Novembre 19, 2019
Par Rebellyon
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Peu de temps avant de partir pour mon sĂ©jour en France pour prĂ©senter la traduction de mon livre, Comment la non-violence protĂšge l’état (How Nonviolence Protects the State) et L’échec de la non-violence (The Failure of Nonviolence), j’ai reçu des informations assez troublantes. Le traducteur du premier de ces livres pour la maison d’édition Editions Libre (il y a Ă©galement une autre traduction faite par un collectif), Nicolas Casaux, a publiĂ© des articles transphobes, et a fondĂ© avec les personnes d’Editions Libre, une branche de Deep Green Resistance en France. Aux Etats-Unis, DRG est connu pour ces position transphobes et autoritaires, et tou.tes les anarchistes et autres militant.es anticapitalistes que je connais refusent catĂ©goriquement d’ĂȘtre assimilĂ©.es Ă  ce groupe. C’est Ă©galement le cas pour les personnes qui luttent contre les Ă©cocides ou pour qui la principale lutte est dirigĂ©e contre la sociĂ©tĂ© industrielle.

J’ai Ă©tĂ© en mesure d’échanger avec les personnes d’Editions Libre Ă  Paris et j’ai senti qu’iels Ă©taient Ă  l’écoutent de mes critiques. J’étais content d’apprendre qu’Editions Libre ne tient pas de position transphobe, que DRG en France se veut trans-inclusif et reconnait l’oppression des personnes trans, qu’iels ont publiĂ© un communiquĂ© pour clarifier cette position, et que Nicolas Casaux a quittĂ© l’organisation.

MĂȘme s’il est vrai que j’étais satisfait avec la rĂ©ponse d’Editions Libre, je suis aussi conscient que je ne parle pour personne d’autre que moi et que chacun.e doit se faire sa propre opinion.

Je ressens le besoin d’aborder la position dĂ©fendue par Nicolas Casaux. Je me rĂ©fĂ©rerais particuliĂšrement Ă  cet article : http://consciencesansobjet.blogspot.com/2017/12/les-enfants-transgenres-et-quelques.html

Dans cet article, Casaux commence par rĂ©sumer comment la civilisation industrielle dĂ©truit la planĂšte et exploite toutes formes de vies, humaine et autre. C’est un point de vu que je partage sans rĂ©serve, cependant j’ai tendance Ă  l’exprimer en des termes diffĂ©rents. AprĂšs ça, Casaux fait un saut pour le moins Ă©tonnant. Qui, selon lui, est Ă  l’avant-garde de la guerre des États contre la planĂšte et ses habitant.es ? Les queers et les personnes trans
 et il justifie cela en disant que : « les dirigeants politiques et corporatistes de la civilisation industrielle ont trouvĂ© un alliĂ© et un atout dans le courant trans et queer  Â» qui vont les aider Ă  « atteindre leur objectif assumĂ© de liquidation de l’espĂšce humaine Â».

Il y a tellement de contre-vĂ©ritĂ© dans cette affirmation qu’il va falloir du temps pour dĂ©mĂȘler tout ça. Commençons avec la vision terriblement dĂ©formĂ©e de Casaux concernant les queers et personnes trans. Dans le titre ainsi que dans le paragraphe citĂ©, Casaux tente de confondre “les personnes trans” avec les “transhumanistes”. Ceci est une manipulation. MĂȘme si des personnes peuvent ĂȘtre transgenre et transhumaniste, ces deux concepts n’ont pas grand-chose en commun Ă  part pour le fait qu’ils partagent le mĂȘme prĂ©fixe. Être transgenre n’est pas un “courant”. C’est simplement un concept vaste, imprĂ©cis et imparfait pour dĂ©crire les dizaines de millions de personnes sur cette planĂšte qui n’acceptent pas le genre auquel iels ont Ă©tĂ© assignĂ©.es Ă  la naissance, ou qui ne peuvent pas se reconnaitre dans une dĂ©finition binaire ou biologique du genre. Le genre est une construction sociale et dans les pays occidentaux, il est construit comme un systĂšme binaire. La signification qu’on associe Ă  un genre change d’une culture Ă  une autre, et d’une gĂ©nĂ©ration Ă  la suivante. Un grand nombre de bĂ©bĂ©s sont opĂ©rĂ©s tous les ans, de toute Ă©vidence sans leurs consentements, afin de les faire correspondre Ă  une des deux catĂ©gories de genre dites “naturelles”. Beaucoup de sociĂ©tĂ©s non-industrielles que Casaux dit admirer incluent une place pour la spiritualitĂ© avec des individu.es Ă  deux esprits et autres reprĂ©sentations non binaires, oĂč iels reconnaissent et accordent une lĂ©gitimitĂ© aux personnes qui changent de genre pendant que d’autres n’assignent aucun genre avant l’entrĂ©e Ă  la pubertĂ©. Des apports de l’archĂ©ologie dĂ©montre que des sociĂ©tĂ©s non-urbaines et non-industrielles pratiquaient la chirurgie de rĂ©assignation sexuelle comme elles pratiquaient l’odontologie.

