Septembre 26, 2022
Par ACRIMED
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Depuis une semaine, les journalistes de France Bleu pouvaient voter une motion de défiance contre la direction de l’information du réseau France Bleu. Résultat ce lundi 26 septembre : motion adoptée, avec 85% des suffrages exprimés (et un taux de participation de 46%). Nous relayons le texte publié par les syndicats le 16 septembre. (Acrimed)

Motion du SNJ et du SNJ-CGT de Radio France

Le rapport Isast et l’audit de Columbus ont permis d’objectiver le mal-être que nous vivons et qui s’amplifie depuis des années. Le problème est profond. C’est celui d’une réelle perte de confiance des équipes de France Bleu dans le projet qu’on leur impose, c’est celui d’une perte de sens qui nous interroge collectivement et individuellement sur notre avenir.

Nous ne comprenons plus la stratégie éditoriale de France Bleu qui repose sur :

des journées spéciales à répétition décidées à Paris et imposées uniformément à toutes les rédactions, même quand le sujet est très éloigné des préoccupations locales du moment. Les journalistes de France Bleu et leurs cadres sont tout à fait capables de repérer les temps forts de l’actualité et de créer des événements autour des infos qui le méritent.

des chroniques imposées que la plupart des rédactions trainent comme des boulets. La chronique éco est le symbole de ces décisions verticales, dépassées et jamais réinterrogées au regard de leur pertinence en fonction des territoires et des moyens.

une course au numérique – sans moyens humains et avec une pression constante sur les plus précaires – qui fait des chiffres une priorité et du volume l’unique cap. Il n’y a aucune réflexion sur le contenu et les exigences d’une info de service public. Les statistiques ne sont pas une ligne éditoriale ; la fusion non plus. Malgré les avertissements, la transformation de l’appli France Bleu en “Ici” n’a fait l’objet d’aucun pilotage éditorial et à ce jour doublons et informations contradictoires se multiplient encore. Cet amateurisme sape la crédibilité du travail des rédactions.

une gestion défaillante des moyens, notamment de remplacement. En cette rentrée, comme durant l’été, la direction de l’info est incapable de mobiliser les moyens nécessaires au maintien des grilles. Faute de remplacements, certaines stations sont ainsi contraintes de supprimer des journaux. La disparition des actualités locales en fin de journée fragilise la raison d’être de nos rédactions et du réseau tout entier. C’est une ligne rouge qui est franchie.

Quand l’équipage ne peut plus suivre le capitaine, quand il n’a plus confiance dans ceux qui tiennent la barre, c’est qu’il est temps de changer. Des journalistes de France Bleu, pourtant viscéralement attachés au service public de la radio, quittent leur rédaction écœurés, lessivés parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette ligne éditoriale. Va-t-on laisser l’équipage tout en entier se noyer ?

Cette crise de confiance est largement amplifiée par la brutalité du management de cette direction de l’info. Non seulement la remise en cause lui est inconnue mais elle pratique la mise au pas, la menace et la violence verbale. Les candidats au poste de rédacteur ou rédactrice en chef ne se bousculent pas, cela devrait interroger la direction de l’entreprise.

Les syndicats SNJ-CGT et SNJ invitent donc l’ensemble des journalistes en CDI de France Bleu (rédactrices et rédacteurs en chef compris) à participer au vote de cette motion de défiance contre la Direction de l’information du réseau.

Paris, le 16 septembre 2022.

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Source: Acrimed.org