Une lutte pour la survie est en cours pour les Innus. Avec les conseils de bande de Mashteuiatsh, Essipit et Nutashquan, les gouvernements fédéral et provincial veulent négocier ce qu’ils appellent une autonomie gouvernementale innue. En réalité, ce n’est rien d’autre que la perte des Droits ancestraux et de leur territoire, le Nitassinan. L’entente de principe le stipule bien :

5.6 RÉGLEMENTATION DES ACTIVITÉS DE PRÉLÈVEMENT

5.6.1

En ce qui concerne les activités de chasse, de pêche et de piégeage dans Nitassinan en dehors de Innu Assi, les ententes complémentaires porteront sur des sujets comme les périodes de chasse ou de pêche et les limites de capture suivant les espèces et les territoires, les méthodes de capture et les pratiques prohibées, l’enregistrement des prises et autres matières semblables.

5.7 PERMIS, CERTIFICATS ET AUTORISATIONS

5.7.1

Les activités de prélèvement réalisées par les Innus dans le cadre de Innu Aitun seront généralement régies par l’entremise de permis, de certificats et d’autorisations émis par les Innu tshishe utshimaut.

5.7.2

Les permis, certificats et autorisations émis par les Innu tshishe utshimaut devront être harmonisés avec ceux du Québec et du Canada en ce qui concerne l’enregistrement et le transport des espèces qui requièrent des modalités particulières.

Au final, les Innus ne pourront plus pratiquer la chasse traditionnelle et cérémonielle comme ils le font depuis des millénaires en total respect avec la nature. Il s’agit d’une autre tactique d’assimilation mise de l’avant par les divers paliers de gouvernements. Ils poursuivent leur éternelle logique de colonisation. C’est ainsi qu’ils tentent de diviser la Nation Innue en voulant négocier à la pièce avec seulement 3 des 9 communautés innues présentes sur le territoire du soi-disant ‘’Québec’’. Il faut rappeler que jamais le Nitassinan n’a été cédé par voie de traité.

Comme le rappel l’un des résistants innus : ‘’ Nos ancêtres ont vécu sur ce territoire bien avant la création des Conseils de bande par les Européens. Ils nous ont transmis les connaissances nécessaires pour vivre et s’organiser pendant des millénaires sur le Nitassinan.
Nous n’avons pas besoin d’un Traité et d’un gouvernement pour contrôler et limiter nos pratiques traditionnelles. La longue marche innue n’a jamais eu besoin des lois européennes sur le Nitassinan!
 

Les 3 Conseils de bande qui désirent signer ce bout de papier sont minoritaires. Ils veulent trahirent le lien que nous avons tous. Nous formons une unité, une seule nation qui est représentée par 20 000 Innus ! On ne peut pas laisser ces 3 Conseils de bande aveuglés par le pouvoir nous séparer.’’

Lundi le 21 mars, c’est à la salle communautaire de Mashteuiatsh que va avoir lieu le tirage au sort, afin de créer le Comité Tshitassinu. La  direction Droits  et  protection  du  territoire de  Pekuakamiulnuatsh  Takuhikan est à la recherche de neuf personnes bénévoles, afin de former un comité ayant une tâche de rôle-conseil auprès de cette même Direction [1]. C’est encore une fois la tactique de la division. Ainsi, neuf personnes pourront donner des ‘’conseils’’ pour l’ensemble des 20 000 Innus. Toutefois, ils n’ont aucun pouvoir décisionnel. Donc, il en viendra aux Conseils de bande de déterminer la marche à suivre. Rappelons que ces derniers sont main dans la main avec les institutions coloniales. La création d’un tel comité fait partie du processus vers la ratification du Traité Petapen. Devant cette situation, un Regroupement d’Innus en résistance est né. Ils sont appuyés par les 7 000 Attikamekw des communautés de Wemotaci, Manawan et Obedjiwan. Des blocages ont déjà eu lieu, et d’autres actions sont planifiées. Non à la séparation! Non au Traité!

Articles traitant des blocages:

http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2016/03/nitassinan-blocage-dun-chemin-forestier.html

http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2016/03/nitassinan-lavertissement-est-lance.html

[1] Les personnes voulant soumettre leur candidature doivent avoir un intérêt pour le territoire, ses ressources et pour la pratique d’ilnu aitun pour faire  partie d’un  nouveau comité de  travail (comité-conseil).Cinq places seront réservées pour des gardiens (gestionnaires) de terrains de piégeage. Ces personnes doivent être âgées d’au moins 18 ans et être membres de  la  bande des Montagnais  du  Lac-Saint-Jean (Pekuakamiulnuatsh).