Février 26, 2021
Par Extinction Rebellion France
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Préambule

Ce texte a été rédigé par des rebelles d’Extinction Rebellion Lyon aux parcours professionnels et militants divers, toutes et tous porté·e·s par la même indignation concernant la question cruciale de l’utilisation des pesticides et insecticides dans l’agriculture.

Cet argumentaire est un travail sourcé, vulgarisant de nombreuses lectures, podcasts, témoignages, documentaires de scientifiques, journalistes, citoyen·ne·s et militant·e·s ayant travaillé d’arrachepied sur cette thématique. Ce travail se veut concis et compréhensible par toutes et tous : le sujet est trop important pour qu’il soit laissé aux mains et cerveaux de quelqu’un·e·s.

La réintroduction des néonicotinoïdes est catastrophique pour le Vivant et nos biens communs ; nous ne lâcherons rien aux personnes malveillantes, répondant de leur égo ou de leurs intérêts personnels.

Nous ne croyons pas détenir une vérité parfaite et sommes évidemment disposé·e·s aux critiques constructives. Si vous souhaitez nous faire part de vos remarques, vous pouvez nous envoyer un mail à [email protected]. Pour commenter librement, vous pouvez le faire sur nos réseaux sociaux trouvables sur cette page.

Le 19 mars, nous nous battrons pour le Vivant, rejoignez-nous !.
Avec Amour pour le Vivant et Rage contre le système qui le détruit.


Néonics – Le bad bzzz


Un massacre écologique et démocratique

Introduits dans les années 1990, les néonicotinoïdes sont pointés du doigt, par une large partie de la communauté scientifique, comme étant une cause déterminante du déclin mondial des abeilles domestiques, des pollinisateurs sauvages, des oiseaux mais aussi de l’écosystème des sols. Très controversés, ces insecticides sont principalement utilisés de manière préventive, en enrobage des semences, imprégnant la plante qui devient elle-même insecticide. Les néonicotinoïdes, interdits depuis 2018, ont récemment été réintroduits par nos élu.e.s, sous la pression des industries agrochimiques et de la filière betterave sucrière.

Le scandale d’un retournement de veste législatif

La loi pour la reconquête de la biodiversité du 08 août 2016 ( Loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (Source))
a été obtenue après plus de 20 années de luttes politiques supportées par plusieurs collectifs citoyens pour défendre l’environnement et la santé de tou.te.s. Elle comporte un article prévoyant l’interdiction générale et absolue de l’utilisation des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018 et définitivement au plus tard le 1er juillet 2020 ( Article 125 de la loi pour la reconquête de la biodiversité du 08/08/16 a inscrit l’article L.253-8 du code rural. )
. Emmanuel Macron, élu depuis 1 an, vante sur Twitter, le 1er septembre 2018, le fait que la France soit le premier pays européen à être allé aussi loin dans la lutte contre les pesticides. En effet, même si en avril 2018, l’UE avait décidé également d’interdire l’utilisation de trois substances ( Ces trois substances interdites sont: le clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride )
qui faisaient l’objet de restrictions depuis 2013. Aucun autre pays européen n’aura pris une décision si forte.

Cette victoire pour le Vivant est remise en cause en août 2020, soit un mois après l’échéance donnée par la loi pour la reconquête de la biodiversité. D’après les betteraviers, les cultures sont menacées par le virus de la jaunisse transmis par des pucerons. Selon eux, il n’existerait aucune alternative pour protéger les cultures de ce virus qui aurait entraîné une baisse de rendement de 30% ( Article du Monde (Source))
, mettant en danger la filière de la betterave sucrière et par effet domino la filière du sucre ( La betterave sucrière est utilisée pour la production de sucre et de sirop de betterave mais aussi pour l’alcool et l’éthanol-carburant. )
. Pourtant, selon l’Agreste, le service statistique ministériel de l’agriculture, la réalité est différente : en 2020, une baisse de 15,4 % sur un an est annoncée, et de 16,2 % par rapport à la moyenne entre 2015 et 2019 ( Le site du service statistique ministériel de l’agriculture (Source))
.

