FĂ©vrier 25, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Laurent Mignon veut donner un nouveau cap au naufrage de Natixis

S’il fallait trouver le « Titanic financier Â» qui symbolise toutes les dĂ©rives de la finance hexagonale, le choix serait vite fait : NATIXIS, la banque d’affaires constituĂ©e en 2006 par les Caisses d’Epargne et Banques Populaires pour « partir Ă  la conquĂȘte des nouveaux marchĂ©s porteurs Â». Agile, Mignon fait le grand Ă©cart. Exit les relais de croissance indispensables au Groupe que seule Natixis pouvait apporter, au profit d’un dĂ©veloppement au sein du Groupe BPCE, loin des marchĂ©s
 Banquier, comique troupier, voleur en col blanc ?

« Tant que t’as pas vendu, t’as pas perdu !!! Â»

Vendue aux client-es de ces 2 rĂ©seaux bancaires au prix de 19,55 € comme un « placement insubmersible Â», deux ans aprĂšs, l’action valait finalement moins d’1 €, et les client-es arnaquĂ©-es n’ont jamais rĂ©cupĂ©rĂ© leur capital.

En pleine crise sanitaire et Ă©conomique, BPCE annonce une OPA visant Ă  sortir de la cote et Ă  racheter Ă  ses client-es les actions au prix de 4 € piĂšce !!! Volte-face imposĂ©e aux salariĂ©-es, qui aprĂšs s’ĂȘtre largement mobilisĂ©-es pour vendre les actions, se retrouvent maintenant obligĂ©-es d’argumenter sur les supposĂ©es vertus de l’OPA. A quoi sert le code de conduite et d’éthique de BPCE qui vise Ă  « protĂ©ger les intĂ©rĂȘts du client et du sociĂ©taire Â» ?

Dans un document interne aux Caisses d’Epargne, la direction dĂ©veloppe des Ă©lĂ©ments de langage Ă  destination des commerciaux pour faire avaler la pilule aux client-es et les convaincre d’accepter l’OPA. Parmi les scripts que doivent servir les salariĂ©-es aux client-es, voici le plus savoureux : « Non, il ne s’agit pas d’une opĂ©ration de sauvetage mais bien d’une volontĂ© stratĂ©gique de simplification du Groupe. En dĂ©pit des crises successives subies en 14 ans d’existence, Natixis a su se moderniser, rĂ©viser son modĂšle, se concentrer sur des activitĂ©s non spĂ©culatives (
) au service (
) de leurs clients Â».

Qui peut encore croire que Natixis n’a pas Ă©tĂ© crĂ©Ă©e dans le but de spĂ©culer ?

De quelles activitĂ©s non spĂ©culatives parlent-ils ? Pourtant, l’histoire de Natixis est prĂ©cisĂ©ment celle de spĂ©culations qui ont Ă  peu prĂšs toutes finies dans le mur !

D’abord les subprimes en 2007-2008 qui ont coĂ»tĂ© 8 milliards d’euros. Puis les pertes de trading de 750 millions d’euros en une seule journĂ©e. Ou encore les pertes Ă©clairs de 260 millions d’euros sur les marchĂ©s asiatiques fin 2018. Puis Fidor, aprĂšs un achat Ă  150 millions en 2016, une dĂ©prĂ©ciation de 148 millions d’euros en 2019. Et comme bouquet final, l’explosion de sa pĂ©pite spĂ©culative H2O dans un terrible fracas financier. A chaque fois, les client-es et les salariĂ©-es ont payĂ© pour combler les pertes abyssales.

Pour BPCE, qu’est-ce qui justifie cette OPA sur Natixis ?

Tenez-vous bien Ă  la barre, ce qu’ils veulent aprĂšs ces 14 ans de fiascos spĂ©culatifs, c’est :

‱ « une accĂ©lĂ©ration de la dynamique de dĂ©veloppement Â»

‱ « pouvoir lever des capitaux en interne (comprendre : pomper les fonds propres des Caisses d’Epargne et Banques Populaires rĂ©gionales) pour financer des projets d’achats d’entreprises externes Â».

Une Offre Publique d’Arnaque Ă  800 millions d’euros !

C’est ce que vont devoir payer les Caisses d’épargne et Banques populaires, soit en moyenne 30 millions d’euros par entreprise avec des consĂ©quences graves sur les annĂ©es Ă  venir.

SUD-Solidaires dĂ©nonce depuis de longues annĂ©es les errements stratĂ©giques des dirigeants successifs. Dans cette nouvelle opĂ©ration, c’est encore la banque de dĂ©tail qui vient au secours de BPCE et sa filiale Natixis. De plus, les consĂ©quences pour les collĂšgues sont lourdes avec des fermetures d’agences qui vont s’accĂ©lĂ©rer, la poursuite des suppressions d’emplois, des salaires bloquĂ©s pour longtemps et des conditions de travail encore plus dĂ©gradĂ©es avec l’augmentation de la pression commerciale et la dĂ©fiance des client-es qui va retomber sur les salariĂ©-es !

Pour SUD-Solidaires, nous n’avons jamais voulu de la filiale Natixis. Toutes nos craintes exprimĂ©es lors de sa crĂ©ation se sont malheureusement avĂ©rĂ©es. Pas de changement de cap. Notre action syndicale reste et restera de dĂ©fendre les salariĂ©-es, nos conditions de travail et la pĂ©rennitĂ© de nos emplois.

Une autre banque est possible : une banque socialisĂ©e au service des client-es




Source: Solidaires.org