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AprĂšs un dĂ©part timide, peut-ĂȘtre du Ă  l’interdiction de manifester encore prononcĂ©e par le prĂ©fet, le cortĂšge gagne en puissance alors qu’il parvient Ă  emprunter la rue de Strasbourg. Les noms de Steve, d’Adama, d’Aboubakar et d’autres victimes de la police sont scandĂ©s au rythme des applaudissements. Quelques tags fleurissent, la mairie reçoit des coups, et le cortĂšge passe devant la prĂ©fecture. Situation inhabituelle : les forces de l’ordre sont presque absentes et ne tirent pas sur le cortĂšge comme c’est devenu la sinistre habitude depuis des annĂ©es Ă  Nantes. La manifestation prend alors la direction du commissariat, au cri de « pas de justice, pas de paix ! »

La BAC se met en travers de la route, pensant arrĂȘter le dĂ©filĂ©, avant de se replier sous les huĂ©es. La foule progresse le long de l’Erdre, semblant avoir agrĂ©gĂ© un peu plus plus de monde. Mais Ă  l’approche du commissariat central, c’est un barrage trĂšs important de forces de l’ordre qui stoppe le dĂ©filĂ©. Pendant de longues minutes, la foule rĂ©clame justice, demande de laisser passer le cortĂšge, et diffuse de la musique. Les CRS sont fĂ©briles, prĂȘts Ă  tirer. Finalement, ils retiennent leurs coups. L’ambiance est Ă©lectrique, mais la situation restera calme. Il apparaĂźt Ă©vident que, depuis une semaine, la police nantaise d’habitude extrĂȘmement violente, a reçu l’ordre de ne pas attiser l’incendie. Un signe de la peur qui s’empare du sommet de l’Etat ?

Le cortĂšge repart en sens inverse et retrouve mĂȘme une seconde Ă©nergie entre les averses, passant par les rues huppĂ©es et traversant les places du centre-ville, talonnĂ© tout de mĂȘme par un dispositif policier inquiĂ©tant. Les centaines de personnes restantes se dispersent sous la pluie aprĂšs avoir marchĂ© et chantĂ© pendant plus de deux heures.

Cette manifestation rĂ©ussie a eu lieu en mĂȘme temps que le rassemblement gigantesque organisĂ© Ă  Paris. La colĂšre contre les violences policiĂšres ne retombe pas, ni Ă  Nantes ni ailleurs, Ă  l’approche des tristes anniversaires de la mort de Steve le soir de la fĂȘte de la musique, et de celle d’Aboubacar tuĂ© par un CRS au dĂ©but de l’Ă©tĂ© 2018.

Le monde d’aprĂšs se construit dans la rue : rendez-vous mardi 16 juin avec les soignants, le lendemain pour agir pour la planĂšte, et surtout le 21 juin, soir de la fĂȘte de la musique, pour ne pas oublier !


Article publié le 15 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org