Octobre 30, 2021
Par Paris Luttes
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Lundi, une dizaine de piquets de grève rassemblaient les près de 300 travailleurs en grève [1]. Deux ont été expulsés par les forces de l’ordre dans le Val de Marne (à Rungis et Maison-Alfort). Sur plusieurs piquets, des protocoles de fins de conflit ont été signés avec les patrons qui s’engagent à fournir les documents nécessaires (CERFA) et l’embauche (Manpower, Paris 12e ; Man BTP ; Paris 10e, Targett ; Paris 5e ; Planett Interim, Villepinte ; GLS, Fleury-Mérogis, Café Marly Louvre, Paris 1er).

Ce vendredi deux piquets sont encore tenus, et tout soutien est bienvenue :

  • Monoprix Belleville : 133 rue de Belleville 75019 Paris, tous les jours à partir de 9h30
  • Sepur : face à l’Hôtel de Ville de Bobigny

Une occupation de l’agence d’intérim RSI (Paris 10e) par le Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry avait eu lieu quelques jours auparavant.

Un article sur la grève au Monoprix Belleville et l’enchevêtrement des sociétés qui sous-traitent les livraisons :

Près de 200 travailleurs sans papiers entament un mouvement de grève contre les nouveaux exploiteurs de l’externalisation sur Paris Lights Up.

Tract de l’union régional CGT :

Travailleuses et travailleurs sans papiers. Face aux fantasmes sur l’immigration, la CGT réaffirme le principe de réalité, d’égalité et d’unité du salariat !

Nous, travailleuses, travailleurs sans-papiers, livreurs Stuart des Monoprix parisiens, plongeurs du Café Marly (Paris, Musée du Louvre), éboueurs de SEPUR (Île-de-France), intérimaires ouviers du bâtiment et des travaux publics, manutentionnaires, jardiniers, éboueurs, ouvriers du routage, des entreprises Adequat, Créneau-Man BTP, Job Center, Manpower, Planett lnterim, Proman, Start People, Targett pour les grands groupes du BTP (Eiffage, Bouygues, GCC, Vinci…), de la logistique (GLS, Chronopost, Fedex, TNT…), de la propreté et traitement des déchets (Nicolin, Suez, Véolia), de la presse (France Routage) avons décidé depuis plusieurs mois de nous organiser à la CGT et d’exercer aujourd’hui notre droit de grève pour gagner notre régularisation et nos droits : nous refusons de continuer à être surexploités !

Parce que nous sommes des travailleurs sans papiers, nous subissons de multiples discriminations dans nos entreprises. Nos conditions de travail sont très souvent dégradées ; on nous impose les contrats les plus précaires (intérim, extras, auto-entreprenariat). Nous sommes pourtant des travailleurs de France et la majorité d’entre nous, avec nos collègues, avons été en première ligne au plus fort de la pandémie. Nous cotisons et contribuons comme vous au système de solidarité nationale de sécurité sociale.

Nous faisons partie intégrante de la classe ouvrière de ce pays et nous ne devons ni être ignorés ni méprisés. Nous créons des richesses et du développement comme nos collègues. Nous sommes déterminés à nous battre pour notre dignité, nos droits et l’égalité de traitement « À travail égal, salaire égal ». Notre combat, c’est le vôtre, c’est celui de tous les travailleurs, pour de meilleures conditions de travail !

Nous régulariser, c’est augmenter les salaires, se battre contre le travail dissimulé, contre la précarisation de chacun c’est tirer les conditions de travail de tout le monde vers le haut !

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des difficultés préfectorales mais aussi à un arbitraire patronal. C’est à notre employeur de décider s’il soutiendra ou pas notre demande de régularisation. Quel intérêt aurait un employeur qui nous surexploite d’accompagner cette de-mande ? Aucun !

La CGT revendique la régularisation automatique des travailleurs sur la simple preuve de la relation de travail. La CGT revendique plus de moyens humains dans les Préfectures pour que chaque usager puisse être reçu dignement.

Unissons-nous !

Nous formons une seule communauté de travail et nos intérêts sont communs !

Cagnotte de soutien en ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/ln6ge8d1




Source: Paris-luttes.info