Juin 1, 2020
Par Le Poing
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Rassemblement de soutien à Roland Veuillet devant la maison d’arrêt de Nîmes

Roland Veuillet, syndicaliste Nîmois et gilet jaune emblématique du Gard, déjà sous le joug d’un contrôle judiciaire et d’un acharnement policier permanent, a été arrêté samedi 30 mai lors d’une manifestation de gilets jaunes en soutien aux sans papiers. Il a été transféré à la maison d’arrêt de Nîmes, où un rassemblement de soutien d’une quinzaine de personnes à eu lieu hier soir (voir photo de une).

Détention provisoire pour non respect de son interdiction de manifester

Contacté par la rédaction du Poing, un ami proche de Roland nous confirme l’information qui circulait déjà sur les réseaux sociaux, à savoir son placement en détention provisoire en attendant son procès en novembre pour le non respect de son interdiction de manifester 

« il a été arrêté hier, (samedi 30 mai) suite à une action des gilets jaunes en soutien aux sans-papiers, au rond-point de Courbessac. Depuis trois semaines, les gilets jaunes de Nîmes ont repris un peu difficilement les rassemblements, et Roland y était. Il a été arrêté par la gendarmerie de Marguerites. Il est passé devant un juge des libertés dimanche à midi. Il faut savoir que Roland est toujours sous le coup d’une interdiction de manifester et d’un contrôle judiciaire suite à sa participation au mouvement des gilets jaunes.»

Pour rappel, Roland Veuillet sous le joug d’un contrôle judiciaire en attendant son procès, déjà reporté mainte fois, pour des faits d’outrage, intimidation sur une personne dépositaire de l’autorité publique, entrave à la circulation, trouble à l’ordre public, datant du 8 décembre dernier, comme le souligne notre interlocuteur : « Son procès a déjà été repoussé plusieurs fois à cause de la grève des avocats en janvier, une nouvelle fois en février, ensuite il y a eu le confinement, ils ont décidé que son vrai procès aurait lieu en novembre.  » Celui-ci pointe également du doigt l’acharnement judiciaire dont son ami et victime. Un acharnement déjà bien documenté par la presse locale.

Roland Veuillet, victime d’un acharnement judiciaire depuis le début du mouvement des gilets jaunes

Le 24 décembre dernier, Le Poing relatait déjà les péripéties judiciaires de ce CPE retraité au caractère bien trempé. Cet anticapitaliste convaincu s’engage aux côtés des gilets jaunes dès le début du mouvement. En juin 2019, il comparait pour entrave à la circulation. Le procès est reporté, et depuis, les menaces et intimidations s’enchaînent. Arrestations arbitraires répétées, reports d’audiences abusifs, perquisition violente de son domicile en son absence (il a retrouvé sa porte enfoncée), insultes et menaces de la part de policiers comme on peut le lire dans une enquête réalisée par nos confrères du d’Oc également en décembre dernier :  « le militant accuse deux policiers de l’avoir menacé, dont un, ivre, avec son arme de service à la main : « heureusement pour toi tu n’as pas eu affaire avec certains de mes collègues, car on aurait réglé le truc autrement ! »

Le 12 décembre, Roland s’est fait interpeller par la BAC de Nîmes alors qu’il rentrait d’une manifestation. Il est présenté en comparution immédiate et se fait incarcérer à la prison de Nîmes avec son procès reporté, comme le rapportait son proche plus haut. Son comité de libération dénonçait alors une autonomisation de la police à Nimes.

Le 26 décembre, il sortait de prison après une grève de la faim et de la soif. Un mode d’action auquel le sexagénaire est habitué, et qu’il ne serait pas étonnant de voir se reproduire suite à son incarcération de ce weekend, selon ses proches.

Un rassemblement de soutien est prévu devant la prison de Nîmes mercredi 3 juin à 19h30.

A noter qu’avant son incarcération, Roland Veuillet avait commencé une procédure de recours contre un procureur de Nîmes devant le Conseil de la Magistrature, fait relativement peu commun que le Poing détaillera dans un prochain article….




Source: Lepoing.net