Juin 20, 2022
Par Lundi matin
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L’histoire commence sur un site industriel situé à la limite de deux petites communes corréziennes : Viam et ses 87 habitant·es recensé·es, et Bugeat, sa voisine, environ dix fois plus grande. C’est là qu’en 2017, Pierre-Henri Gaudriot, un entrepreneur de la région (voir addendum 1), annonce son intention d’ouvrir une usine pour produire des pellets torréfiés. Une « énergie verte » destinée à remplacer le charbon classique par du charbon fabriqué à partir de bois fraîchement coupé, ce qui pose de nombreux problèmes (voir encadré addendum 2). Le nom du projet semble tout droit sorti d’un brainstorming d’agence de com’ qui aurait mal tourné : « Carbon Ingen’R Bugeat Viam », ou CIBV pour les intimes.

L’usine serait l’occasion de redorer le blason de la zone industrielle, dont l’histoire n’est jusqu’ici pas glorieuse. En effet, c’est là qu’est sortie de terre la toute première « gare bois » après la tempête de 1999, pour faciliter le transport des quantités massives d’arbres tombés. Mais la gare n’est inaugurée qu’en 2001, à un moment où le volume de bois à sortir n’est plus suffisant pour justifier son exploitation. Bilan : aucun train n’y a jamais circulé. Quelques années plus tard, c’est une entreprise de recyclage de pneus qui s’installe sur le même site, mais encore une fois, le projet capote. Il n’en reste aujourd’hui qu’un vaste amas de déchets de caoutchouc. Autant dire que l’usine CIBV et ses 15 emplois directs annoncés ont de quoi allécher les élu·es locale·aux, qui tentent de mettre en place le projet sans faire de vagues.

C’était compter sans Alain et Catherine Scharf, deux jeunes retraité·es, qui découvrent le pot aux roses au printemps 2017. Iels comprennent rapidement qu’à quelques encablures de leur maison, l’entreprise va générer d’importantes pollutions et un insupportable vacarme pour alimenter les centrales thermiques de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis [1]. Très remonté·es, les deux trublion·nes commencent alors à collecter des informations et à alerter leurs voisin·es. Rapidement, une dizaine d’habitant·es de Viam, Bugeat, Tarnac ou encore Millevaches, arrivé·es plus ou moins récemment dans le coin ou né·es ici, les rejoignent et lancent ensemble l’association « Non à la Montagne Pellets ».


Septembre 2017 – Le premier soir

Non à la Montagne-Pellets : Au printemps 2017, on a commencé à se bouger, à se rencontrer. On a fait un premier tract. Début septembre, lors de notre première vraie réunion, on était une dizaine. On a passé la majeure partie de notre temps à manger et à rigoler – ce sera d’ailleurs le signe distinctif des réunions de notre association, se retrouver régulièrement chez les un·es et les autres autour de repas pour s’organiser. Ce soir-là, on a aussi décidé de s’appeler « Non à la Montagne-Pellets », on a écrit les statuts de l’association et on a imaginé notre première affiche, avec un dragon métallique représentant l’industrie menaçant la forêt. Et le week-end du 23-24 septembre 2017, on tenait notre premier stand à la Fête de la montagne limousine, à côté des collectifs de Bure, de Roybon [2]

14 novembre 2017 – On occupe la mairie !

Dans ce genre de projet, une enquête publique est obligatoire. Celle qui concernait l’usine à pellets s’est déroulée du 14 novembre au 15 décembre 2017. Comme beaucoup d’autres collectifs en lutte, on s’est longuement demandé comment se positionner là-dedans. Notre réponse a été à la fois de participer à l’enquête publique individuellement, en envoyant des avis, et d’interpeller l’administration de manière collective. En plus, ni les promoteurs ni les élu·es n’avaient prévu de temps de débat avec CIBV, sous prétexte que l’entreprise ne voulait pas influencer les habitant·es, pour que l’enquête publique soit « impartiale » en quelque sorte. C’était complètement délirant. Donc on a décidé d’organiser nous-mêmes une réunion publique d’information, le 27 octobre 2017, qui a rassemblé près de 150 personnes au foyer rural de Bugeat. Puis, le 14 novembre, à l’arrivée du commissaire enquêteur, on a débarqué à soixante et on a occupé la mairie de Viam. Il a alors pris son téléphone pour appeler le promoteur de CIBV et lui dire : « Là, il faut organiser une réunion publique… » Ce moment a été fédérateur pour nous, mais aussi pour le camp adverse. La maire de Viam, qui était pourtant plutôt une copine, a raconté qu’on l’avait prise en otage dans la mairie. Ça a créé des points de tension indépassables avec certain·es habitant·es de Viam qui soutenaient le projet.

