DĂ©cembre 7, 2020
Par Paris Luttes
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Le Genepi dĂ©nonce le label Pep’s qui sert uniquement Ă  justifier et Ă  lĂ©gitimer le systĂšme carcĂ©ral. C’est un effet de communication de plus pour cacher la machine oppressive et destructrice qu’est la prison.

prison = lieu d’exploitation

Le label dit vouloir « revaloriser l’image du travail pĂ©nitentiaire Â» alors que la rĂ©alitĂ© des conditions de travail pĂ©nitentiaire est scandaleuse. En effet, dans cette zone de non-droit social, il n’y a pas de contrat de travail, ni d’indemnitĂ© en cas de chĂŽmage technique. Par ailleurs, le travail en prison n’ouvre pas de droits aux allocations chĂŽmage. Les arrĂȘts maladie et la reconnaissance des accidents du travail n’existent pas, et il n’y a pas non plus de mĂ©decine du travail. L’encadrement de la durĂ©e du travail est une illusion et il n’y a pas de jour de repos garanti. Il n’y a pas non plus de revenu minimal indexĂ© au smic horaire. En thĂ©orie, la rĂ©munĂ©ration varie entre 20% et 45% du smic horaire, mais la plupart du temps les dĂ©tenuEs sont payĂ©Es Ă  la piĂšce, au mĂ©pris de la loi. La cotisation pour la retraite ne se fait pas non plus selon les mĂȘmes rĂšgles que dans le droit commun : pour chaque annĂ©e travaillĂ©e, unE actif.ve valide 4 trimestre contre 1 Ă  3 pour les dĂ©tenuEs. Enfin, il n’y a pas de droits syndicaux : les dĂ©tenuEs ne peuvent pas faire valoir leurs droits au risque de reprĂ©sailles de l’administration pĂ©nitentiaire. Cette exploitation des travailleurs et des travailleuses au service du profit est organisĂ©e par l’État et est permise par un ministĂšre de la Justice vantant non sans cynisme la « souplesse Â», la « rĂ©activitĂ© Â» et la « disponibilitĂ© totale Â» des personnes dĂ©tenues. Cette exploitation de la main-d’Ɠuvre carcĂ©rale par des entreprises privĂ©es se fait sous couvert de « rĂ©insĂ©rer professionnellement Â» les dĂ©tenuEs. La rĂ©insertion est une des rhĂ©toriques utilisĂ©es par l’État pour justifier son systĂšme rĂ©pressif. Pourtant, la simple existence de la prison — dont l’objectif et l’effet est de marginaliser les personnes dĂ©tenues — rend le concept de “rĂ©insertion” profondĂ©ment hypocrite.

Le travail carcĂ©ral : outil de contrĂŽle social

En prison, le travail est utilisĂ© comme un outil de gestion de la dĂ©tention et comme un moyen de contrĂŽle social par l’administration pĂ©nitentiaire, qui dĂ©cide de qui a un travail, de qui peut le garder et de quel travail il s’agit, sans avoir Ă  se justifier de ses dĂ©cisions. Les remises de peines supplĂ©mentaires sont entre autres conditionnĂ©es par le fait de travailler ou non : le travail carcĂ©ral permet donc de facto d’ĂȘtre libĂ©rĂ© plus vite. Pourtant, unE dĂ©tenuE sur quatre a accĂšs au travail, ce qui oblige Ă  la fois les dĂ©tenuEs qui ont accĂšs au travail et celleux qui cherchent Ă  y avoir accĂšs Ă  ne pas se rĂ©volter. Ce travail est par ailleurs bien souvent nĂ©cessaire pour survivre en prison, car la vie en prison coĂ»te cher  : tout ce qui n’est pas considĂ©rĂ© comme strictement nĂ©cessaire par l’administration pĂ©nitentiaire (qui leur donne des repas immangeables et un kit d’hygiĂšne qui n’est jamais suffisant) doit ĂȘtre achetĂ© au prix fort par les dĂ©tenuEs, qui perdent les aides sociales qu’iels pouvaient avoir dehors et que les familles, souvent extrĂȘmement prĂ©carisĂ©es par la perte d’un revenu, ne peuvent pas toujours soutenir.

Le capitalisme au feu, les prisons au milieu

La prison profite Ă  l’État et aux grandes entreprises, c’est un maillon essentiel du capitalisme. D’abord, l’État criminalise stratĂ©giquement certains moyens de production (deal, travail du sexe
) et de rĂ©partition des richesses. Le systĂšme prison-justice va jouer un rĂŽle clĂ© de marginalisation des classes populaires et notamment des personnes racisĂ©es de classes populaires qui composent la majoritĂ© des dĂ©tenuEs. Une fois en prison, la force de travail des dĂ©tenuEs est rĂ©appropriĂ©e par l’État et les grandes entreprises afin de se faire de l’argent sur leur exploitation.

Nous, militantes anticarcĂ©rales, dĂ©nonçons l’exploitation en taule par l’état et les entreprises privĂ©es

Contre l’exploitation et l’enfermement

ni label, ni prison

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Plus d’infos sur les acteurs du travail en prison :




Source: Paris-luttes.info