Casaux ne reconnait rien de ceci. La seule intervention mĂ©dicale qui l’inquiĂšte, les bloqueurs de pubertĂ©, est consensuelle et relativement bĂ©nigne en termes d’effets nocifs sur la santĂ© (nous y reviendrons plus bas). Pas un mot sur les mutilations sans consentement pratiquĂ©es sur les enfants dans toutes les maternitĂ©s du monde occidental juste pour faire respecter sa supposĂ© vision naturelle du genre, ni sur la diversitĂ© de genre dans les cultures non-occidentales qu’il idĂ©alise dans sa forme pure et symbolique, d’une maniĂšre qui frise le racisme. Ses idĂ©es sur le genre ne reflĂštent pas une critique Ă©laborĂ©e de la civilisation industrielle ; au contraire, elles reflĂštent un discours biologique essentialiste du XIXe siĂšcle.

Il existe une myriade d’identitĂ©s et d’expressions transgenre et seulement un petit nombre de celles-ci ont Ă©tĂ© assimilĂ©es et intĂ©grĂ©es dans les pays capitalistes occidentaux. Dans l’ensemble, les personnes trans font face Ă  un taux extrĂȘmement Ă©levĂ© d’agressions, de harcĂšlement, de meurtres et d’exclusion sociale et Ă©conomique.

Il n’y a aucune justification qui permettent de dire que les personnes trans ont une affinitĂ© particuliĂšre avec l’avant-garde du capitalisme technologique. Les personnes trans ont Ă©tĂ© parties prenantes dans tous les mouvements et combats sociaux y compris dans le combat contre la destruction de la planĂšte. Aux Etats-Unis, le plus ancien prisonnier anarchiste, Marius Mason, est un homme trans poursuivi pour de multiple incendies criminels contre le genre de laboratoires de recherche gĂ©nĂ©tique que Casaux prĂ©sentent comme Ă©tant soutenues par la communautĂ© trans. Marius a risquĂ© sa libertĂ© en combattant pour la terre, les sien.nes et il a vĂ©cu son changement de genre alors qu’il Ă©tait immergĂ© dans la violence du systĂšme carcĂ©ral Ă©tats-uniens. Il incarne un niveau de courage et de principes que Casaux ne peut mĂȘme pas imaginer.

Casaux est tout aussi ignorant au sujet de ce que signifie le courant “queer”. Il n’y a pas un seul courant queer homogĂšne, et s’il en existait un, il ne serait absolument pas un alliĂ© des politiques et structures de pouvoir. Historiquement et aujourd’hui encore, les combats queer ont refusĂ© l’assimilation des sexualitĂ©s diverses. Aux Etats-Unis, une des publications les plus radicale du discours queer de la derniĂšre dĂ©cennie, BĂŠdan (https://baedan.noblogs.org/) , est complĂštement anticapitaliste, vivement anti-assimilationniste, anti-civilisationniste ainsi que critique de la technologie et du transhumanisme. Une publication queer plus rĂ©cente, Otherworld review, est, pour le dire briĂšvement, largement dĂ©diĂ©e au culte et la symbiose avec la nature. Et en Catalogne, oĂč je vis actuellement, les queers et personnes trans forment un courant autonome majeur dans le mouvement “nĂ©o-rural” dĂ©veloppant des maniĂšres de vivre bien plus tournĂ©es vers l’écologie, redĂ©couvrant des pratiques traditionnelles de l’agriculture Ă  la campagne.

