Février 15, 2021
Par Zone À Défendre
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MUSIQUE INTERDITE

Ce samedi 13 février, un appel national avait de nouveau été lancé par
les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade ( accusés d’avoir organisé la grosse teuf du 31 janvier près de Rennes) et par la
Coordination Nationale des Sons. Outre les pressions pour décourager les
déclarant.es, un déluge d’arrêtés préfectoraux s’est abattu sur la
mobilisation. Bien trop pour avoir les moyens de les contester. Une
quinzaine de manifestations ont été ainsi empêchées, dont celle de
Rennes bien évidemment. 3 préfectures, le Nord, la Marne et les
Pyrénées-Orientales, ont même interdit au passage tout type de musique
amplifiée dans la rue pendant sur plusieurs semaines.

2 arrêtés ont pu être contestés. Celui de Rennes n’a pas pu passer les
filtres du tribunal en raison d’un trop grand nombre de manifestations
ce jour-là. Il n’y a donc pas eu de jugement. En revanche, à
Montpellier, comme à Dijon 15 jours plus tôt, le dossier a été jugé et
le tribunal a donné raison aux manifestant.es.

Une bonne vingtaine de comités locaux ont réussis malgré tout à
organiser des manifestations dans leurs villes. Toutefois, seules une
douzaine de préfectures en France, dont Nantes, Lyon ou Bordeaux, n’ont
pas, ou peu, opposé de restrictions aux droits des manifestant.es. Dans
ces villes, les cortèges furent remarquables et remarqués, exultant de
joie dans des décibels de colère. Dans les dix autres villes, les
préfectures ont choisies de limiter drastiquement les possibilités
d’expression en les réduisant peu ou prou au silence.

À Toulouse les chars ont défilé avec leurs sonos sans musique avant
d’incendier une partie de leur matériel désormais sans avenir (photo
ci-jointe).

À Paris, le Préfet avait interdit un volume sonore de plus de 81
décibels, soit la voix d’un adulte parlant doucement. Des colonnes
d’enceintes avaient également été installées symboliquement mais malgré
cela, la préfecture a encerclé la place et harcelait les manifestant.es
en les empêchant de se regrouper. Les discours ont été systématiquement
interrompus, des amendes distribuées, des gens frappés et embarqués.
Pour rappel la manifestation était déclarée et dûment autorisée. Voir le
communiqué joint en fin.

En conséquence, nous appelons à l’organisation de manifestations, le 6
mars dans les quelques villes où nos droits sont encore respectés, en
revendiquant :

- la fin des poursuites contre les participant.es à la Maskarade,

- la restitution des saisies de matériel,

- que soient désignés publiquement les responsables de la mort de Steve,

- le droit à une vie sociale et culturelle,

- la fin des politiques sécuritaires.

Dans les autres départements, où nos droits sont bafoués par les
représentants de l’État, nous n’accepteront plus d’être méprisés de la
sorte. Par la force des choses, nous appelons à des actions de
désobéissance festive. Sous quelque forme que ce soit mais dans le
respect des gestes barrières. Pour que la musique résonne dans nos
villes, pour que la danse fasse revivre nos corps et pour que
refleurissent les sourires au coin des lèvres.

Les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade
La Coordination Nationale des Sons


Communiqué du Collectif des Sound Systems IDF :

DÉMONSTRATION DE FORCE DE LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS

Après un arrêté liberticide limitant le niveau sonore à 81décibels (un
cri humain est à 95dB), la préfecture de police de Didier Lallement a
encore une fois aujourd’hui montrée sa volonté d’invisibiliser toute
contestation.
Le rassemblement à très vite été encerclé et les manifestatant.es
découragées d’approcher. Une nuée de CRS et de BRAV parcourait la foule
pour verbaliser les personnes dont le masque n’était pas parfaitement
mis ou qui se trouvaient à moins d’un mètre de leurs amis. Allant même
jusqu’à extraire des dizaines de personnes à la fois, sans oublier de
les violenter à coups de matraques ou de pieds. Des couples ont même été
séparés parce qu’ils s’embrassaient !
La forces de l’ordre ont ainsi procédées par vagues de 10 minutes
d’intervalle, en interrompant systématiquement les discours sur scène.
Cette mascarade était un prétexte pour la préfecture afin de nous
censurer et de nous empêcher d’exprimer nos revendications ! La place de
la Nation était encerclée par un dispositif effarant et les pressions
policières ont empêché cette manifestation de se tenir comme elle le
devait !
Nous tirerons les conséquences de cette répression écrasante. Les actes
ont des conséquences. Puisque nous ne pouvons nous faire entendre
légalement dans la rue, la résistance festive continuera de porter haut
et forts ses revendications par tous les moyens nécessaires !
Nous ne nous laisserons pas censurer par un état qui prend des mesures
liberticides et qui montre encore une fois une réelle volonté d’empêcher
toute alternative sociale et culturelle !

Le Collectif des Sound Systems IDF
facebook.com/collectifdessoundsystemsIDF




Source: Zad.nadir.org