple était convoqué. L’information est passée par un-e habitant-e du Rosier, lae seul-e présent-e à cette « AG des usages ».

Le couple n’a pas souhaité se faire convoquer et ne s’est pas rendu à la convocation du CMDO et affilié-e-s à la Bellevue.

Le vendredi après-midi, je rappelle l’ancien agriculteur pour avoir des nouvelles de la réunion/convocation de Bellevue. Il me dit que les participant-e-s à cette réunion ont exprimé collectivement qu’ielles souhaitaient « virer » manu-militairement le dimanche d’après quatre personnes du Rosier : « le couple aux chiens », la personne qui les a soutenu lorsque Vincent est venu les menacer avec son bébé dans les bras et Y, un-e autre habitant-e du Rosier, qui a également été harcelé-e moralement part Amalia et Vincent depuis son arrivée, en même temps que ces dernier-e-s. Y a depuis peu signé à son nom un permis de construire pour un bâtiment du Rosier, le salon.

A priori, cette réunion/convocation à Bellevue était quasi-exclusivement composée des membres du CMDO et affilié-e-s. Seul-e-s une ou deux personnes communiquant encore avec les habitant-e-s non-signataires étaient présent-e-s à ce moment. Cette personne, donc l’ancien agriculteur, âgé, respecté de tou-te-s ou presque, a fait en sorte d’amener l’envie collective de « virer » des gens du Rosier vers une négociation pacifique entre quelques personnes du CMDO et quelques personnes du Rosier. Cette personne voulait faire en sorte qu’il n’y ait pas de violence à ce moment.

Les autres informations que la personne-relais a transmise aux gens du Rosier est que le CMDO « proposait » au « couple aux chiens » de s’installer ailleurs sur la ZAD « où leurs chiens ne dérangeraient pas ».

La personne-relais semblait penser que c’était une proposition qu’elle trouvait intéressante car elle a conseillé au couple, via mon téléphone, de s’installer dans une cabane sans eau ni électricité.

La personne m’a précisé que l’objectif du rendez-vous du dimanche pour le CMDO serait d’organiser logistiquement le départ des quatre personnes qu’ielles souhaitaient « virer » de la ZAD ou de détruire les cabanes dans lesquelles ielles habitent pour le moment.

Je rappelle que les personnes menacées sont :

– le couple et leurs 4 chiens,
– la personne qui les a soutenu lorsque Vincent a menacé de tuer les chiens,
– et Y, qui a récemment signé un permis de construire dans le but de protéger le Rosier d’Amalia et Vincent, qui se comportent comme si ce lieu collectif leur appartenait.

La personne-relais m’a également indiqué au téléphone que le CMDO souhaitait que je « dirige » le Rosier à condition que je signe un contrat de « bien vivre ensemble ». Les gens de la réunion, probablement du CMDO, disaient vouloir à l’avenir gérer les personnes qui viendraient sur le Rosier.

Pour information, la personne-relais a été virée de la réunion/convocation de Bellevue après que les membres de celle-ci lui aient donné les informations qu’il devait passer au Rosier.

Le soir-même, la personne-relais me rappelle pour me déclaré l’intention du CMDO et Cie de venir au Rosier le matin à 11h plutôt que l’après-midi, horaire qui avait été fixé le jeudi soir.

Pour information, des expulsions du CMDO ont déjà été organisées par le CMDO (Wardine) et réalisées (Lama Fâchée, Bellevue). Les habitant-e-s et défenseur-eu-ses du Rosier et des lieux non-signataires et critiques du CMDO ont trouvé rassurant de pouvoir contacter leurs ami-e-s en renfort, au cas où la réunion ne serait pas aussi « pacifiste » que le souhaitait la personne-relais qui a insisté seule pour qu’il n’y ait pas de violence à ce moment.

Le vendredi après-midi, je reçois un appel d’un-e ancien-ne habitant-e du Rosier et défendeur-e des non-signataires, qui m’informe qu’une rumeur circule dans le milieu militant que la « délégation » serait composée de 30 personnes environ.

Le vendredi soir, le couple et leur nouvel ami rassemblé-e-s dans leur infortune par la menace d’expulsion du CMDO n’ont pas dormi afin de monter la garde afin d’être rêveillé-e-s au cas où les délégué-e-s du CMDO viendraient « commencer la négociation » plus tôt que prévu.