24 novembre 2017 – « Ferme ta gueule, t’es pas d’ici ! »

Le 24 novembre, il y avait peut-être 300 personnes à la réunion publique. La salle était divisée en deux. Le commissaire enquêteur, le patron de CIBV et ses sbires présidaient à la tribune [3]. Des tracts pro-CIBV avaient circulé dans tous les commerces, et il y avait aussi eu une pétition en faveur du projet. Donc le camp « d’en face » était aussi préparé que nous. Les échanges ont été d’une rare violence. Quand un forestier qui habite ici depuis une dizaine d’années, a pris la parole, les pro-CIBV lui ont hurlé : « Ferme ta gueule, t’es pas d’ici de toute façon ! » [4]. Y en a même un qui a dit : « Si vous aimez tant les animaux, vous avez qu’à baiser avec. » Des gens nous insultaient, nous hurlaient dessus… On s’est pas laissé faire ! On avait potassé de fond en comble l’énorme dossier ICPE [5] qu’on avait depuis dix jours, et chacun·e a pris la parole en posant une question technique ultra-précise. La plupart du temps, l’ingénieur et le patron n’ont pas su répondre. Bon, il y a aussi quelques fois où on s’est bien plantés, genre en se gourant d’un facteur dix dans un calcul, et ça nous a un peu décrédibilisés. Mais dans l’ensemble, ça a vraiment fonctionné. Ils n’avaient pas prévu qu’une dizaine de relous allaient vraiment lire ce dossier. On a aussi fait des interventions plus politiques : « CIBV, c’est aussi instituer le mensonge comme comportement industriel normal, car l’expérience nous montre que la réglementation actuelle rend impossible ce type d’exploitation sans le trucage de son impact réel. Nous avons connu le dieselgate, nous connaîtrons bientôt le biomassegate [6], et nous n’en voulons pas. » Au bout de trois heures, la salle était chauffée à blanc. Quand le commissaire enquêteur a demandé si tout le monde avait pu s’exprimer, quelqu’un du collectif a répondu : « Non. » et a lâché toutes les casseroles judiciaires de Pierre-Henri Gaudriot, l’entrepreneur porteur du projet CIBV, condamné pour des affaires d’escroquerie. Tout le monde, absolument tout le monde, s’est mis a hurler encore plus fort.

9 décembre 2017 – Biomasse critique entre en action

Très vite, on s’est dit qu’il fallait vraiment que l’association Non à la Montagne-Pellets garde une certaine crédibilité auprès des institutions, vu que c’est elle qui devait conduire les recours au tribunal administratif. Il fallait continuer de paraître raisonnable. Mais l’ensemble de l’association était quand même favorable à ce que d’autres modes d’action existent. Il y avait une vraie bienveillance générale envers un éventuel débordement par la gauche ! Alors on a crée un nouveau collectif, plus large : Biomasse critique. C’était aussi une manière d’embarquer des copains et des copines qui ne se retrouvaient pas dans l’approche légaliste de l’association. La première réalisation du collectif a été un clip humoristique détournant Bioman [7] pour appeler à une marche le 9 décembre sur le site de la future usine. Le mot d’ordre reprenait celui d’un communiqué national inter-ZAD qui circulait à ce moment-là : « Préparons-leur un hiver ardent ». Biomasse critique agitait la menace d’une ZAD, même si ça n’a jamais vraiment été dans les cartons. Ça créait de la psychose dans le camp adverse, et c’était assez jouissif. Le jour J, 150 ou 200 personnes se sont déplacées. C’est vraiment pas mal pour le coin !

