Mai 16, 2020
Par Squat.net
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Le vendredi 8 mai 2020, à Nairobi, des centaines de manifestant·e·s ont envahi les rues, incendiant des voitures et érigeant des barricades en mettant le feu à des pneus, notamment pour bloquer une des routes principales de la capitale. Pourquoi ? Parce que le gouvernement a commencé depuis lundi à procéder à l’expulsion d’un bidonville gigantesque, dans le quartier de Kariobangi, qui abrite plus de 7 000 personnes, en démolissant un bon nombre d’habitations et de boutiques autoconstruites (la veille, le marché Korogocho avait été fermé par le gouvernement à cause de son aspect « informel » et illégal, mettant dans la merde un paquet de gens, jusqu’à 100 000, qui dépendent de ce marché pour leur vie quotidienne).

La plupart des personnes expulsées depuis lundi, plusieurs milliers, dorment dans la rue, sous la pluie et dans l’isolement dû aux restrictions de mouvements liées à la pandémie de Covid-19.

Le gouvernement affirme que le territoire du bidonville lui appartient, et l’expulsion-démolition a eu lieu malgré une décision du tribunal qui avait statué quelques jours auparavant en faveur des habitant·e·s pour arrêter les démolitions… Et certain·e·s des habitant·e·s expulsé·e·s avaient en leur possession des permis d’habiter sur les lieux depuis 2008.

Mary Njeri, une habitante expulsée citée dans un article d’Associated Press, déclare: « C’est tellement inhumain que le gouvernement nous expulse de nos maisons dans une période pareille. Où devrions-nous aller ? Où vais-je avec mes enfants maintenant ? Je n’ai plus de maison et il y a un couvre-feu chaque nuit ».

Ce vendredi, la colère des habitant·e·s du bidonville a donc explosé. La police a fait usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et même de balles « réelles » pour disperser la foule (la presse ne parle que d’un blessé…). Les émeutier·e·s ont affronté la police, brisé et pillé des magasins et des voitures garées. Avec l’idée de contester avec force la politique de logement-expulsion de l’État, mais peut-être aussi de préserver une partie du bidonville, voire à le reconstruire dans les jours et semaines qui viennent…

[Sources: Secours rouge | Associated Press | VOA | OAN.]




Source: Fr.squat.net