Avril 21, 2022
Par Brest Media Libre
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La peste. Pourquoi Le Pen est notre ennemi ?

Le Pen c’est une nationaliste et une fasciste qui prétend unir les français, riches comme pauvres, derrière un pouvoir fort pour la grandeur de la patrie contre les immigrés, les « non assimilés », et les « mauvaises influences » qui font dériver la société. Pour nous, ces idées sont néfastes et nauséabondes. Elles font la promotion de la hiérarchie, de l’autorité, de l’inégalité au profit d’autres êtres humains. Dans l’histoire, d’autres mouvements ont porté ces idées dans différents endroits du monde, cela n’a produit que misère, guerre et exploitation.

Le Pen est tout sauf « l’amie des pauvres », comme elle aime de plus en plus à se présenter. C’est d’abord une bourgeoise qui a toujours pété dans la soie. En effet, il n’y a qu’à voir la demeure des Le Pen de Montretout (domaine privé d’hôtels particuliers) et ce qu’elle déclare de patrimoine pour se rendre compte à quel monde elle appartient. Ce monde c’est celui des bourgeois biens nés qui ne souhaitent surtout pas abandonner leur pouvoir et les avantages qu’il leur confère.

Le Pen prétend réconcilier, comme elle l’a dit, le « travail » et le « capital ». Elle promet, comme nombre de politiciens de droite comme de gauche avant elle, l’amélioration des conditions de vies des plus pauvres et des plus précaires. Dans sa grande bonté elle souhaite que ceux qui ont commencé jeunes (entre 17 et 20 ans) bossent comme des ânes jusqu’à 60 ans. Ensuite le tarif augmente si on a commencé plus tard. Elle souhaite qu’on paye moins d’impôts et de taxe. Elle nous promet le maintien de l’hôpital public et surtout un état fort qui protège les plus fragiles des méfaits du capitalisme. Enfin, elle promet aussi de restreindre l’accès des étrangers aux aides sociales pour les réserver aux français .

Quiconque fait partie de l’immense majorité des dépossédés au profit d’une minorité et du règne du fric, ne doit se faire aucune illusion sur ce semblant de programme social et sur l’idée de réconciliation nationale qu’il y a derrière. En effet, le travail et le capital ne sont pas réconciliables. Dans ce monde, les capitalistes exploitent la majorité de leurs semblables pour leur profit, peu importe la forme que cela prend, tant que ce rapport existe il en sera ainsi. Le Pen ne souhaite pas en finir avec l’exploitation, elle souhaite juste que l’on collabore avec nos exploiteurs… Si l’on souhaite construire un monde juste, libre et égalitaire, il faut donc ne rien attendre de ce genre de programme fallacieux. Notre intérêt n’est pas dans une réconciliation avec ceux qui nous exploitent au profit d’une nation ou d’un état, il est dans la révolution pour la fin de l’exploitation et de la domination.

Enfin, si le Pen est au pouvoir elle appliquera potentiellement une politique autoritaire, raciste et pseudo social dans le but d’étouffer les contestations et de faire adhérer à ses positions des secteurs exploités de la population. C’est pour ça qu’il faut combattre et expliquer en quoi consiste sa proposition fasciste et sa vision identitaire. De plus, les nationalistes plus radicaux et les forces répressives, surtout la police, qui lui sont pour certaines acquises, pourraient se lâcher davantage à l’image de ce qu’il s’est passé en Hongrie, en Grèce ou aux USA.

Le choléra. Pourquoi Macron est notre ennemi ?

Macron est un libéral autoritaire qui croit dans les « vertus » progressistes du capitalisme. Tout comme Le Pen et ses potes, il souhaite garantir l’ordre social actuel, ordre qui ne produit que misère. Contrairement à ses pseudos concurrents politiciens, Macron a le mérite de l’honnêteté sur comment il va nous faire souffrir et on en a tous eu un aperçu pendant son précédent quinquennat.

Ce pantin des bourges n’a fait que renforcer la logique capitaliste à l’oeuvre en France et dans le monde depuis plusieurs siècles. On peut citer les plus hauts faits de son palmarès : durcissement des conditions d’accès au chômage et baisse des allocations chômage, tentative d’allongement du départ à la retraite, continuation de la destruction du service de santé, loi sécuritaires et répression très dure des mouvements de contestation (Les gilets jaunes notamment) etc etc. Actuellement il nous promet d’aller nous faire exploiter jusqu’à 65 ans et promet aux bénéficiaires du RSA d’aller travailler pour moins que le SMIC si ils veulent garder leurs allocations qui leurs permettent à peine de vivre. Macron, comme Le Pen, nous promet un monde de concurrence, d’exploitation massive, d’appauvrissement et la continuation de la destruction de la planète déjà bien mal en point.

Macron se prétend aussi du camp des progressistes face aux nationalistes et racistes comme Le Pen. Pour nous, c’est justement le système capitaliste et les politiques des crapules actuelles et précédentes qui permettent au nationalisme de prospérer à moyen et long terme. Et ne rêvons pas, même si Macron gagne avec une partie des voies de la gauche, il continuera probablement sa politique offensive. Comme tout pouvoir libéral il sera donc à combattre.

Pourquoi la gauche n’est pas notre amie ?