26 janvier 2018 – 600 pages aux oubliettes de l’histoire

Évidemment, on n’avait pas mis beaucoup d’espoir dans l’enquête publique, mais il y a tout de même eu plusieurs centaines de contributions, un total de 600 pages. Les avis négatifs étaient beaucoup plus nombreux et argumentés. Ça a dû demander un peu plus de temps de travail que prévu au commissaire enquêteur de lire tout ça ! Et à la fin, quand tu vois ce qu’il en a fait… Une sorte de synthèse de dix pages qui ne dit pas grand-chose et donne un avis globalement favorable. Tout le reste, c’est aux oubliettes de l’histoire ! Il faut savoir aussi que le Parc naturel régional (PNR) de Millevaches [8] a produit un document favorable à CIBV, et Philippe Connan, qui en était le président, a même participé en son nom propre à l’enquête publique en ligne en disant que c’était un bon projet ! Et ce alors même qu’un autre PNR de la région, le PNR Périgord-Limousin, avait émis des réserves… Ce qui était assez incroyable, c’est qu’on avait eu accès à des documents qui montraient que le conseil scientifique du PNR Millevaches s’était prononcé contre. Comme cet avis n’avait pas été suivi, le président du conseil scientifique avait démissionné. Et Connan a essayé de nous intimider pour qu’on ne rende pas publiques ces informations !

Hiver & printemps 2018 – Tournée triomphante

Quelque chose a basculé au printemps. On a décidé de faire une tournée de réunions publiques dans les villes concernées par la zone d’approvisionnement de l’usine : Gentioux, Eymoutiers, Saint-Martin-Château, Aubusson, Châteauneuf-la-Forêt, Meymac… La donne a changé quand des forestiers engagés du Collectif forestier environnement limousin (CoFEL) se sont organisés pour être présents à chaque fois. Les élu·es favorables au projet ont bien essayé d’en faire la promotion grâce à la création de l’ASDEHC, l’Association de soutien au développement économique de Haute-Corrèze. Mais de notre côté, on a affiné notre argumentaire, on s’est accrochés à quelques trucs très précis et incontestables. À chaque fois on a marqué des points, ça marchait ! Pourtant des gens venaient pour nous affronter, mais dès qu’ils écoutaient les forestiers, ils disaient : « Ah d’accord… ah, je ne savais pas… » Toute cette séquence, c’est vraiment des super souvenirs, même si ça n’a rien changé au fait qu’en avril 2018 la préfecture a autorisé le projet.

23-29 juillet 2018 – Rencontres de la forêt et CIBV’estival

On a pensé ces rencontres comme une montée en puissance après la tournée du printemps, pour mettre encore plus la pression. On voulait le faire au Chammet, un centre de vacances EDF de 13 hectares, à l’abandon depuis 2004 et qui venait d’être squatté. Mais l’illégalité du lieu et tous les risques de répression qui allaient avec posaient problème au sein de l’association, donc c’est Biomasse critique qui a porté l’évènement. Il faut comprendre le contexte : la nouvelle préfète de Creuse était connue pour avoir démantelé la jungle de Calais et avoir travaillé au cabinet du ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Et à Felletin, pendant un rassemblement très tranquille contre l’expulsion d’une personne exilée, il venait d’y avoir une grosse charge de flics, ce qui n’était pas du tout habituel à ce moment-là, avant les Gilets jaunes. Dans la foulée, les flics avaient débarqué au Chammet avec des LBD mais la maire de Faux-la-Montagne avait calmé le jeu. Avec la bande du Chammet, c’était assez chouette. Ça les arrangeait pas mal qu’il y ait du monde pour leur ouverture, et en retour, iels ont pu assurer plusieurs cantines. Du 23 au 27 juillet, le programme alternait des sorties en forêt, des lectures, des débats, des projections… On a même eu l’avant-première du Temps des forêts, le documentaire de François-Xavier Drouet ! Puis, les 28 et 29 juillet, c’était le CIBV’estival, un temps de chantier pour construire une vigie, une tour de 6 mètres de haut, sur un terrain privé en face du site de la future usine. Ça a été l’occasion d’organiser des ateliers de charpente avec des gens du coin, même si la tour s’est fait défoncer par des pro-CIBV dès la nuit suivante. Ça a été un moment fort de la dynamique collective qu’on avait réussi à impulser.

