Août 31, 2016
Par BrĂšves du Desordre
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Incendie à Neder-Over-Heembeek : des preuves et des indices ont été calcinés

Le Soir, 30 août 2016, 8h01

L’ampleur des dégâts n’est pas encore déterminée précisément à l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), qui a été la cible d’un incendie volontaire.

L’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), qui a été la cible d’un incendie volontaire, a vu une partie de ses laboratoires détruits ou endommagés. Les bâtiments touchés sont principalement des laboratoires analysant les traces de poudre, les produits accélérateurs de feu, les fibres textiles et les microtraces biologiques. Ce dernier département, situé au premier étage, a été fortement endommagé par l’incendie, mais aussi par la fumée et l’eau des pompiers.

L’ampleur des dégâts n’est pas encore déterminée précisément. L’incendie aurait détruit des microtraces d’une dizaine de dossiers sur la centaine d’affaires traitées annuellement par le laboratoire scientifique.


Incendie à l’INCC : les 5 suspects libérés, le bâtiment n’était pas surveillé

Belga, 29 août 2016 15h00

L’institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), qui a subi un incendie criminel dans la nuit de dimanche à lundi, n’était pas surveillé. On apprend par ailleurs que les cinq suspects sont libérés.

Le bâtiment n’était pas surveillé par un garde de nuit ou par un concierge. Il n’était pas non plus gardé par la police ou l’armée. Le bâtiment, situé à Neder-Over-Heembeek, est cependant équipé de caméras de surveillance, a indiqué le directeur général de l’institution fédérale, Jan De Kinder.

L’incendie est survenu vers 2h30 à l’INCC après que plusieurs auteurs ont forcé l’entrée du terrain au moyen de leur véhicule et ont pu atteindre l’aile abritant les laboratoires, a indiqué le parquet de Bruxelles lundi.

Cinq suspects ont été interpellés dans les environs immédiats de l’INCC avant d’être librérés en début d’après-midi.

Dans cette aile se trouvent six des dix laboratoires de l’institut, selon Fabrice Gason, conseiller général de l’INCC. Il s’agit notamment des laboratoires analysant les traces de poudre, les produits accélérateurs de feu, les fibres textiles et les microtraces biologiques. Ce dernier département, situé au premier étage, a été fortement endommagé par l’incendie, mais aussi par la fumée et l’eau des pompiers.

Le laboratoire d’analyse des microtraces (cheveux, poils, fragments végétaux…) a joué un rôle important dans de nombreux dossiers judiciaires, notamment l’affaire Dutroux ainsi que l’assassinat de Stacy Lemmens et de Nathalie Mahy, en juin 2006 à Liège. Les milliers de cheveux retrouvés pendant l’enquête sur l’affaire Dutroux sont toujours conservés dans ce labo.

Les différents laboratoires sont visibles de l’extérieur, affirme M. Gason, mais les enquêteurs ne savent pas encore si les auteurs de l’incendie visaient spécifiquement le laboratoire de microtraces ou l’institut dans son ensemble.

L’ampleur des dégâts n’est pas encore déterminée précisément. Le risque est de voir disparaître des indices de certaines affaires en cours ou passées. Lorsqu’un échantillon est prélevé pour être analysé, il est possible d’en prélever d’autres si le premier est détruit. Mais dans le cas de microtraces, les poils ou fragments de végétaux sont souvent analysés en entier. Ils sont donc perdus s’ils sont endommagés, explique encore Fabrice Gason.

L’INCC ne sera à nouveau opérationnel que dans plusieurs semaines, selon lui.


Attaque à l’Institut national de criminologie : pourquoi là ?

Libre Belgique, lundi 29 août 2016 à 14h03

Obtenir beaucoup à partir de peu” : l’Institut national de criminologie (INCC) s’est donné cet objectif en guise de slogan. ” Sur base des fleurons de certains services de police européens, tels que Scotland Yard, Bundenskriminalamt ou Centrale Recherche Informatiedienst, il convient de développer une police scientifique dont les membres doivent en premier lieu être des scientifiques et non des policiers“, réclamait une commission d’enquête à partir de laquelle un arrêté royal a été rédigé en 1971. L’arrêté restera sans effet jusqu’aux tueries du Brabant, en 1985. L’Institut verra le jour en 1993 à la suite de premières embauches deux ans plus tôt.

Aujourd’hui, l’INCC est une institution scientifique fédérale qui relève directement du ministère de la Justice. Elle englobe plusieurs services : en Criminalistique, du côté de la Chaussée de Vilvorde, elle est chargée d’identifier des traces suspectes et de retracer des modus operandi sur des scènes de crime ; en Criminologie, à Botanique, des études sont menées sur le long terme, mêlant indices, chiffres et entretiens. Ces derniers temps, l’INCC a concentré une partie de ses recherches sur la délinquance. Elle englobe un large spectre d’expertises forensiques, autrement dit : destinées à résoudre des enquêtes judiciaires. Elle est aussi un vase communiquant en termes de transmission de données à l’international. Depuis 2013 et sous l’impulsion de la ministre Annemie Turtelboom, elle bénéficie d’une banque centralisée de données informatiques.

Ce sont donc nos “experts” nationaux qui ont été touchés. Si aucune information n’a été délivrée par le parquet fédéral sur les auteurs de l’attaque qui s’est produite dans la nuit de dimanche à lundi, il semble que la police soit ciblée. Les faits sont d’ores et déjà qualifiés de criminels. Il n’y a pas de blessés, mais les dégâts sont importants.


Incendie du centre de criminologie à Bruxelles : de nombreux dossiers détruits

TV5MONDE avec RTBF, 30.08.2016 à 11:21 (extrait)

La Belgique compte plusieurs laboratoires d’analyses scientifiques et ce n’est pas la première fois que ce genre d’institution est la cible d’une attaque. On y trouve en effet des traces compromettantes pour de nombreux malfrats. Des preuves que certains ont déjà tenté d’effacer. Ce fut le cas notamment plusieurs fois à Loverval.

C’était en 2001 à l’Institut de pathologie génétique de Loverval, section ADN judiciaire. Le feu a été volontairement allumé à différents endroits. L’enquête démontrera que le but était clairement de détruire des preuves. Grâce à l’intervention rapide des pompiers, le pire a été évité.

Mais l’année suivante, en 2002, l’Institut est à nouveau la cible de deux incendies criminels. Pour l’un d’entre-eux, des malfaiteurs avaient placé deux bonbonnes de gaz reliées à une grenade, le tout avait été enduit d’un liquide inflammable. Manifestement, les tests ADN dérangent. Car le parquet de Charleroi et les juges d’instruction faisaient régulièrement appel à l’institut dans le cadre d’enquêtes criminelles.

En 2003, ce sont deux hommes munis d’armes de guerre qui ont bouté le feu en déversant 2 bidons d’essence…. A nouveau dans le même labo d’analyses ADN de Loverval.




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