Nicolas Casaux n’a absolument AUCUNE IDÉE de quoi il parle (nĂ©anmoins il se sent lĂ©gitime pour juger un grand groupe de personnes), et il tente dĂ©libĂ©rĂ©ment de manipuler ses lecteurices.

Comme la plupart des transphobes, Casaux adhĂšre aux visions essentialistes de la nature et des corps (en parlant par exemple de “rĂ©alitĂ©s essentielles du corps humain“). Comme dĂ©crit dans The Unquiet Dead de Ausma Zehanat Khan, l’essentialisme dans ces deux formes est un Ă©lĂ©ment clef du fascisme, il l’a notamment Ă©tĂ© dans le mouvement Völkisch prĂ©misse de l’idĂ©ologie Nazi ; l’essentialisation des corps et de la nature tend Ă  ĂȘtre utilisĂ©e dans des versions racistes et transphobes du fĂ©minisme, comme celui de Mary Daly, tandis que le fĂ©minisme anti-raciste et anticolonial tend Ă  problĂ©matiser voire Ă  complĂštement rejeter les visions essentialistes du corps. Nous pouvons probablement tou.tes penser Ă  des aspects plus alarmants du fascisme que l’essentialisme, mais le fait que Casaux use des mĂȘmes formes d’argumentation que l’extrĂȘme-droite – et partage sa transphobie – fait de son essentialisme quelque chose de plus inquiĂ©tant. Et au-delĂ  de Casaux, il faut se questionner sur qui pourrait utiliser son argumentaire bancal, Ă©tant donnĂ© que les fascistes en Europe ont depuis longtemps recrutĂ© dans les cercles environnementaux.

Casaux ne donne qu’un seul exemple d’une PDG trans malĂ©fique, Martine Rothblatt qui clone des cochons et promeut l’eugĂ©nisme, afin d’illustrer sa ridicule thĂ©orie conspirationniste qui dit que “le courant trans et queer” est un alliĂ© important des “dirigeants politiques et corporatistes de la civilisation industrielle“. Afin d’ajouter du poids Ă  ce seul exemple, de peur que ses lecteurices le suspectent de faire une gĂ©nĂ©ralisation sur la base de la plus petite quantitĂ© possible de preuves, Casaux annonce que Rothblatt Ă©tait la femme PDG la mieux payĂ©e (selon les chiffres de 2013 repris dans un article de 2014).

Il m’a fallu trente-cinq secondes pour apprendre que c’était un coup de chance. Rothblatt n’avait jamais tenu cette position avant et ne l’a plus occupĂ© depuis. En 2014, Marissa Meyer, cheffe exĂ©cutive de “Yahoo !”, Ă©tait la femme PDG la mieux payĂ©e, gagnant 42 millions de dollars, Ă  savoir prĂšs de 10 millions de plus que Rothblatt. Trois des cinq PDG les mieux payĂ©s travaillent dans le domaine des technologies. Martine est la seule qui est transgenre et elle (pas “il”, trou du cul) Ă©tait seulement 24e dans le classement des PDG (hommes et femmes confondu.es donc) les mieux payĂ©.es. Soudain les preuves de Casaux ne semblent plus si significatives. C’est probablement pour ça qu’il a essayĂ© de rendre Rothblatt plus importante qu’elle ne l’est, dans l’espoir de manipuler les lecteurices afin qu’iels croient qu’il existe effectivement un lien entre les personnes trans et le plan malĂ©fique du capitalisme pour le futur.