C’est dans ce contexte qu’un projet de loi ( Projet de loi déposé par le gouvernement, relatif aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire (Source))
, porté par Barbara Pompili -ministre de la Transition écologique-, a été déposé au parlement le 3 septembre 2020, examiné et adopté le 4 novembre par l’Assemblée Nationale, puis validé par le Conseil Constitutionnel à une voix près, pour une promulgation le 14 décembre 2020. Cette loi est passée en pleine polémique autour de « la sécurité globale » et dans le contexte de l’état d’urgence sanitaire. La dérogation à l’interdiction est actée jusqu’en juillet 2023, permettant à nouveau l’utilisation des néonicotinoïdes sur un demi-million d’hectares du sol français.

Pourtant le droit de l’environnement met en avant le principe de non-régression, selon lequel « la protection de l’environnement assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment ». ( Article L110-1 du code de l’environnement )
Alors que l’article L.253-8 du code rural et de la pêche maritime, dans son ancienne rédaction, énonçait une interdiction générale et absolue des substances actives de la famille des néonicotinoïdes et des semences traitées par ces substances, voilà que, subtilement, la liste des poisons interdits est fixée par décret et devient facilement modifiable par simple décision administrative.

Afin de permettre une transition juste, la loi de 2018 prévoyait déjà une dérogation de 2 ans par arrêté ministériel pour maintenir l’équilibre des relations commerciales du secteur agricole et alimentaire avec une alimentation saine, durable et accessible à toutes et tous. Le projet de loi prolonge désormais l’autorisation dérogatoire jusqu’au 1er juillet 2023, et ce, même pour les substances interdites en application du droit européen. ( Règlement Européen n° 1107/2009 du 21/10/09 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques )

Dans le projet de loi déposé par le Gouvernement, la dérogation temporaire à l’interdiction des néonicotinoïdes avait, initialement, une portée générale menaçant la disposition d’une censure par le Conseil Constitutionnel. Un amendement parlementaire est venu limiter la portée de cette régression législative au seul secteur de la betterave, permettant ainsi au Conseil Constitutionnel de valider les dispositions contestées bien qu’il juge que ces « produits ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux ainsi que des conséquences sur la qualité de l’eau et des sols et induisent des risques pour la santé humaine » ( Règlement Européen n° 1107/2009 du 21/10/09 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques )
.

La particularité du juge constitutionnel est qu’il juge uniquement la conformité de la loi par rapport aux normes constitutionnelles. De ce fait, l’avis factuel qu’il émet sur la toxicité de ces produits n’a pas d’incidence sur sa décision. C’est ainsi qu’il valide, le 10 décembre 2020, la réintroduction des néonicotinoïdes dans nos champs sous couvert d’intérêt général et d’une soi-disant atteinte « légitime » et limitée au droit de chacun·e de « vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » énoncé à l’article 1 de la Charte de l’Environnement, refusant par la même occasion de reconnaître la valeur constitutionnelle du principe de non-régression.

Le tour de passe-passe est fait. Et alors que la France faisait figure de modèle aux yeux de l’UE, voilà qu’elle devient de nouveau une vitrine pour les marchands de pesticides. La France devient le meilleur argument marketing pour vendre partout dans le monde : si même en France, il a fallu revenir sur l’interdiction, c’est bien la preuve qu’on ne peut se passer des néonicotinoïdes. La boite de Pandore est ouverte et aujourd’hui les céréalières et céréaliers demandent les mêmes dérogations.


La pression des lobbys surpuissants et sur-pervers de l’agrochimie

Mais qui influence ainsi le gouvernement et fait retourner sa veste à Barbara Pompili, qui avait elle-même portée la loi pour l’interdiction des néonicotinoïdes deux ans plus tôt ?

Les lobbys surpuissants de l’industrie agrochimique dépensent des centaines de milliers d’euros en frais de représentation (lobbying) auprès des instances politiques françaises, et les montants se comptent en millions lorsqu’il s’agit d’influencer les instances européennes (cf ci-dessous). À titre de comparaison, le budget alloué aux dépenses de représentation auprès de l’Union Européenne par Slow Food, une ONG internationale spécialisée dans la sensibilisation des citoyens et des politiques à l’éco-gastronomie, l’alter-consommation et l’alimentation durable, ne dépasse pas les 900 000 €, soit en moyenne 5 fois moins que les industriels du secteur.