Depuis juillet 2018 – Échec et mat

Le même mois, un recours en justice a été déposé par Non à la Montagne-Pellets avec deux autres associations, Corrèze Environnement et Sources et rivières du Limousin. De toute façon, dès septembre 2018, Gaudriot a commencé à se débiner, et le projet s’est effondré avant même les résultats du recours. Nos coups de pression ont clairement joué dans la balance. Il faut ajouter quelque chose de très important : le 25 février 2021, on a gagné au tribunal administratif [9], donc dans tous les cas il n’y aurait pas pu avoir d’échappatoire pour ce projet.

Depuis, on a continué à se retrouver à gauche à droite autour d’une bouffe pour poursuivre les réflexions et les discussions. Devant la pression constante exercée sur la forêt, on cherche comment s’organiser sur le long terme avec d’autres luttes qui ont lieu en ce moment sur le plateau de Millevaches contre l’industrie du bois. Par exemple avec le groupe « forêt » du syndicat de la Montagne limousine, et avec l’association Haut les cimes pour l’achat de forêts. Plusieurs d’entre nous ont aussi été très impliqués dans l’organisation de la marche du 16 octobre 2021 contre les coupes rases.


Addendum 1 : Les pellets torréfiés, du bois vert pour une énergie verte ?

Les centrales à bois actuelles, comme celle de Gardanne en Provence ou de Drax en Angleterre, brûlent ce qu’on appelle de la « biomasse de haute qualité », c’est-à-dire des pellets blancs, non-torréfiés, issus des arbres de forêts anciennes allègrement rasées pour nous chauffer. Pour autant, il est impossible pour le moment de brûler, dans ces mêmes usines, de la « biomasse à croissance rapide », c’est-à-dire des écorces, branchages et souches issus des « résidus » de coupes rases et de scieries. En effet, ce type de biomasse contient des sels alcalins qui provoquent rapidement la corrosion des installations. D’où l’idée de la « torréfier », une technique en développement depuis une dizaine d’années. Les « pellets torréfiés » présenteraient aussi l’avantage de pouvoir être brûlés dans les anciennes centrales à charbon, permettant la reconversion de ces dernières plutôt que leur fermeture.

Malgré la perfusion de fonds publics, le procédé n’est toujours pas au point techniquement. Pour l’ONG anglaise de plaidoyer Biofuelwatch, il s’agit d’un « cheval de Troie pour [continuer de] brûler du charbon et du bois » sous couvert d’un discours écolo [10]. Et quand bien même cela fonctionnerait, les usines à pellets absorberaient bien au-delà des déchets de scierie et de coupes rases. Un problème déjà bien documenté dans le cas des unités de méthanisation qui produisent du « biogaz » à partir des déchets de l’agriculture. Une fois mises en marche, il faut nourrir les machines. Ainsi, pour atteindre l’objectif des 40 000 tonnes annuelles de pellets torréfiés, le projet CIBV de Viam-Bugeat prévoyait l’exploitation de 600 hectares par an de plantations de résineux, dans un rayon de 80 km autour de l’usine. Les pellets torréfiés, promesses sans lendemain d’un bois-énergie plus vert dans tous les sens du terme, contribueraient donc tout autant que les pellets blancs à la déforestation et ainsi au dérèglement climatique qu’ils prétendent combattre.