Si l’on regarde le top dix des PDG les mieux payĂ©s en 2013 ou 2014, on observe qu’il n’y a que des hommes et qu’aucun d’eux n’est trans ou ouvertement identifiĂ© comme queer. En 2013, 3 dirigent des entreprises de mĂ©dia, divertissement et tĂ©lĂ©communications, 1 dirige une entreprise d’investissement, 1 dirige une entreprise ferroviaire et 5 dirigent des entreprises de technologies et mĂ©dicales, dont le numĂ©ro un Elon Musk, un transhumaniste beaucoup plus important que Rothblatt, et un homme cis hĂ©tĂ©rosexuel
 En 2014, 4 dirigent des entreprises de mĂ©dia et tĂ©lĂ©communication, 2 des entreprises d’investissement et 4 des entreprises de technologies. En d’autres termes, le domaine des technologies est largement reprĂ©sentĂ© et il n’est dirigĂ© par aucune conspiration trans ou queer. Qu’en est-il de l’industrie mĂ©dicale et pharmaceutique ? Il y a en fait trois entreprises plus importantes sur la liste que United Therapeutics, entreprise de Martine Rothblatt. Mais en fait le salaire du ou de la dirigeante n’est pas le meilleur instrument de mesure sur l’importance d’une entreprise. Allons jeter un Ɠil du cĂŽtĂ© des dix plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales. Non, United Therapeutics n’est pas dans la liste et aucune entreprise du top dix n’a de PDG trans ou ouvertement queer (ni dans le top dix des entreprises de technologies). En fait, je n’ai pu trouver United Therapeutics dans aucune liste de grandes entreprises pharmaceutiques. La numĂ©ro 25 Labcorp, a gĂ©nĂ©rĂ© 11 milliards de dollars en 2018 alors que dans le mĂȘme temps United Therapeutics ne faisait mĂȘme pas 390 millions de dollars. Il s’avĂšre que ce n’est pas une si grosse entreprise.

Autrement dit, ce que Nicolas Casaux a fait, c’est de prendre une personne trans au hasard qui gagne beaucoup d’argent en dirigeant une entreprise relativement anonyme et de la transformer en Ă©pouvantail et en symbole d’une vaste et infĂąme conspiration. Les antisĂ©mites utilisent exactement la mĂȘme pseudo structure logique quand iels prennent une personne juive, riche en la tournant comme une illustration de tout le peuple Juif. Cela ne fonctionne pas du tout si votre audience est sensible Ă  des arguments logiques : cela ne marche que s’iels veulent croire en n’importe quoi qui justifie leur haine et leur peur.

Laissez-moi vous donner une comparaison pour illustrer la qualitĂ© du raisonnement de Casaux : “les français.es sont des trous du cul nĂ©oliberaux.les qui conspirent pour retirer les prestations de chĂŽmage et de santĂ© pour tout le monde ! Est-ce que quelqu’un a oubliĂ© l’exemple d’Emmanuel Macron ?” ou “les gens qui s’appellent Nicolas sont des menteurs, manipulateurs ! Qui ne se souvient pas par exemple de Nicolas Casaux ?”. Casaux espĂšre ainsi que ses lecteurices oublient qu’il existe des centaines de millions de personnes trans et queers, qu’iels n’ont pas une idĂ©ologie unique et qu’iels sont tout aussi diversifiĂ©.es que n’importe quel autre groupe de gens. Il compte sur la peur de l’Autre en dĂ©crivant les personnes trans et queers comme un groupe homogĂšne prĂ©sentant une menace pour la nature.

Attaquer les personnes trans et queers est un affront Ă  la solidaritĂ© dans nos mouvements contre le capitalisme et le patriarcat, c’est une façon de diriger encore plus de violence contre des personnes qui sont dĂ©jĂ  les plus marginalisĂ©es, les plus susceptibles de subir des agressions ou des meurtres dans la rue, c’est stupide, c’est injustifiable et cela nous affaibli. La transphobie et l’homophobie comme le racisme sont des armes du capitalisme et de l’État.

Enfin, je veux parler du sujet principal de l’article de Casaux, les interventions mĂ©dicales pour les jeunes personnes trans. Casaux ne parle pas rĂ©ellement de ce problĂšme, il fait simplement le lien avec un documentaire qui d’aprĂšs lui aurait Ă©tĂ© supprimĂ© par le “lobby trans”, encore une fois il copie les tactiques de l’extrĂȘme-droite, en prĂ©tendant qu’un groupe complĂštement marginalisĂ© contrĂŽlerait les mĂ©dias.

