Juin 1, 2021
Par Paris Luttes
373 visites


Journées de travail aux cadences intenables, conditions de travail dégradées du fait de la sous-traitance (maltraitance, même !) de STN, salaires indignes, mutations de personnes en arrêt maladie, travail dissimulé… il y a de cela 22 mois les femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, propriété du groupe Accord, ont entamé un conflit dur, a base de négociation, de grèves, de piquets, d’occupations (souvent festives) d’hôtels du groupe.

Ce faisant, les « invisibles » des couloirs ont montré aux yeux de la clientèle des palaces les conditions d’emploi qu’elles contestent, et que les gérants des hôtels voudraient balayer sous les tapis cossus de leurs établissements nickels.

Dans la lignée de la grève victorieuse de 87 jours des employées du Park Hyatt Vendôme qui s’était soldée elle aussi par une victoire, les femmes de chambre de l’Ibis ont obtenu gain de cause. La sous-traitance dans le nettoyage, en particulier au sein des hôtels, est un fléau contre lequel beaucoup s’élèvent.

Doublement de la prime de repas, hausse de la tarification horaire, réduction de la cadence de nettoyage a deux ou trois chambres par heure au lieu des trois et demi par heure, une pointeuse pour ne pas travailler des heures sup’ non-rémunérées… malgré la mauvaise foi des patrons du groupe qui refusaient pendant longtemps de recevoir les femmes de chambre, beaucoup des revendications du collectif de lutte ont été arrachées.

Selon leurs mots, elles n’ont pas « lâché la cravate » de Bazin, PDG du groupe, jusqu’à ce qu’il plie !

Malgré cette grande victoire, emblématique pour tous.tes les exploité.e.s et notamment pour les femmes racisées, elles n’ont pas obtenu d’être intégrées directement au groupe Accor – ce qui reste le prochain objectif : « on continuera a négocier pour être internalisées ! », afin d’avoir les mêmes droits que les salarié.e.s du groupe Accor.




Source: Paris-luttes.info