Mai 3, 2019
Par La Rotative (Tours)
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Centrale nucléaire de Tchernobyl, samedi 26 avril 1986, 1h23mn44s. Explosion du réacteur n°4. Des aérosols et des gaz radioactifs sont projetés dans l’atmosphère et se répandent un peu partout en Europe et dans le monde. Comme tous les ans, les militant-es antinucléaires se rassemblent dans le monde entier pour ne pas oublier : arrêt immédiat du nucléaire !

« Tchernobyl, on voudrait l’oublier, car la conscience humaine a capitulé devant cette catastrophe. Tchernobyl est devenu le cataclysme de la conscience. Tout l’univers de nos valeurs et de nos représentations a explosé ».

Svetlana Alexievitch, La Supplication, 1998.

La catastrophe de Tchernobyl dure depuis 33 ans –

On n’oublie pas celles de Three Miles Island et de Fukushima

En France aussi, un accident est possible !

Une catastrophe sans fin…

Le bilan de la catastrophe est encore difficile à établir d’autant plus qu’elle n’est pas terminée. Il règne dans le domaine du nucléaire, qu’il soit militaire ou civil la plus grande opacité. Une grande partie des substances rejetées resteront radioactives pendant des siècles. Comme elles s’infiltrent progressivement dans le sol, celles-ci continueront à contaminer les produits agricoles pendant des décennies. Par ailleurs, les substances absorbées par les populations lors du passage du nuage ont démultiplié la fréquence de certaines maladies.

Loin d’être épargnées, les générations nées après 1986 sont de plus en plus touchées, attestant du caractère héréditaire et dégénératif de certaines pathologies. Les malformations cardiaques congénitales chez les enfants de la région de Minsk sont maintenant 10 à 20 fois supérieures à la normale Plus que jamais, il est urgent que soient publiées et diffusées largement les études sanitaires rendant compte des conséquences de cette catastrophe.

En France, une situation pré-accidentelle ?

À l’occasion de ce triste anniversaire, nous rappelons que la France n’est pas à l’abri d’un tel accident majeur aux conséquences dévastatrices (comme l’admet l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même). Entre vieillissement des installations, découvertes de milliers d’anomalies et maintenance défectueuse sur de très nombreux sites, un cocktail explosif se prépare.

Pendant ce temps, le gouvernement fait l’autruche et plébiscite des scénarios énergétiques qui laisseraient fonctionner de nombreux réacteurs pendant plus de 40, 50, voire 60 ans. Et que dire de la fuite en avant consistant à continuer de produire des déchets impossibles à gérer ? Plutôt que de tarir la production de ces déchets, pourquoi imposer aux populations de nouvelles poubelles radioactives à hauts risques ?

Pourquoi Cigéo (enfouissement des déchets à Bure), projet imposé aussi cher que dangereux ?

EDF SA envisage la construction d’une piscine d’entreposage à proximité de la centrale nucléaire de Belleville, pour accueillir le combustible MOX usagé. Située en zone inondable et au beau milieu du vignoble du Sancerrois, ce projet de nouvelle installation nucléaire constitue une aberration de plus.

En solidarité avec les victimes de Tchernobyl et pour alerter sur le risque nucléaire en France, faisons de ce triste anniversaire un temps de mobilisation pour exiger une sortie du nucléaire et une réelle transition énergétique ! Rassemblement le samedi 27 avril à 14h place Jean Jaurès.

Sortir du nucléaire Touraine

Collectif Notre-Dame-des-Landes/Bure Tours

Illustration : USFCRFC (CC BY-SA 2.0)




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