Février 29, 2020
Par Paris Luttes
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Ni proie, ni victime : Riposte féministe

Roman Polanski, accusé par 12 femmes de viols, est nominé 12 fois ce soir à la cérémonie des Césars pour son film J’accuse.

Il est sous mandat d’arrêt international : en France tout le milieu du cinéma – et la société dans son ensemble – lui déroule le tapis rouge. Un homme qui a drogué et violé des dizaines d’enfants et de femmes est adulé par la critique, ses films sont largement financés et diffusés par toute une industrie.

Les 12 nominations de Polanski aux Césars sont un symbole : celui de l’impunité totale dont jouissent les violeurs. Le tapis rouge, le champagne et les applaudissements de ce soir sont une manière de dire aux femmes de se taire, de ne pas se défendre ; de nous dire que nous l’avons bien cherché, et que les riches continueront à faire bloc derrière leurs pairs les violeurs.

Le viol est une arme de guerre sociale dirigée contre la classe des femmes : elle nous rappelle que nous devons rester à notre place, ne pas parler trop fort ou sortir trop tard, ne pas nous défendre. Tous les jours, les violences sexuelles perpétuent l’ordre patriarcal et nous rappellent que nous devons nous soumettre : au travail, dans la rue, dans notre couple.

Dans l’affaire Polanski comme dans toutes les autres, celles dont personne ne parle, nous voyons bien que nous ne pouvons pas faire confiance ni à la justice, ni au reste de la société : nous ferons donc justice nous-mêmes.




Source: Paris-luttes.info