Quelques exemples de frais de lobbying :
➡️ Bayer

(président branche française : Benoît Rabilloud)

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France en 2019 : entre 300 000 € et 400 000 € ( Fiche de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (Source))

  • Auprès de l’UE en 2019 : entre 4 250 000 € et 4 500 000 € ( Fiche du registre de transparence sur le site Europa.eu (Source))

➡️ BASF

(président branche française : Thierry Herning)

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France en 2019 : entre 300 000 € et 400 000 € ( (Source))

  • Auprès de l’UE en 2019 : entre 3 000 000 € et 3 250 000 € ( (Source))

➡️ Syngenta

(président branche française : Bruno Baranne)

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France en 2019 : entre 100 000 € et 200 000 € ( (Source))

  • Auprès de l’UE en 2019 : entre 1 500 000 € et 1 750 000 € ( (Source))

Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) qui regroupe 22 entreprises mettant sur le marché des produits phytopharmaceutique et dont le président actuel est Bruno Baranne (actuel président de Syngenta SAS France).

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France en 2019 : entre 200 000 € et 300 000 € ( (Source))
➡️ La filière de la betterave :

L’Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre (AIBS) représentée par Alain Carré. Cette association rassemble les professionnels de la filière betterave-sucre.

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France en 2019 : entre 50 000 € et 75 000 € ( (Source))

La Confédération Générale des Planteurs de Betterave (CGB) (Franck Sander)

Dépenses liées aux actions de représentation d’intérêts

  • En France, du 01/09/2019 au 31/08/2020 : entre 200 000 € et 300 000 € ( (Source))
➡️ La filière sucrière :

Le Syndicat National des Fabricants du Sucre (SNFS) (Christian Spiegeleer) qui regroupe Cristal union (Daddy), Saint-Louis Sucre, Lesaffre Frères, Ouvré fils.

  • En France en 2019 : entre 25 000 € et 50 000 € ( (Source))

Au niveau européen, divers syndicats et associations représentent les intérêts des producteurs, transformateurs et vendeurs de sucre, avec des budgets allant de 50 000 € à 200 000 € par an chacun.

Par exemple :

  • European Association of Sugar Traders (ASSUC), en 2019, entre 100 000 € et 200 000 € ( (Source))

  • Committee of the European Sugar Users, en 2019, entre 100 000 € et 200 000 € ( (Source))

  • Le Comité Européen des Fabricants de Sucre, en 2019, entre 50 000 € et 100 000 € ( (Source))

➡️ Les syndicats agricoles productivistes :

La Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) représentée par Christiane Lambert.

Les budgets de la FNSEA ne seront ici pas détaillés. Les dépenses de représentation sont présentées par département sur le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique. ( (Source))


Les néonicotinoïdes et la 6e extinction de masse

Les néonicotinoïdes keskecé ?

Ce sont une classe d’insecticides composés d’une dizaine de molécules chimiques ayant une biodégradabilité infime, c’est-à-dire qu’ils polluent les sols de manière durable. Aujourd’hui, les néonicotinoïdes sont reconnus responsables dans l’extinction massive des espèces vivantes et sont notamment connus du grand public pour leur responsabilité dans le déclin rapide et massif des abeilles.

Pour rappel, en France, 85 % des insectes ont disparu en 23 ans ainsi qu’un tiers des oiseaux en 15 ans ( Article du Monde consulté le 18 janvier 2021 (Source))
. En dehors de ces chiffres, la dissémination des invertébrés n’est pas comptabilisée par les médias qui ne rapportent que le déclin de la biomasse volante et des abeilles. Mais la réalité est autre et pire : les néonicotinoïdes anéantissent l’écosystème du sol (vers de terre, bactéries, virus, champignons etc), altération qui n’est pas quantifiable contrairement à la disparition des insectes ou des oiseaux.

