Mai 15, 2021
Par Dijoncter
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Barbara Pompili et Jean-Michel Blanquer marient leurs ministĂšres lundi 17 mai aux lycĂ©es le Castel et Charles de Gaulle. Aucun lecteur de Dijoncter n’est conviĂ© Ă  la noce. Donc, ni fleurs ni couronnes.

Au lycĂ©e Le Castel, on s’agite en cette veille de week-end de l’Ascension. On fait la poussiĂšre dans les coins, on aĂšre les nappes qui en ont bien besoin (la derniĂšre fois qu’elles sont sorties de la buanderie, c’était sous RenĂ© Coty), on tond les pelouses entre deux averses et on sort le pinard de la cave. CĂŽtĂ© direction, on affine ses Ă©lĂ©ments de langage car on est rompu Ă  la communication en marche. Il s’agit de prĂ©venir la communautĂ© Ă©ducative (plus le petit peuple des agents qui s’agite pour faire disparaĂźtre les crottes de souris et nettoyer les vitres) de la venue de deux Ă©minentes figures de la cinquiĂšme rĂ©publique macronisĂ©e, Ă  ma droite Jean-Michel Blanquer, actuel caudillo de l’éducation nationale, lui-mĂȘme Ă  la droite de Barbara Pompili, ornement dĂ©coratif Ă  l’HĂŽtel de Roquelaure.

  • Barbara qui ?
  • Pom-pi-li.
  • Moi j’en connais qu’une Barbara et la derniĂšre fois que j’ai entendu parler d’elle, elle prenait l’eau Ă  Brest.
  • Non, pas celle-lĂ , celle du ministĂšre de la transition Ă©cologique. Barbara Pompili, tu sais, elle ressemble un peu Ă  Nathalie Koenders.
  • Nathalie Koenders ? Tu veux dire l’adjointe au maire de Dijon qui rend hommage aux forces de l’ordre comme une boĂźte Ă  meuh que l’on retourne et arme les policiers municipaux ?
  • Oui voilĂ , et bien Barbara Pompili, c’est un peu sa cousine parisienne, celle qui est montĂ©e Ă  la capitale et qui a rĂ©ussi.
  • D’accord, et ils viennent faire quoi Ă  Dijon Barbara Pompili et Jean-Michel Blanquer ?
  • FĂȘter leurs noces.
  • Ils se marient ?
  • Oui, oui, ils signent le contrat par consentement mutuel, le 17 mai, la « convention interministĂ©rielle Â» qui unira, pour le meilleur et surtout pour le pire vu ce qui s’annonce question climat, l’éducation et l’écologie.
  • Et qui leur sert de tĂ©moins ?
  • On ne sait pas trop, la rumeur dit que la rectrice, le maire voire le prĂ©fet seront prĂ©sents. Au printemps sortent les mouches et les notables comme dit le proverbe.
  • Donc il va ĂȘtre question d’écologie mais les professeurs du lycĂ©e Le Castel, on en fait quoi pendant le mariage, ils servent les petits fours et les gougĂšres ?
  • Non, en fait il y aura un pĂ©rimĂštre sĂ©curisĂ© dans le parc, autour du chĂąteau, sous la garde de Mme F…cheffe des RG, ancienne Miss Marsannay, pour que l’on ne vienne pas importuner le ministre avec des questions sur la rĂ©forme des lycĂ©es, le bac, le contrĂŽle continu et toutes ces conneries islamo-gauchistes.
  • Tu as raison, les anarcho-syndicalistes, le chef du monde de la rue de Grenelle, il saura leur parler. Sanctions, conseils de discipline, blĂąmes, dĂ©placements, devoir de rĂ©serve, circulez, il n’y a rien Ă  voir mais tout Ă  perdre. Faut pas les lui briser menues quand il mange des Ɠufs en meurette, avec sa collĂšgue Pompili Ă  l’école hĂŽteliĂšre du Castel. Un tonton flingueur. Il est lĂ  pour inaugurer la fresque du climat peinte au rouleau, dire oui oui au proviseur qui n’en revient pas de voir un ministre au milieu de sa pelouse et faire risette aux champions du tri sĂ©lectif et du papier recyclĂ©. Pas lĂ  pour faire du social avec des assistĂ©s qui, en plus, le dĂ©testent.
  • Et aprĂšs ?
  • AprĂšs, il fait un tour au lycĂ©e Charles de Gaulle, Barbara P
 propose au proviseur d’installer une Ă©olienne dans la cour et des panneaux solaires sur le toit de la cantine, lui, il serre la louche au maire qui le suit partout depuis le matin, pour essayer de le faire partir (quel pot de colle ce type !) et hop, bye, bye, il se casse. 17H17, dans le TGV, 1re classe. Babe fait pĂ©ter le pain d’épices de chez Mulot/Petitjean, le bouchon du Clos Vougeot offert en douce par la mairie. On n’a pas vu un seul prof, pas un seul activiste qui pue et vit dans une friche, pas un seul freluquet de l’UNL, pas une seule manif de dĂ©penaillĂ©s. Une journĂ©e rĂ©ussie Ă  tous points de vue en somme. Emmanuel M
 sera content, les proviseurs du Castel et de Charles de Gaulle pourront enfin enfiler leur pantoufles et regarder tranquilles La Casa de Papel, le maire sera assurĂ© du soutien de l’état pour dĂ©fendre son projet de ville verte, cornegidouille Garden State, la rectrice eco-durable (hĂ©las) s’endormira sereine et le prĂ©fet, quant Ă  lui, retournera Ă  ses OQTF chĂ©ries qu’il compte le soir pour s’endormir.

