Février 13, 2021
Par Partage Noir
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En 1920, l’expérience, inédite auparavant dans l’histoire de l’humanité, d’édification d’une société non étatique fut rompue. Cette interruption fut provoquée par la préparation insuffisante de cette expérience et par les actes impulsifs des anarchistes, qui eurent pour conséquence les opérations à grande échelle déployées par le commandement rouge contre l’armée révolutionnaire et insurrectionnelle, immédiatement après la défaite de Denikine obtenue grâce à leurs efforts communs.

Au cours de cette guerre fratricide, imposée aux insurgés, l’armée révolutionnaire et insurrectionnelle infligea constamment des défaites aux unités de l’Armée rouge, de plus de soixante mille hommes chacune, que le gouvernement soviétique put expédier dans la région insurgée, et ceci au moment même où l’Armée rouge subissait une série de défaites face à un ennemi numériquement supérieur, l’armée de Wrangel.

Il est clair que compte-tenu des circonstances, il est impensable de construire quoi que ce soit, et il fallait se défendre aussi bien contre l’Armée rouge que contre Wrangel, qui menait ses attaques principales justement dans la région insurgée. C’est seulement lorsque Alexandrovsk, Berdiansk et Marioupol furent pris par les Blancs, et lorsque ces derniers se dirigèrent sur Ekaterinoslav, que le gouvernement de la RSSF de Russie s’adressa à nouveau aux insurgés pour leur demander de l’aide, comme ce fut le cas en 1918 et en 1919.

En octobre 1920, une alliance militaire et politique fut conclue entre le gouvernement soviétique et l’armée révolutionnaire et insurrectionnelle qui dura à peine plus d’un mois. Dès que Wrangel fut vaincu, la guerre fut de nouveau déclarée à l’armée révolutionnaire et insurrectionnelle, et elle se termina en octobre 1921 par la conquête totale de la région insurgée. A ce propos, il faut néanmoins avoir à l’esprit que tout au long de cette année tragique, l’armée insurrectionnelle ne perdit pas une seule bataille face à l’Armée rouge, que ce soit sur le plan stratégique ou tactique. Il suffit à cet effet de se référer aux documents publiés dans les années 20 par le journal militaire soviétique La Revue militaire pour comprendre que dans le combat qui opposa Makhno au commandement rouge, la victoire fut toujours emportée par le premier. Et si, malgré tout, l’armée révolutionnaire et insurrectionnelle fut anéantie, c’est parce que toutes les unités qui combattaient auparavant en même temps Wrangel, Makhno et la Pologne se retournèrent à partir de ce moment-là contre elle seule. Elle ne fut pas écrasée, elle a fondu au cours de combats contre les forces supérieures en nombre de l’ennemi.

En août, Makhno partit à l’étranger en compagnie d’un petit groupe de partisans. A partir de 1925, il s’installa à Paris où il travailla comme peintre-décorateur dans un studio de cinéma.




Source: Partage-noir.fr