Si l’hôpital a, logiquement, été au cœur de l’attention lors de l’épidémie de coronavirus [1], il ne faut pas non plus oublier le rôle, moins visible, joué par les médecins libéraux. Un témoignage paru dans le Couac n°10 qui invite aussi à repenser l’articulation, au-delà de la tendancielle mise en concurrence, de la médecine de ville et de la prise en charge à l’hôpital.

Infirmières et médecins libéraux se sont très vite organisés, malgré l’absence de matériel. Alors que la norme est plutôt à une forme de concurrence latente, certaines prennent l’initiative de se partager les patientèles. Elles organisent des tournées spécifiques au domicile de malades du Covid. Ce qui implique qu’à la différence de l’hôpital, on ne sait pas à quel point des soignantes ont pu être contaminées dans ce cadre : pas de test, pas de malade… pas de problème.

Les hospitaliers rencontrés semblent admirer leur réactivité de santé publique, alors que l’État s’est très peu appuyé sur elles. Une aide (pas un contrôle) du gouvernement envers les professionnelles du domicile ou des cabinets [2] aurait-elle allégé les hôpitaux, en répartissant le travail ? Ces professionnels « de premier recours » pour la population se sont avérés « de dernier recours » pour les autorités. Pour une guerre, on mobilise l’armée. Les francs-tireurs en dehors de l’hôpital, infanterie trop légère, se sont trouvés hors du sonar de l’état-major…

[2Désertés, au point de faire craindre les causes de mortalité classiques alors que le coronavirus semblait rendre désuet tout autre problème de santé.


Article publié le 14 Août 2020 sur Lenumerozero.info