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– Nantes compte à présent 134 caméras de surveillance qui quadrillent la ville

– La ville a créé un « Centre de Supervision Urbaine », autrement dit, un centre de flicage qui centralise toutes les images. Pour 3 millions d’euros.

– Ce centre coûte 800 000 euros annuels pour le fonctionnement. Le raccordement à la fibre a récemment coûté 190 000 euros. Pour surveiller les nantais et nantaises, l’argent ne manque pas !

– Une quinzaine d’agents y scrutent 24H sur 24 et 7 jours sur 7 les images filmées à Nantes, Saint-Herblain, Rezé et Vertou. Au total, près de 200 caméras peuvent être connectées.

– Des pratiques illégales : Nantes Métropole demande aux yeux derrière ces écrans d’adopter « un rôle actif ». C’est à dire de mener des « pré-enquêtes » sans contrôle judiciaire. « Quand ils ont émis des doutes sur la légalité de ces consignes à leur hiérarchie, on leur a répondu qu’il fallait obéir et isoler des images, que la réquisition finirait bien par arriver » écrit Médiacités.

– Une explosion des « signalements » et des enquêtes : 1400 « dossiers », c’est à dire des appel aux flics en 2018, 2 459 en 2019. 218 réquisitions judiciaires en 2018, 544 en 2019. Quasiment un doublement en un an. Parmi elles, de nombreux faits de manifs. Combien d’opposants politiques arrêtés à cause des mouchards de la mairie ?

– Et demain ? Toujours plus de flicage. Le PS veut installer encore plus de caméras. La droite veut en doubler le nombre. Quant à la candidate Macroniste, elle propose carrément d’installer des « drones de surveillance » dans le ciel nantais ! A gauche, chez les Verts et à « Nantes en Commun.e », pas plus de caméras, mais on réclame toujours plus de flics municipaux ! S’il y a bien un sujet qui fait l’unanimité chez les candidates, c’est l’obsession sécuritaire.

Bientôt, tout l’espace public nantais sera filmé en permanence, avec, demain, la possibilité de coupler ces images avec des technologies de reconnaissance faciale. Un anéantissement rapide et sans contrôle des libertés les plus fondamentales.

A celles et ceux qui justifieront ces sacrifices par « l’insécurité à Nantes », il faut dire que celle ci est :

– Largement dramatisée par les médias

– Que les caméras n’empêchent absolument par les agressions, le harcèlement, les mafias

– Qu’on peut tout à fait se sentir en « sécurité » dans une cage fermée : échanger une hypothétique sécurité par l’intégralité de ses libertés est une dystopie sans issue.

Ressources :

– À Nantes, la vidéosurveillance flirte avec les limites de la légalité : https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2020/02/10/toussurveilles-a-nantes-la-videosurveillance-flirte-avec-les-limites-de-la-legalite/

– Nantes sous surveillance : https://nantes.sous-surveillance.net/


Article publié le 13 Fév 2020 sur Nantes.indymedia.org