Février 22, 2021
Par Paris Luttes
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J’avais envie qu’on entende à nouveau, un peu de ce que certains d’entre nous ont pu, de près ou de loin, vivre, voir, subir… Cette manifestation qui a réuni plus de 20 000 personnes s’est déroulée dans un contexte particulièrement brutal. Les violences policières ont une fois de plus laissé derrières elles des séquelles immuables parmi celles et ceux qui luttent. Dans le lourd bilan des blessés, trois personnes ont perdu la vue d’un oeil, éborgnées par des tirs de flashball. J’avais envie de cracher ce venin, ma haine, tout simplement.



face à ses armes

Nantes, 22 février 2014 // Instrumentale : Oster Lapwass 68

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FACE A SES ARMES

Je n’ai pas, le beat de ton rap ni le flow de ton slam,

Mais j’ai, c’ texte à vous lire un venin à vomir.

Les tripes qui se retournent, l’estomac qui se rétracte,

La gueule à l’envers dans un monde de travers.

***

Trop de morceaux de textes qui s’éparpillent

De carnets en cahiers, bouts de papiers envolés,

Trop de mots jetés ! pour calmer une colère,

Pour éteindre ce feu que mes larmes ne tempèrent.

***

A trop… pleurer / cette putain d‘impuissance,

Vois / J’entame / le deuil / d’un long / silence.

J’ porte, le cri d’une violence la voix d’ses souffrances.

Écoutes ce bref épitaphe, comme des plaintes portées, procès intentés,

***

Mais pourquoi avoir attendu ? qu’à terre / il soit / rendu ?

Le visage abimé, à jamais aveuglé,

Pour que j’aiguise ma plume, pour que je change de cap

Elle crachE son encre et je lèvE les voiles.

***

C’est / d’une meute / anti / émeute, préparé, équipé et armé pour casser

Qu’l’un / dégaine, vite vise, tire et touche

Touché coulé, C’est sur Quentin qu’ils ont tiré.

Ca fait Clic clic boom !

***

Touché coulé, un jeu de cons… dés

Cons mais pas miro, putain d’état facho

On est dans sa ligne de mire, dans sa lunette de tir

Mais à qui fais tu croire que ces blessures sont bavures ?

***

Triste bilan sur système en place,

Qui protège son fric protégé par ses flics

Rien qu’du pain et des jeux pour le peuple,

Un adage qui perdure ; un état qui censure

***

Qu’il accepte ou se taise à jamais,

Ne touche pas à ses intérêts !

Premier commandement et dernière sommation

Vois / là, les limites de ta liberté d’expression

***

C’était ce 22 février, à Nantes, on était des milliers,

C’est donc sur chacun d’entre nous, que l’état a tiré.

Voilà quelques mots et rimes amers en soutien

A Quentin et aux autres blessés, mutilés ou trauma-tisés

***

Qu’ils prennent garde, leurs violences nous unissent

La colère gronde et le peuple résiste




Source: Paris-luttes.info