Octobre 17, 2019
Par Indymedia Nantes
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Samedi soir, concert de zique bien VNR en perspective dans un club chaudement recommandé par
un pote bien destroy, sauf qu’ Ă  l’arrivĂ©e : PAF ! C’est 7 Euros.

Alors explique un peu qui exactement de VNR tu veux exclure du concert avec un prix pareil, dans
une zone pavillonnaire de classe moyenne bien obéissante ?

Je tente de rentrer gratosse, mais bon tu sais :
1- si on te laisses rentrer sans payer, on est obligé de faire pareil avec les autres ;
2- taka aller faire la manche pour gratter 7 Euros ;
3- on a un loyer Ă  payer, les groupes qui viennent de loin, les assurances ;
4- et puis c’est pas un squat ici ;
5- alors casse-toi !

PremiĂšrement, Ă  ce concert y ‘a pas foule et que des pĂ©ri-urbain.es tout propret sur eux. Ensuite g
pas envie de faire la manche car la question n’est pas de m’activer pour gagner 7 Euros, mais de
m’activer pour rentrer gratosse ou alors pour forcer le prix libre. DĂ©goĂ»tĂ©e par le refus des
ouvreureuses aka le pouvoir du tampon d’entrĂ©e mĂȘme pas fluo, hĂ©ritage de bureaucrates, je dĂ©cide
de me poster devant le club, réfléchissant aux entourloupes usuelles pour entrer sans payer dans les
concerts payants, style choper le tampon d’entrĂ©e d’une façon ou d’une autre, trouver une porte
dérobée, faire un trou dans le grillage, déclencher une baston pour rentrer en masse, attendre le
dernier moment comme le dernier groupe, aller Ă  une teuf Ă  100km de lĂ , troquer mon slip, quand
arrive le guitariste du premier groupe de zique que par hasard mon pote destroy connaĂźt vaguement.
Je lui demande alors de me mettre sur sa guest list et rentre Ă  l’oeil Ă  ses cĂŽtĂ©s.

Effectivement le club n’est pas un squat, sauf qu’il reprend les codes des squats mais pas trop quand
mĂȘme. Donc une ambiance de simili-squat pour pĂ©ri-urbain.es calmes et sereins en quĂȘte de folklore
VNR. Et surtout en quĂȘte de spectacles folklorico-alternatifs avec des vrai.es VNR dedans qui
animent le tout, c’est-à dire le bar, la sono et le pit. Je suis dans le pit, tout devant et VNR à point à
cause du stress pour rentrer. Mon pote destroy pogote comme un dieu. Les péri-urbains, immobiles
Ă©loges de la passivitĂ© et de l’ennui, en prennent plein les oreilles, les mirettes et plein le gosier de
biĂšres pas chĂšres dans des verres en plastique de 0,5l car le plastique c tellement underground.

Le pote destroy a pris la dĂ©cision de payer l’entrĂ©e, donc pas de tabac. Il taxe et retaxe les pĂ©ri-
urbain.es auxquels il refile des boulettes de beuh à chaque clope pécho, voire des lignes de speed !
Le deuxiÚme groupe se prépare, le chanteur au micro me taxe de « folle » me détaxant ce soir de
tous mes actes et paroles. Le spectacle tourne au drame. Sa voix se fait la malle et son show est un
flop. Sa zique est trop aseptisĂ©e mĂȘme pour un simili-squat. Je sors du club et remarque l’absence
de tags tout autour. Pas mal de public est dehors Ă  fumer et jaser :
« Viens on va à Narbonne manger des moules ! ». Bouffez-vous la moule, ça fera moins loin.
« Ma fille Ă©coute de la musique de merde… ». Ouais toi aussi.

Je prĂ©fĂšre retourner dans le pit et m’assourdir au lieu d’écouter leurs banalitĂ©s. Le troisiĂšme groupe
mĂ©lange guitare, batterie et nouvelles technologies, tel un souffle d’avant-garde musical pour pĂ©ri-
urbain.es que mĂȘme des litrons de biĂšre n’arrivent pas Ă  dĂ©sinhiber, seulement Ă  saouler, Ă©ternels
spectateurs de leur propre mort. La zique qui vient c de la robotique.

Fourre-moi ta langue tant qu’il est encore temps.

À minuit, couvre-feu : interdiction de rester dehors devant le club sinon la classe moyenne bien
obĂ©issante appelle les keufs qui n’attendent que ça pour virer du quartier pavillonnaire le simili-
squat plus bruyant que sale. Et puis faut pas embrouiller les péri-urbains avec la police, sinon ils ne
reviendront pas consommer le folklore bradĂ© de ce qu’il restera de nos mondes.

NIK LE PAF ! NIK TOUT !




Source: Nantes.indymedia.org