Nous nous sentons consterné.e.s et solidaires face au saccage de la fresque en l’hommage de Steve Maia Caniço intervenu dans la nuit du mardi 18 février. Consterné.e.s car cet acte, petit et lâche, constitue une énième preuve de la recrudescence d’une pensée politique violente et discriminante. Solidaires car ce saccage vient faire écho aux nombreuses dégradations qu’ont subit les Marches des Fiertés depuis plus d’un an sur Nantes. Comme pour notre bel arc-en-ciel qui a été maintes fois assombri, c’est une œuvre politique et publique qui a été attaquée pour ce qu’elle représente : la défense des personnes les plus vulnérables.

86860273_10158184397339756_3655519336472248320_n-medium

Que se passe-t-il ces derniers mois à Nantes ? Comme la fresque, les marches furent couvertes de goudron dilué avec un tag qui dénonçait la fantasmée et prétendue « dictature LGBT ». Comme la fresque, notre façade fut couverte d’une croix celtique, symbole d’une pensée qui va du nationalisme cocardier aux suprémacistes blancs. A cela, nous devons rajouter l’agression d’une militante ainsi que le saccage de B17, lieu d’autogestion politique et associatif, deux actes qui sont intervenus lors de rassemblements anti-PMA.

Les méthodes et les symboles à chaque fois sont les mêmes. Les idées qu’elles recouvrent menacent nos existences et attaquent nos dignités. Leur objectif est de rendre les rares espaces et les rares lieux que nous avons conquis invisibles et hostiles. C’est pourquoi quand nous apprenons qu’en plus du goudron et de la croix celtique, on retrouve sur la fresque saccagée un tag qui clame justice pour Mila, nous y voyons toute l’indécence des identitaires. Eux qui ont fait preuve du sexisme et de l’homophobie la plus crasse, ils instrumentalisent sans vergogne cette affaire pour servir leur argumentaire raciste. Honte à celles et ceux qui ne s’intéressent à nos causes que pour stigmatiser d’autres communautés.

Alors que font les pouvoirs publics ? Nous savons que les personnes de ces groupuscules sont clairement identifiées. Nous savons que l’attaque des symboles et des biens matériels souvent ne fait que précéder l’attaque des personnes. Nous interpellons la Préfecture, le Procureur ainsi que les services concernés de la ville : quand comptez-vous agir ? Quand nos plaintes déposées les unes à la suite des autres aboutiront-elles ? Nous nous tenons à votre disposition pour élaborer des solutions mais nous ne nous satisferons que des actes.

Nous appelons les différentes composantes de notre communauté LGBTQI+ à lutter contre ce danger identitaire qui nous guette. Nosig sera toujours le relai et le soutien de vos initiatives. Nous informons à ce titre qu’un rassemblement est prévu vendredi à 18h sous la grue jaune avec une invitation à ramener des roses et des bougies.


Article publié le 20 Fév 2020 sur Nantes.indymedia.org