Ce dimanche 19 janvier, une centaine de personnes se sont réunies à Montpellier pour protester contre la Manif Pour Tous. Des contre-manifestations se sont aussi déroulées à Paris et Toulouse.

De nombreuses personnes LGBTI gardent un souvenir très douloureux de l’époque où le projet de loi du mariage pour tous était discuté, lorsque la Manif Pour Tous a été créée en 2012. Ce regroupement de 37 associations aujourd’hui structuré en parti politique a été très actif et a su bénéficier d’une tribune médiatique alors même qu’il s’agit d’une infime minorité haineuse.

Comme l’explique le communiqué du Groupe Action Trans 34 à l’appel du rassemblement, « elle [la manif pour tous] revient aujourd’hui pour nous empêcher de fonder une famille grâce à la PMA et à l’adoption ». Le collectif réactionnaire, communiquant désormais sous le nom de « Marchons Enfants » s’oppose en effet à la loi de bioéthique dont le premier acte a été adoptée avec l’ouverture de la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour les couples de femmes et les femmes célibataires le 27 septembre 2019 (les personnes trans et intersexe sont toujours exclues après cette loi). Ils demandent le retrait de cette loi et protestent face à la suite des discussions sur la bioéthique qui vont avoir lieu au Sénat à partir de ce mardi 21 janvier.

Dans leur communiqué, les organisateurs dénoncent LMPT comme faisant appel à la « liberté d’agresser » les personnes LGBTI. Si la présence de l’organisation homophobe à Montpellier se résume à quelques affiches et stickers régulièrement collés – et aussi vites arrachés – le mouvement tente de se re-former à l’échelle nationale. Les organisateurs du contre-rassemblement ont ainsi à cœur de ne laisser passer aucun signe de leur existence.

La centaine de personnes présentes, après un discours devant la Préfecture a formé un cortège qui a déambulé dans le centre-ville, en passant par la Comédie et la gare avant de se disperser au Peryou.

Le calendrier de mobilisation de LMPT se fixe sur des dates historiques pour le féminisme et la communauté LGBT. C’est le cas du 17 janvier 1975 qui est le jour où la loi Simone Veil a rendu légal l’avortement. Ils prévoient de nouvelles manifestations le 8 mars (journée internationale pour les droits des femmes) et le 17 mai (journée internationale de lutte contre l’homophobie). Des nouvelles contre-mobilisations seront donc prévues.


Article publié le 20 Jan 2020 sur Lepoing.net