Morale. Il en faut toujours une.

Dijon, lundi 17, en Ă©tat de siĂšge. Le lycĂ©e Le Castel sera entourĂ© de cordons de police, les renseignements gĂ©nĂ©raux seront au taquet pour traquer le protestataire et le photographier, les lacrymos (s’il en reste aprĂšs l’assaut du jardin de l’Engrenage ) seront prĂȘtes Ă  servir. Blanquer se fera filmer avec les petits de l’école Lamartine (jouera-t-il Ă  la marelle comme il en a l’habitude Ă  chaque fois qu’il voit un enfant ?), se fera cirer les pompes par des chefs d’établissement obsĂ©quieux qui, pourtant, en bavent comme des chiens depuis qu’il est ministre. Pompili aura, par sa prĂ©sence, apportĂ© de l’eau au moulin de Rebsamen, l’aura secouru charitablement aprĂšs ses exploits guerriers au jardin de l’Engrenage et aura donnĂ© de l’écologie une image inoffensive et miĂšvre. Fermer les robinets, Ă©teindre la lumiĂšre apprendre Ă  cuisiner les Ă©pluchures, ne pas gĂącher la nourriture, adouber des Ă©co-ambassadeurs et dĂ©lĂ©guĂ©s, premiers de la classe dans des Ă©tablissements scolaires, tel sera en substance le message dĂ©livrĂ© par une ministre fantoche. Et les LentillĂšres, Madame Transition Ă©cologique, et le jardin de l’Engrenage, rĂ©cemment massacrĂ© Ă  tel point qu’Antoine Chao, dans son Ă©mission sur France Inter « C’est bientĂŽt demain Â», compare le terrain dĂ©vastĂ© Ă  Verdun, vous n’avez pas envie de les visiter ? C’est pourtant en ces lieux que se joue l’avenir des villes du futur et non dans les bureaux des promoteurs immobiliers membres du Rotary Club, adeptes des pelouses en rouleau et des toits vĂ©gĂ©talisĂ©s. Et vous, Jean-Michel Blanquer, n’avez-vous pas envie de causer avec des vrais Ă©lĂšves et des vrais enseignants, pas les courtisans choisis par la direction ? Pourquoi donc ? A moins, finalement, que cela ne soit les Ă©lĂšves et les enseignants qui n’aient pas envie de vous causer. Que dire Ă  un ministre qui depuis cinq ans aura dĂ©pensĂ© plus d’énergie Ă  faire fermer des gueules qu’à rendre l’école attractive, les programmes intelligents, les profs et les Ă©lĂšves heureux ?

Rien.

Alors vivement lundi 17h17, gare de Dijon, TGV 7532, voiture 10, carrĂ© VIP. Barbara et Jean-Michel sont dans un TGV. Jean-Michel saute par la fenĂȘtre…ah ! merde il reste Barbara. Alors, Barbara et Jean-Michel sont dans un TGV, Barbara saute par la fenĂȘtre…ah ! Merde il reste etc. Reste plus qu’à faire dĂ©railler le TGV.

On a encore un an pour cela.

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Source: Dijoncter.info