Le problĂšme de la chirurgie de rĂ©assignation de genre, les hormones, les bloqueurs de pubertĂ© et autres interventions mĂ©dicales pour les personnes trans sont bien plus compliquĂ©s que ce que suggĂšre Casaux. Il y a des personnes trans qui approuvent ces interventions, d’autres qui sont favorables Ă  certaines et rĂ©ticentes vis Ă  vis d’autres, et il y a celleux qui vivent celles-ci comme une violence. Beaucoup de personnes trans subissent des chirurgies pour Ă©viter une encore plus grande violence Ă  savoir que les personnes cis se dĂ©chainent sur elleux dans les lieux publics, pour pouvoir avoir un « passing Â» en accord avec leurs genres, pour obtenir des perspectives d’emploi, pour Ă©viter le harcĂšlement. Un ami trans m’a dit qu’il Ă©tait vraiment triste de subir une mastectomie, qu’il aimait sa poitrine, mais la chirurgie Ă©tait facile comparĂ©e au regard des autres et des commentaires qu’il subissait Ă  chaque fois qu’il allait Ă  la plage, Ă  la piscine et qu’il enlevait son t-shirt. C’est une violence Ă  laquelle les personnes comme Casaux contribuent largement avec leurs remarques ignorantes.

Il est Ă©vident que Casaux et les gens comme lui n’en ont rien Ă  foutre des personnes trans ou de la violence Ă  laquelle iels font face. Pourquoi sont-iels concernĂ©.es par les adolescent.es trans qui prennent des bloqueurs de pubertĂ© ? Iels ne le sont pas. Iels utilisent juste ce sujet car cela peut ĂȘtre une maniĂšre efficace de gĂ©nĂ©rer un dĂ©saveu gĂ©nĂ©ral des personnes trans. Iels reprĂ©sentent ces enfants comme sans dĂ©fense, abusĂ©.es par des vieux idĂ©ologues trans (implicitement affublĂ© avec l’ancien stigmate homophobe de la perversion) et un mercenaire de « l’establishment mĂ©dical Â».

Je ne suis pas un ami de l’establishment mĂ©dical, mais je dirais qu’il existe un important mouvement de dĂ©sinformation circulant sur internet au sujet des bloqueurs de pubertĂ© et autres procĂ©dures (gĂ©nĂ©ralement rĂ©pandu par des gens idĂ©ologiquement de droite). La procĂ©dure est mal reprĂ©sentĂ©e – par exemple les bloqueurs de pubertĂ© sont appelĂ©s ’hormones’ mĂȘme si ça n’en est pas – et le danger y est exagĂ©rĂ©, pendant que les personnes trans se voit niĂ©es tous services ou accompagnements, iels ne sont prĂ©sentĂ©.es que comme des victimes ou des bourreaux.

Je me rappelle ce que c’était d’ĂȘtre adolescent. A cet Ăąge, personne n’était plus qualifiĂ© pour prendre des dĂ©cisions quant Ă  mon corps ou mon identitĂ© de genre. Seul un autoritaire peut dĂ©nier l’autonomie physique des adolescent.es. La vie ne commence pas Ă  18 ans, quand l’État nous accorde la majoritĂ©. Nous devons prendre des dĂ©cisions concernant notre corps avant cela, et personne ne devrait pouvoir nous enlever ces choix.

Je ne vais pas entrer plus loin dans ce dĂ©bat car les choix mĂ©dicaux des personnes trans ne devraient pas ĂȘtre dĂ©finis par les personnes cis. Mon objectif est de montrer que la position de Casaux n’a aucune lĂ©gitimitĂ©. Quand quelqu’un.e parle de ce qu’iel ne vivra jamais personnellement, iel parle en ignorant.e. Quand c’est une personne en situation de pouvoir ou de normalitĂ© qui parle de personnes marginalisĂ©es par la sociĂ©tĂ©, cette ignorance est aussi une pratique d’autoritarisme, et quand cette opinion cherche Ă  limiter l’activitĂ© ou Ă  rĂ©pandre une gĂ©nĂ©ralisation nĂ©gative Ă  propos de groupes dominĂ©s, nous sommes alors face Ă  un acte d’oppression.

Concluons sur ce qui est maintenant Ă©vident : Casaux ne sait rien des personnes trans, Casaux n’en a rien Ă  faire des personnes trans, Casaux rĂ©pand des affirmations fausses et blessantes Ă  leurs Ă©gards. Il doit se taire et Ă©couter les personnes qu’il essaye de marginaliser. Peut-ĂȘtre alors apprendra-t-il quelque chose, mais dans tous les cas, son silence nous fera Ă  tou.tes du bien car il n’y a que de la merde qui sort de sa bouche.

Cordialement,

Peter Gelderloos.




Source: Rebellyon.info