Le lien entre les néonicotinoïdes et la 6e extinction de masse est évident : si les insectes pollinisateurs disparaissent, la sécurité alimentaire humaine ne peut plus être assurée puisque ce sont les insectes et la qualité du sol qui, avec le labeur de nos agriculteur·rice·s nous permettent de nous nourrir au quotidien. À titre d’exemple, nous savons qu’en Europe 84 % des cultures dépendent, au moins en partie, de la pollinisation animale ( .consulté le 18 janvier 2021 (Source))
. Si les insectes disparaissent, nous disparaîtrons avec eux, inéluctablement.

Comment agissent-ils ?

Les néonicotinoïdes sont vendus en « enrobage de semences ». Ces produits ne tuent pas la plupart des êtres vivants dès qu’ils sont à leur contact. La subtilité est dans l’exposition chronique à une dose non-létale. La mort est ainsi « indirecte » car ces produits sont neurotoxiques, ils agissent au niveau de l’orientation, de la mémoire, troublant ainsi des fonctions vitales et des comportements sociaux (comme pour les abeilles, le retour à la ruche). Ces molécules agissent aussi sur la reproduction et sur l’immunité des êtres vivants qui deviennent des proies très sensibles aux infections classiques.

L’immense majorité (80-98 %) des produits se retrouve dans les eaux et le sol ( Néonicotinoïdes. Non c’est non. Génération Écologie. consulté le 18 janvier 2021 (Source))
, dans lequel ils restent jusqu’à 20 ans selon les molécules. Ils imprègnent ainsi plusieurs générations de plantes et être vivants. De même, ils sont vendus sous l’appellation « à large spectre », ciblant ainsi l’ensemble des organismes vivants, en commençant par le début de l’échelle alimentaire, dont nous sommes à l’autre extrémité.

Enfin, ils sont systémiques, c’est-à-dire qu’ils circulent par la sève, dans tous les organes de la plante, donc des racines jusqu’au pollen : de ce fait la plante elle-même devient insecticide. En fait, ce sont nos paysages eux-mêmes qui deviennent à leur tour « insecticides », par la généralisation de l’utilisation des néonicotinoïdes.

Une extrême dangerosité :

Les néonicotinoïdes sont 7300 fois plus puissants que le DDT, un puissant insecticide reconnu comme fortement toxique et très stable dans l’environnement. Interdit il y a maintenant plus de 50 ans, il est encore retrouvé à l’heure actuelle en forte concentration dans les sols et les plans d’eau! Enfin, associés aux herbicides tels que le glyphosate ou aux fongicides, les néonicotinoïdes participent à un effet cumulatif « combo », décuplant le phénomène d’érosion des sols, et menant à la mort irrémédiable et définitive des sols, support de toutes agricultures.


Une économie criminelle

Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus vendus sur le marché. Ils sont vendus à prix d’or par les géants de l’agrochimie qui distribuent le poison et l’antidote. Pour exemple, « Bayer Crop Science » – anciennement Monsanto-, vend une graine hybride (génétiquement sélectionnée et stérile), enrobée de néonicotinoïde, et des intrants (fertilisants devenus indispensables pour faire pousser les graines dans des sols morts). Ce procédé rend dépendant·e·s les paysan·ne·s qui sont obligé·e·s de racheter chaque année les semences et les produits indispensables à leur croissance, alors que les semences ont toujours été fertiles par essence jusqu’à ce que l’agrochimie capitaliste se mette en tête de breveter la Nature.

Parallèlement, ce sont ces mêmes industries qui produisent les médicaments dédiés aux humain·e·s, dont la santé est largement détériorée par l’ingestion quotidienne de ces produits toxiques disséminés à présent partout ( Des pesticides sont présents dans la quasi-totalité des cours d’eau français.

En 2013, 92 % des points de surveillance font état de la présence d’au moins une de ces substances, avec, dans plus de la moitié des cas, au moins 10 molécules différentes retrouvées. Document consulté le 14 février 2021 </span> (Source))</span>
. Pour continuer avec l’exemple de Bayer, la branche « Bayer Consumer Health » de cette entreprise criminelle vend son expertise en cancérologie et fabrique de nombreux médicaments censés améliorer la santé de personnes atteintes de pathologies telles que les cancers ( Document consulté le 18 janvier 2021 (Source))
.

