Septembre 1, 2021
Par Paris Luttes
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Notre compagnon Boris, incarcéré à la taule de Nancy-Maxéville depuis septembre 2020 pour l’incendie de deux antennes-relais dans le Jura pendant le premier confinement, est actuellement plongé en coma artificiel au service des grands brûlés de l’hôpital de Metz suite à un incendie de cellule le 7 août dernier.

Que la prison soit un système de torture institutionnalisée, et que l’État – de la police à la justice jusqu’à la taule –, est directement responsable de cette situation ne fait aucun doute. Un incendie de cellule est toujours une conséquence de sa violence, qu’il soit accidentel, un moment de désespoir, ou un acte de révolte. Si toutes les cages qui nous enferment doivent être définitivement rasées au sol, c’est à la fois parce qu’elles sont le reflet d’une société carcérale, et parce qu’aucun horizon de liberté ne pourra s’ouvrir tant qu’une seule d’entre elles restera debout. Ainsi, des architectes qui les conçoivent aux entreprises qui les bâtissent (comme Bouygues, Vinci et Eiffage) ou qui exploitent les prisonniers à l’intérieur ; des syndicats de matons (comme FO, l’UNSA ou la CGT) aux journalistes et intellectuels de tous bords qui en défendent et justifient l’existence ; des démocrates qui veulent perfectionner davantage leur fonctionnement au prétexte de les rendre plus « humaines » jusqu’aux belles âmes qui poussent vers un enfermement et un contrôle toujours plus diffus hors des murs… tous participent à renforcer cet ordre mortifère basé sur le profit, la domestication et la normalisation.

En juin dernier, dans une lettre écrite depuis la prison de Nancy suite à sa condamnation à quatre ans de prison dont deux avec sursis plus une centaine de milliers de dommages et intérêts destinés à Orange, Enedis et l’État lui-même (pour la partie émetteurs de la gendarmerie et de la police partis en fumée), Boris tenait notamment à rappeler un autre aspect de la société du contrôle et de l’enfermement : la marché forcée vers un techno-totalitarisme dystopique « nous isolant derrière des machines, avec des écrans nous rendant aveugles, des oeillères nous rendant sourds face à l’atrocité de ce monde, qui exploite, empoisonne et tue les êtres vivants, humains comme non-humains ». Et en effet, dans cette grande prison à ciel ouvert bardée de laisses électroniques où la connectivité permanente accompagne la restructuration capitaliste et étatique, il est clair que le regard des ennemis de l’autorité ne peut manquer de se tourner vers des infrastructures comme les antennes-relais et les trappes de fibre optique qui pullulent un peu partout. Tout comme il peut aussi s’intéresser de près aux fournisseurs et installateurs de câbles, pylônes et réseaux, comme les différents Axione (Bouygues), Axians (Vinci), Circet, Constructel, Dorsalys (Eiffage), Nexans, SNEF, Sogetrel ou Scopelec, qui ont d’ailleurs déjà reçu plusieurs visites chaleureuses ces derniers mois.

A présent que notre ami et compagnon se trouve dans une situation des plus critiques, retrouvons-nous vendredi 3 septembre à 18h au squat Le Marbré pour échanger sur cette situation et réfléchir à comment continuer de lutter contre ce monde de données, de barbelés, et d’autorité.

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Source: Paris-luttes.info