Dernière sommation et observation du CMDO via un-e de leur « médiateur-ice »

Le samedi 15 février 2020, dans l’après-midi, un-e habitant-e de St-Antoine, « responsable » du collectif de la Wardine, est venu-e au Rosier pour re-proposer au couple-à-chiens, ce que d’autres leur ont déjà proposé, c’est-à-dire de déménager dans une cabane isolée sans eau ni électricité ou même à la Grée. Ielles ont répondu à cette « médiateur-ice » qu’ielles ne cèderont pas à l’intimidation, surtout ayant entendu la rumeur circulant dans le milieu militant que 30 personnes affiliées au CMDO viendraient le lendemain pour la « négociation ».

Demain matin à 11h, dimanche 16 février 2020 donc, l’heure des « négociations » sera arrivée.

Nous arrêtons ici notre historique.

Nous ne savons donc pas ce qui s’y passera.

Nous vous invitions à vous renseigner par vous-même sur le sujet en venant directement ou en contactant des personnes en qui vous avez confiance, en leur jugement objectif.

Nous ne pensons pas que les versions du site Zad.Nadir.org soient objectifs.

En effet, il n’y a plus, à l’heure actuelle, que des membres du CMDO et affilié-e-s qui gèrent ce site internet.

Objectifs souhaités de cet article

Pour la « nomade »

Faire comprendre aux défenseur-e-s de la ZAD qui ne sont pas sur place que la quasi-totalité des habitant-e-s de la ZAD sont « sous haute tension », d’un côté comme de l’autre, comme de celleux qui n’en n’ont pas. Ceci provoque une irrationalité des jugements, des émotions intenses incontrôlées comme la peur ou la colère, puis des passages à l’acte violents.

Appeler des soignant-e-s, médecin-e-s, écoutant-e-s et guérisseur-e-s bienveillant-es en tous genres à venir soutenir les habitant-e-s de la ZAD.

Je veux croire que ce conflit sur la zad peut se régler.

Il ne se fera pas sans personne venant de l’extérieur à la ZAD.

Il n’y a pas assez de soutiens moraux sur place qui peuvent soutenir l’ensemble des habitant-e-s (même si je crois que ce sont celleux qui ont le moins de confort matériel qui sont le plus gravement touché-e-s).

Appeler les personnes extérieures à la ZAD à venir sur place.

Dans un premier temps, il est question d’apaiser le conflit afin de protéger les habitant-e-s menacé-e-s au quotidien.

Pas forcément de venir se battre ou faire brûler des maisons en dur avec eau et électricité remplies d’aspirant-e-s propriétaires au nom du « Bien Commun ».

Apaiser le conflit et protéger les habitant-e-s menacé-e-s d’expulsions, aujourd’hui ça commence par venir nombreux-e-s sur place dans cette attitude pour constituer un « rapport de force » qui, nous l’espérons, limitera voire stoppera les agressions.

Car malheureusement, aujourd’hui il n’y a que la présence d’un nombre suffisant de personnes pour stopper les gens du CMDO et Cie.

De plus, plusieurs études de psychologie sociale (études de l’humain à l’échelle des groupes sociaux) nous montrent que, en présence de deux personnes ou groupes socio-culturels en conflit, le conflit ne peut se régler quasi-systématiquement que grâce à l’arrivée d’éléments extérieurs au groupe en conflit. La psychologie sociale parle d’ « éléments exogènes ».

NOTA BENE: Depuis l’annonce de la « victoire » contre le projet d’aéroport, le CMDO n’a cessé de dissuader ces « personnes extérieures » à s’impliquer dans la situation politique conflictuelle que la ZAD traversait. Avant cela, les distinctions entre « nomades » et « sédentaires », entre « ancien-ne-s » et « nouvelles-nouveaux » n’étaient pas autant invoquées.

Par exemple, les personnes qui ont été sur zone pendant les expulsions de 2018 se rappellent sans doute que toutes les AGs facilitées par des membres du CMDO ou affilié-e-s commencaient par ce petit laïus : « Si vous venez d’arriver à la ZAD : vous fermez vos gueules. Si vous revenez d’un looOOoong voyage : vous fermez vos gueules. Parce que vous ne comprenez pas tout aux enjeux actuels de la ZAD. »

Dénoncer la responsabilité du CMDO et complices dans les actes dans le contexte de « conflits » sur la ZAD.