Ces puissances de l’agrochimie vendent ces graines en garantissant un rendement sans pareil, alors qu’il n’existe aucune étude indépendante démontrant les bénéfices à long terme de l’usage de ces graines et des produits vendus en complément.


La fabrique du doute

En revanche, environ 1 200 études qui incriminent les néonicotinoïdes ( Article du parisien onsulté le 14 février 2021 (Source))
ont été publiées. Dans son livre
Et le monde devint silencieux, Stéphane Foucart ( S. FOUCART, Et le monde devint silencieux : comment l’agrochimie a détruit les insectes, Seuil, 2019, 336 p. )
,
journaliste expert des questions environnementales, explique le mécanisme de “la fabrique du doute”. Malgré toutes les études prouvant l’extrême dangerosité de ces produits, les industriels continuent de financer largement la recherche et d’influencer les politiques par leurs actions de lobbying. Cela a pour but d’occulter la responsabilité de leurs molécules en la noyant aux milieux d’autres causes alternatives mineures à la catastrophe en cours. Ce mécanisme contribue à rendre floue la vérité et à semer le doute dans l’opinion publique et politique.

L’exemple typique est celui des abeilles. Les études demandées par ces industriels sont commandées dans le but de montrer que les populations d’abeilles déclinent du fait du varroa, un acarien, à l’origine de l’effondrement des colonies. Il a pourtant été déjà été prouvé que si les abeilles sont atteintes en si grand nombre par ce parasite, c’est surtout parce qu’elles sont immunodéprimées et profondément malades car affaiblies par les néonicotinoïdes !

Ces recherches additionnelles sont subventionnées par les mêmes groupes agrochimiques qui « lobbysent », trompent et corrompent les élu·e·s ; quand les preuves scientifiques, pourtant abondantes et attestant de l’extrême dangerosité de ces produits, sont déconsidérées du fait de ces études aux résultats commandités.

L’argument majeur de ces lobbys pour défendre la réintroduction des néonicotinoïdes s’appuie sur le fait que la betterave étant ramassée avant la floraison, les pollinisateurs n’y seraient pas attirés. Un mépris pour le Vivant, quand on sait que leurs produits restent présents dans les sols 20 ans après propagation, rendant insecticides les cultures suivantes, potentiellement mellifères.


La stratégie du choc

Théorisée par Naomi Klein, la stratégie du choc c’est le fait de profiter de la perte de repères et du choc émotionnel et social dans lequel est plongée une population pour imposer des mesures ultra-libérales, anti-démocratiques et antisociales dont les effets seraient aussi -voire plus- dévastateurs que la situation de crise elle-même ( N. KLEIN, La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme de désastre, Acte Sud, 2013, 848 pages )
.

En pleine crise du Covid-19, les industries du sucre et de l’agrochimie usent de cette stratégie du choc et contre-attaquent en menaçant d’une pénurie de sucre. Ils brandissent l’argument d’une pénurie de sucre via une perte de rendement certainement exagérée, comme exposé précédemment.

Les industriels utilisent, sans vergogne, la peur concernant une possible pénurie de gel hydroalcoolique (les betteraves et résidus de sucre servant à faire de l’alcool par distillation) ou une hausse de chômage chez les betteraviers français. Or malgré la concurrence et compétitivité des autres pays qui menaceraient nos emplois (et malgré notre forte consommation de gel en 2021), la France est encore aujourd’hui la première productrice européenne de sucre de betterave, et destine les deux tiers de sa production aux biocarburants. ( fao.org. En 2019 : 1er mondial : Russie 54 millions de tonnes, 1er européen : France 38 millions de tonnes, 3eme mondial : USA 25 millions de tonnes )
Nous sommes finalement loin d’être en manque, que ce soit dans notre café ou sur nos mains… démontrant la tromperie faite à l’opinion publique par la clameur de faux arguments.

Dans un contexte de réchauffement climatique, les hivers doux vont devenir la règle et non l’exception annoncée, et les néonicotinoïdes ont bien un effet sur la sécurité alimentaire du monde : celui de la mettre en grave danger !

