Décembre 13, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Le premier enregistrement des Meufs est sorti en décembre 2019, l’occasion pour ce groupe 100 % féminin de faire un point d’étape après presque sept ans d’existence et de concerts de soutien aux divers luttes.

Les Meufs se sont lentement fait un petit nom sur la scène parisienne. Depuis 2013, elles écument les bars et concerts de soutien où elles balancent leurs chansons teintées de poésie gothico-anarchiste entre deux groupes punks tels leurs comparses de Bad Reputation ou autres Rock’N’Bones. Loin des décibels, c’est dans une veine de chansons réalistes que les Meufs ont choisi d’exprimer leur rage face à ce système qui broie les exploité·es. Ce premier opus de neuf titres, dont une reprise du classique La Ballata del anarchico Pinelli,
condensé de rage à faire pâlir n’importe quel groupe de streetpunk, frappe droit au but.

S’ouvrant sur le bucolique Chouette bocage, composé durant la lutte sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, les titres alternent les propos et compositions faussement légères avec des titres plus sombres. Le groupe, aujourd’hui en trio (accordéon, basse, clavier et percus à l’occasion), joue savamment des ambiances et des voix de ses deux chanteuses pour installer sans le laisser paraître un propos radical dézinguant tour à tour patrons, flics et maris violents (le faux naïf Oh ben zut  !) ou le système carcéral (l’aride Peine de mort).

Les Meufs chantent les vies violentes de celles et ceux qui ne sont pas né·es du côté de Neuilly ou Saint-Trop’, les décalé·es, les incarcéré·es, les divergent·es, celles et ceux qui n’ont pas d’autre alternative que la révolte encore et toujours (Violence et effroi ou le glaçant Divergence).

«  Vive la bière, mon amoureuse et l’anarchie  »

Les Meufs exposent leurs vies de femmes sans fard. Depuis longtemps pour elles les menstrues ne sont plus un sujet tabou et elles annoncent la couleur, «  nique son père le proc’ j’vais encore douiller  » et préviennent les mecs de ne pas s’essayer à l’humour (Les règles). Tandis que sur le musette Mon p’tit chéri, elles se foutent des plans romantiques à deux balles  : «  Montmartre et le Sacré-Couille oh bah merci  !  » Elles c’est le Paris de la Commune qui les branche. Autre pépite enfin, Le blues des bonnes femmes, hymne féministe qui se raille des injonctions contradictoires de la féminité, les comportements sexistes du quotidien et en appellent à l’émancipation de toutes «  avec n’importe quelle arme  », pourvu que ce soit elles qui l’aient choisie  !

Ayant fait le choix de cheminer en compagnie de Gaston Couté ou d’Anne Sylvrestre (qu’elles reprennent en concert), les Meufs n’en demeurent pas moins un groupe keupon dans l’âme. Leurs compositions peaufinées au fil des années ont atteint une maturité tout en dépouillement et ne laissent à l’écoute de ce skeud qu’un seul regret… neuf titres c’est trop court  ! Et on se reprend de crier avec Les Meufs, «  Vive la bière, mon amoureuse et l’anarchie  »  !

David (UCL Grand-Paris sud)

  • Les Meufs, Le Glissando du lapin mort, Eat Shit Records, décembre 2019.

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Source: Unioncommunistelibertaire.org