Pierre Cordelier, fidèle ami d’Alternative libertaire vient de nous quitter, à 78 ans, sans avoir pu connaître l’UCL.

Instituteur à l’école Vitruve dans les années soixante, il y rencontra celle qui partagea sa vie, jusqu’à son dernier souffle, sa « fiancée », et ne quitta les écoles du XXe arrondissement de Paris, qu’à regret, à la dernière limite, celle de l’âge.


Libertaire, humaniste, défenseur d’une éducation émancipatrice et respectueuse des enfants, il ne cessa de s’engager pour les défendre. Militant historique de l’École émancipée, syndiqué au SNI-PEGC, puis au SNUIpp, Pierre fut, dès 1982, un des moteurs du « Collectif des enseignants de Paris refusant l’inspection et la notation », un des 15 premiers grévistes qui créèrent en janvier 1987 la coordination des instituteurs contre le projet de maître-directeur, et enfin participa en 1996 à la création de SUD-Éducation.

Suite aux incendies criminels de 1988 dans le XXe, il prit part au campement de la place de la Réunion, aux luttes pour le logement à travers le collectif de la rue de la Mare et à l’action de Droit au logement.

En 1997, il se joint au Comité de l’école Tlemcen qui réalise un travail de mémoire sur les enfants juifs déportés, épluchant les registres scolaires du XXe pour en extraire plus d’un millier de noms qui seront gravés sur des plaques apposées sur une soixantaine d’établissements.

L’occupation de l’église Saint-Bernard en 1996 et son évacuation violente le poussa à s’investir, jusqu’à la fin de sa vie, aux côtés des sans-papiers et notamment dans le Réseau éducation sans frontières (RESF) dont il fut l’un des initiateurs en juin 2004.

Pierre, c’était aussi un bon vivant, membre de l’Association de l’épicerie fine, un naturiste, un photographe passionné, un ami des bêtes, un père et un grand-père bienveillant qui portait sur le monde un regard amusé, un personnage entre Freinet et Tati que ceux qui l’ont connu n’oublieront jamais.

Clotilde (UCL 93-centre)


Article publié le 10 Oct 2019 sur Unioncommunistelibertaire.org