Ces lobbys-industries laissent entendre que nous sommes au pied du mur et qu’il n’y a aucune autre alternative que la réintroduction de leurs produits… Avancer cet argument c’est mépriser le Vivant et la résilience de celui-ci. C’est nier des siècles de vie pendant lesquels l’Homme a vécu en harmonie avec la nature et non dans une position dominante à son égard. C’est nier les alternatives concrètes proposées et vécues par de nombreux·ses agriculteur·rices qui, depuis des années s’emploient à prouver par leurs expériences et résultats qu’un changement de mode de production agricole est non seulement possible mais surtout nécessaire, et source de grande satisfaction pour celles et ceux qui ont sauté le pas.


Quelles alternatives aux néonicotinoïdes ?

Depuis des décennies, des agriculteur·rices, des ingénieur·es agronomes, des scientifiques, des paysan·ne·s, des étudiant·e·s explorent de nouvelles formes d’agriculture et reviennent vers des techniques anciennes, plus respectueuse du Vivant, permettant autonomie et résilience alimentaire.

L’agroécologie et la permaculture sont des réponses concrètes à la recherche d’un modèle agricole écologiquement et éthiquement viable pour une société durable. La célèbre ferme du Bec Hellouin en Normandie est un exemple qui illustre parfaitement ce propos. Depuis 2011, des recherches scientifiques sont menées par l’INRA et AgroParisTech en partenariat avec les propriétaires de cette ferme. L’objet de ces études est de constater le rendement exceptionnel de ces 1,8 hectares cultivés selon les principes de la permaculture ( La ferme du bec, site consulté le 18 février 2021 (Source))
.

Parmi ces modèles, une multitude de pratiques existent, comme le fait d’appliquer des rotations longues sur les cultures au lieu d’utiliser les mêmes champs chaque année pour le même type de culture. Le virus de la jaunisse, en partie responsable de la diminution des rendements en culture betteravière, reste dans le sol d’une année sur l’autre en l’absence d’une période de froid. Laisser en jachère certaines parcelles, ou semer d’autres plantes qui résistent plus facilement à la jaunisse permet au virus de disparaître du sol, ne pouvant alors plus se propager dans la récolte suivante. Cela exige de ne plus privilégier un modèle agricole monoculturel, mais de renforcer la polyculture et les rotations culturales de longues durées.

Pour sortir de la monoculture, les parcelles doivent être subdivisées, favorisant par la même la primo-accession aux terres pour les jeunes paysan·ne·s en quête de foncier agricole pour démarrer leur activité. Des mesures pour favoriser la biodiversité et régénérer les écosystèmes doivent être mises en œuvre et facilitées : haies, bandes fleuries, bandes enherbées, plantation d’arbres (agroforesterie)… Bref, recréer dans ces champs sans Vie de plusieurs hectares… de la Vie justement, seule garante de récoltes saines et abondantes, et d’un espoir vers la résilience alimentaire ( Qu’est-ce que l’agro-écologie ? consulté le 18 février 2021 (Source))
.

Pour ce qui est de la protection des producteurs·rices de betteraves, des solutions ont été étudiées et fonctionnent, comme la création d’un fond commun entre producteur·rices, en Italie, qui lisse les revenus des agriculteurs·rices d’une année sur l’autre et réparti les risques à plusieurs selon leurs régions. Des alternatives sociales sont également à reconsidérer d’urgence. Les baisses de rendements étant éminemment régionales, un système d’assurance pourrait tout à fait compenser les pertes des agriculteur·rice.s les plus touché·e·s, en les mutualisant de façon nationale.

Les traités de libre échange et la dérégulation voulue des marchés ainsi que l’abolition des quotas de production, participent pleinement à la problématique. La production intensive à outrance, la mécanisation et la production de phytosanitaires, méprisant le travail des agriculteur·rices, et servant toujours plus le grand capital, ne peut effectivement se faire sans sacrifier la Nature, sans l’extinction du Vivant. Est-ce là le monde que nous voulons ?

À Extinction Rebellion nous avons fait notre choix : La Rebellion et l’Insoumission !

Nous sommes le système immunitaire de Gaïa qui se réveille.



Les sources :

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Source: Extinctionrebellion.fr