Novembre 30, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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Cette procĂ©dure de dissolution du CCIF s’inscrit dans la logique de rĂ©pression islamophobe annoncĂ©e par le discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux le 2 octobre 2020 dont les premiĂšres traductions concrĂštes ont Ă©tĂ© la dissolution de l’association Baraka City et des centaines de perquisitions de mosquĂ©es, d’ associations cultuelles et au domicile de particuliers. L’objectif n’est rien d’autre en plus de dĂ©tourner les regards et les colĂšres en pleine crise sociale et sanitaire vers les musulman.es, que d’intimider afin de re-silencier ceux qui ont osĂ©s ces derniĂšres annĂ©es dĂ©noncer l’islamophobie d’Etat et exiger un traitement Ă©galitaire pour les musulmans ou supposĂ©s tels. Ce projet gouvernemental de dissolution du CCIF ne saurait ĂȘtre dissociĂ© de la proposition de loi contre le « sĂ©paratisme Â» et plus gĂ©nĂ©ralement de la gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s poursuivie par Macron dans la continuitĂ© des gouvernements prĂ©cĂ©dents.

Cette gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s nĂ©cessite de mettre sous contrĂŽle l’ensemble des acteurs musulmans et de rĂ©primer toute voix musulmane autonome, discordante ou critique. Ainsi, le gouvernement attaque une organisation antiraciste, le CCIF, ayant pour but de combattre les violences et discriminations islamophobes, notamment par un accompagnement des victimes d’islamophobie et par la publication d’un rapport annuel dressant un Ă©tat des lieux de l’islamophobie en France. Exploitant sans vergogne l’émotion suscitĂ©e par l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, le gouvernement franchit un pas de plus dans la gestion racialiste et sĂ©curitaire des questions sociales et politiques dont l’impact s’étendra bien au-delĂ  de l’association visĂ©e.

Par la dissolution du CCIF, le gouvernement espĂšre certainement faire taire toute dĂ©nonciation de l’islamophobie ; et plus particuliĂšrement la dĂ©nonciation de l’islamophobie d’État qu’il souhaite renforcer au travers de nouvelles lĂ©gislations. Pensant n’avoir plus face Ă  lui de structures visant Ă  lutter contre l’islamophobie, le gouvernement pense assurĂ©ment qu’il aura les mains libres pour mettre en Ɠuvre sa politique islamophobe de gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s. Il compte ainsi se donner les moyens de dĂ©tourner durablement l’opinion publique des vĂ©ritables questions qui se posent Ă  notre sociĂ©tĂ©, celle de la paupĂ©risation de masse.

En rĂ©ponse, dans son communiquĂ©, la CCIF a d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ© que ce projet de dissolution Ă©tait « sans objet Â» car le siĂšge social du Collectif contre l’islamophobie en France a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e Ă  l’étranger afin de pouvoir poursuivre sa mission et de se protĂ©ger contre la politique autoritaire du gouvernement. Nous saluons cette dĂ©cision qui est un signe de rĂ©sistance. Nous appelons chacune et chacun Ă  se mobiliser plus que jamais contre l’islamophobie. Ils tentent de briser un thermomĂštre afin de masquer une fiĂšvre raciste destructrice. Visibilisons par notre mobilisation ce racisme d’Etat que l’on veut masquer et les fonctions politiques qu’il remplit.

Le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) condamne fermement cette attaque contre le CCIF et l’assure de son soutien dans sa lutte contre l’islamophobie et pour l’égalitĂ©. Nous soutenons aux cĂŽtĂ©s du CCIF et d’autres organisations les initiatives du 9 dĂ©cembre et du 12 dĂ©cembre contre la loi Â» sĂ©paratisme Â».

Face l’offensive islamophobe et sĂ©curitaire du gouvernement, nous avons plus que jamais besoin de nous unir pour ne plus subir.




Source: Mars-infos.org