Il y a des personnes qui, dans le discours ne s’identifient pas au CMDO, voire des personnes qui dénoncent ce lobby politique. Pourtant, par les actes ou leurs non-actes, ces personnes sont, pour moi, un certain nombre d’habitant-e-s de la ZAD, un certain nombre ancien-ne-s habitant-e-s de la ZAD et un certain nombre d’autres personnes qui soutiennent la ZAD des « complices de fait » du CMDO. Pour résumer notre point de vue : « Ne pas se positionner, c’est parfois se positionner ».

Je voulais donc expliquer ici que, même s’il y a des torts du côté CMDO, comme du côté de celleux qui dénoncent leur prise de pouvoir, nous sommes ici face à une situation de « 2 poids 2 mesures ».

Nous sommes ici face à des personnes qui ont plus de moyens et de confort matériel, de l’autre, face à des personnes qui vivent dans le froid, la faim et le manque d’hygiène pour cause de lieux de vie insalubres.

Nous sommes face à des personnes qui sont plus nombreuses, plus organisées, qui savent faire preuve de violence, face à des personnes qui le savent aussi, mais qui se sont montrées extrêmement patientes et pacifistes sur le long terme face aux prises de pouvoir répétées du CMDO depuis sa création (2016 dans un texte signé « CMDO »).

NOTA BENE : Ces derniers mois, des opposants politiques au CMDO ont été mis dans des coffres par la « milice » du CMDO. La dernière victime des « coffreurs » (coffreuses?) a porté plainte contre les multiples agressions dont elle a fait l’objet. Certains membres du CMDO ont été soupçonnés par la police et certains ont été inquiétés par la « justice » et d’autres moins nombreux-e-s ont été incarcéré-e-s en préventive. Aujourd’hui, ils ont été relâché-e-s en attendant leur jugement.

Continuer à vivre sans « l’aéroport et son monde », à reconstruire, à aimer, à imaginer notre monde. Nous ferons cela, jusqu’à l’expulsion des flics ou du CMDO si elle doit arriver (peut-être demain!).

En attendant qu’ielles nous expulsent : tout est possible 😉

Invitations au monde que l’on veut continuer de construire sur la ZAD de NDDL et dans le monde

Invitation à l’Amour

Car il n’y a que ça qui nous tient pour ne pas sombrer complètement dans la « folie » et/ou l’individualisme et/ou Babylone, ce qui serait la conséquence des traumas personnels et/ou collectifs que nous avons vécu.

Exemple de traumas personnels: alcoolisme « schlag » ou mondain, menace d’expulsion de son habitation, etc.

Exemple de traumas collectifs : tempête de feu, explosion nucléaire, expulsions de 2018…

Invitation au Partage

Car c’est ce qui nous différencie du monde capitaliste, où les groupes gardent leurs biens pour elleux.

Invitation à l’Unité, au moins dans la tolérance et le respect de chacun-e

Car les objectifs politiques des un-e-s et des autres s’opposent en effet parfois, mais cela ne devrait pas exclure un respect individuel des personnes.

Invitation au Recul

Car il est important de voir le « tout » dans son ensemble pour mieux agir, ou au mieux, avant d’agir !

Invitation au respect de la Nature

Car nous pensons que la « Nature » est harmonieuse et nous devrions nous en inspirer.

Elle est un « tout » qui inter-connecte les énergies de vie (en opposition aux énergies « de mort » qui proviennent pour nous du capitalisme).

Elle nous donne énormément de choses :
→ nourriture
→ soin
→ bois qui nous chauffe et qui nous loge
→ huiles essentielles des arbres
→ etc.

Invitation à faire vivre l’accueil inconditionnel

Car nous ne voulons pas construire ici un monde élitiste qui reproduit les normes du système capitaliste.

Nous savons que l’harmonie est plus durable quand elle est construite avec tout le monde.

Nous voulons que la ZAD reste un lieu où les gens du monde entier puissent venir s’organiser (Gilets jaunes, kurdes, palestinien-ne-s, zapatistes, basques, etc.).

Nous voulons laisser les personnes les plus démunies sans logements, SDF ou exilé-e-s, se ressourcer et/ou habiter ici.

Nous sommes même prêt-e-s à continuer à vivre avec les membres du CMDO et affilié-e-s.

Invitation à vivre libéré-e des contraintes des privatisations et de l’État

Car nous pensons que le Commun et le Partage pourront modifier profondément nos schémas et nos réflexes issus du capitalisme en mode de vie plus libres, généreux, respectueux, joyeux, etc.

Bisou.

À bientôt sur la ZAD !

[Publié le samedi 15 février 2020 sur Indymedia-Nantes par foxy bad giRRL.]


Article publié le 16 Fév 2020 sur Fr.squat.net