Pour nombre de personnes, la candidature de Mélenchon apparaissait comme une solution et une alternative au sang et aux larmes que nous promettent Le Pen et Macron. Le programme de l’union populaire promettait des mesures sociales, démocratiques et écologiques pour améliorer les conditions de vie d’une majorité de la population et une répartition plus juste des richesses.

D’ailleurs lorsqu’on regarde de plus près le programme de Mélenchon que nous promettait-il ? Il nous promettait la retraite à 60 ans, le SMIC à 1400 euros et les 35/32 heures. Il nous promettait un système parlementaire et référendaire à la place d’un système présidentielle. En somme, il nous promettait un allégement de l’exploitation mais pas la fin de l’exploitation. Il nous promettait la démocratie véritable en modifiant la forme des institutions étatiques alors que l’état ne peut être que l’incarnation d’un pouvoir séparé s’exerçant sur et non par la société. Il nous promettait l’écologie mais sans la remise en cause radicale du capitalisme qui ne peut pas être écologique.

Mais il s’agit aussi de comprendre le contexte actuel. Nous venons de vivre cinq ans d’offensives libérales contre les miettes et les « conquis » sociaux arrachés au fil des années, des offensives qui avaient d’ailleurs commencé bien avant Macron, entamées tour à tour par la droite ou la gauche au pouvoir. De plus, le nationalisme est là et, bien que non hégémonique, il est aux portes du pouvoir, structuré, organisé et dispose d’une vraie base sociale. Quant à un camp révolutionnaire, on le cherche encore, il n’existe tout simplement pas malgré des luttes et des volontés bien vivaces ces dernières années.

Ainsi, dans ce contexte nous comprenons que des personnes, dont des révolutionnaires, aient choisi de voter Mélenchon dans l’optique d’améliorer concrètement et rapidement leurs conditions de vie ou d’avoir ne serait-ce que le temps de respirer. Peut-être aurait-il pu améliorer un tant soi peur les conditions de vie de pas mal de monde, bien qu’on en doute vu l’armada capitaliste en face et les verrous que posent d’entrée de jeu la lutte institutionnelle. Peut-être aussi aurait-il fait un « meilleur ennemi », ou au moins l’extrême droite ne serait pas présidentiable pour cette fois.

Seulement, nous pensons aussi que ce ne sont pas des élections ou un parti institutionnel qui réglera in fine tous nos problèmes et nous conduira à l’émancipation véritable. En effet, pour nous, la possibilité d’un renversement du système de l’intérieur, apparaît complexe voire impossible et illusoire. Les exemples historiques pullulent en terme de mouvement, qui, ont vu dans la prise du pouvoir d’état ou la réforme, la solution à la fin de la misère. On peut citer notamment l’action de la social-démocratie en France au Xxeme siècle ou le socialisme étatique en URSS. Toutes ces entreprises, même si elles ont pu conduire parfois à des améliorations notables des conditions de vie (toujours sous la pression des « bases » par ailleurs), ont produit des effets contraires à leur volonté.

Nous considérons que c’est le cadre qu’il faut renverser dans son entièreté et non viser au contrôle et à la prise de pouvoir en son sein. Et, pour renverser ce cadre, nous pensons que c’est par nous même, à la base, que nous devons nous organiser. C’est pour nous la seule façon de prendre réellement le pouvoir.

Que faire ? Une politique communiste et autonome

Nous n’estimons pas être détachés des problématiques de la société mais nous sommes persuadés qu’il faut critiquer et changer cette même société. Nous ne souhaitons pas être dogmatiques, ayant conscience qu’un positionnement radical, cela se construit et ne se décrète pas.

Cependant, on estime qu’il faut s’organiser concrètement à notre échelle contre ce qui nous dépossède avec des principes clairs qui nous identifient en tant que force politique de proposition et de rupture. Ce que nous voulons c’est l’abolition du travail, la fin de l’exploitation, de la domination et de l’aliénation que produit ce monde marchand car nous voulons être libres. Nous voulons la suppression de la propriété privée des moyens de production et tendre à un communisme véritable, une société sans état et non-marchande, car nous voulons une vie digne d’être vécu.

Nous sommes très conscients de l’état de nos forces, tout est à faire, toutes les structures sont à créées, toutes nos idées sont à diffuser. Nous pensons bien que ce n’est pas dans les urnes que l’ont assistera au début d’un changement radical de société. Mais, nous sommes convaincus que ce ne sera pas simplement en faisant des manifs ou dans les mouvements que nous devons nous opposer aux forces en présence. Nous sommes davantage partisans de la création de groupes et de luttes organisés, structurés et coordonnés sur des principes autonomes.

Il s’agit maintenant de nous développer, de diffuser nos idées et pratiques dans le cadre du travail, de la santé, de la précarité, bref dans tous les aspects de la vie quotidienne. Nous croyons que ces pratiques et leur diffusion sont une solution pour lutter efficacement à moyen et long terme, voire à court terme, contre le libéralisme et le nationalisme.

Soyons aussi attentifs aux divers mouvements spontanés qui peuvent apparaître prochainement et poser des vrais lignes de fracture et mettre au jour les contradictions de cette société. Mais ne les mythifions pas et ne les attendons pas. Dès à présent organisons nous par nos propres moyens et multiplions les collectifs autonomes car tout est à faire ! Et peu importe le résultat des élections il faudra de toute manière combattre et un jour abattre la peste et le choléra !

Des communistes autonomes organisés sur Brest

Contact : infokiosqueautonome chez riseup.net




Source: Brest.mediaslibres.org