Ce vendredi 10 juillet, à Montpellier comme dans de nombreuses villes de France, des collectifs féministes ont organisé un rassemblement en réaction à l’annonce du nouveau gouvernement parmi lequel figurent, entre autres, Gérald Darmanin et Eric Dupont-Moretti.

Ce sont plus de 250 personnes qui ont répondu présentes à l’appel d’un ensemble de collectifs (Collages féministes Montpellier, Nous toutes 34, Pride de Nuit, Freaks-tion, Support your local girl gang, Personae of color…).
Le rassemblement s’est ouvert par un discours des organisatrices qui ont rappelé le procès en cours de Gérald Darmanin pour viol, harcèlement sexuel et abus de faiblesse ainsi que ses positions homophobes de soutien à La Manif Pour Tous et les déclarations anti-féministes d’Eric Dupont-Moretti en opposition au mouvement #Metoo et en défense de nombreux agresseurs sexistes. Elles ont dénoncé la violence de ces nominations : « l’Etat Français montre une nouvelle fois que le bien-être, la sécurité des femmes et/ou personnes LGBTQIA+ n’est pas une priorité. »

Alors que ces dernières années ont été marquée par une libération de la parole au sujet des viols, agressions et harcèlement sexuels avec le mouvement #metoo et sa continuité ainsi que par des mobilisations massives contre les féminicides et les violences sexistes, le choix a été fait de nommer des personnes ouvertement opposées à la cause féministe à des rôles clef du gouvernement.
Alors qu’on estime que seulement 10% des victimes de viol portent plainte et 73% de ces plaintes sont classées sans suites,

une des intervenantes demande : « Quel message renvoie le gouvernement français aux femmes hésitant à porter plainte pour viol ? ».
L’argument de la présomption d’innocence mis en avant par Jean Castex apparait comme une insulte au regard de la réalité des condamnations et du poids symbolique de la nomination d’un homme sur qui porte de graves accusations comme « premier policier de France ».

Le rassemblement s’est poursuit par enchaînement d’une multitude de témoignages. Le micro ayant été laissé libre à toutes prises de paroles, des dizaines de femmes sont venues partager leur vécu de victime, survivante, témoin de viols et autres types d’agressions sexistes.

Parmi toutes ces interventions, les sentiments d’injustice, de confiscation de la parole, de délégitimation sont revenus quasi systématiquement. Ce moment de parole libre a permis à de nombreuses personnes « qui n’avaient jamais parler devant autant de monde » ; « qui n’avaient jamais raconté ça » de s’ouvrir devant un public bienveillant qui met en avant la parole des victimes et souhaite retourner la honte envers les agresseurs.
Des revendications se sont aussi dessinées au travers des prises de parole : destitution du nouveau gouvernement ; justice pour toutes ; fin de l’impunité dont bénéficient les hommes de pouvoir, révolution féministe !


Article publié le 11 Juil 2020 sur Lepoing.net