Addendum 2 : Gaudriot, bon notable et vrai magouilleur

Pierre-Henri Gaudriot a débuté sa carrière de petit patron dans le bâtiment, avant de se reconvertir dans le conseil sur les questions énergétiques et environnementales. Profitant de la privatisation de ces secteurs au tournant des années 2000, il rachète des boîtes jusque-là détenues par des administrations publiques. Il gère aujourd’hui des activités d’ingénierie, de géologie, de travaux publics et de tourisme ; il est ainsi à la tête d’un petit empire familial. Au milieu des années 2010, Gaudriot est à la fois conseiller général, vice-président du conseil général de la Creuse et président de la chambre régionale de commerce et d’industrie.

On retrouve d’ailleurs le nom de Gaudriot associé à plusieurs projets publics d’énergies dites durables. Il participe notamment à Bure, avec sa compagnie Geotherma, aux forages préliminaires dans le cadre du projet d’enfouissement de déchets nucléaires radioactifs. En 2017, il est à la tête de CIBV et porte le projet d’usine à pellets de Viam-Bugeat.

Bon notable, Gaudriot semble en revanche être un piètre gestionnaire. On ne compte plus les redressements et liquidations judiciaires auxquels doit faire face Pierre-Henri au cours de sa carrière. Dès le début des années 2000, il subit de lourdes pertes financières qui conduisent à des dizaines de licenciements. En 2019, deux de ses entreprises sont placées en liquidation judiciaire, mettant un coup d’arrêt aux différents projets dans lesquels elles étaient engagées, dont celui de l’usine à pellets.

Addendum 3 :

« CONNAN, BARBARE ! On ne se laissera pas peler :
C’est l’inscription que nous avons faite dans la nuit de jeudi à vendredi sur la maison du PNR à Millevaches. Sans doute tout le monde va hurler à la dégradation et à la fausse écologie qui salit les murs. Pourtant on a fait attention à écrire droit et à pas faire de fautes.
Un tag ça s’efface, mais une usine à pellets ça s’enlève comment ? Et les trahisons de ceux qui prétendent sauvegarder le territoire en le vendant à l’industrie, ça laisse quelle genre de « traces » ? Sans doute bien plus qu’une pauvre inscription. (…)
Des arrachés pur souche
(sic) »

Extrait d’un message publié début janvier et revendiquant un tag sur les locaux du PNR. Moins de 24 heures après la réalisation de l’inscription, on pouvait voir Philippe Connan effacer lui-même le tag au kärscher. Quatre membres de Non à la Montagne-Pellets seront convoqué·es le 2 février 2018 à la gendarmerie de Bugeat dans le cadre d’une enquête suite à ce tag. Iels s’y rendront, accompagné·es d’une quarantaine de personnes venues les soutenir. Puis l’affaire sera classée. Pas d’enquête par contre pour retrouver les plaisantins qui, un mois plus tôt, avaient bloqué la maison de deux membres de l’association avec une énorme souche et un petit mot leur souhaitant un « Joyeux Noël ».

Addendum 4 :

« Chers amis fossoyeurs,
Après des mois d’une burlesque agonie, le Parc naturel régional de Millevaches (PNR) vient de rendre l’âme. (…) Devant sa dépouille encore partout présente, personne n’a su trancher sur la cause première de la mort. La liste des hypothèses est longue, et seule une autopsie aurait permis d’en avoir le cœur net : une occlusion intestinale provoquée par mangeage de chapeau et avalage excessif de couleuvres ? Une apoplexie costale par pression politique ? (…) La mort d’une chose lève le voile sur ce qu’a été son existence. Comme on disait en d’autres temps, le PNR est devenu visiblement ce qu’il était essentiellement : un paravent, une chimère. (…) Finissons sur une note joyeuse puisqu’il faut se réjouir de la fin des illusions, et aspirons à ce que d’autres illusions périssent à leur tour de leurs contradictions. Le PNR nous laisse seuls, mais débarrassés d’un poids mort inutile et, face à l’irresponsabilité des responsables, devant la nécessité d’inventer des moyens de remettre la main sur nos lieux de vie. »

Oraison funèbre du PNR Millevaches prononcée le 29 avril 2018 à l’arrivée du convoi parti du site du projet CIBV, organisé par Biomasse critique et ayant rassemblé plus de 150 personnes.




Source: Lundi.am