Au Languedoc, des identitaires bêtes et méchants

La Ligue du Midi, groupuscule d’extrême-droite identitaire implanté à Saint-Julien-de-la-Nef, dans les Cévennes, organise un rassemblement, déclaré en préfecture, le 11 novembre à Montpellier. Leurs revendications ? En finir avec l’insécurité, l’islamisme, les « coups de couteaux », les « armes automatiques », les « atteintes aux biens » et les « incivilités » qui gangrèneraient le Languedoc.* Ils savent de quoi ils parlent : Martial Roudier, militant actif de la Ligue, a été incarcéré pour avoir poignardé dans le dos un adolescent antifasciste, et son frère Olivier Roudier, porte-parole, est un champion de l’agression : saluts nazis lors d’une fête publique à Saint-Nazaire-de-Pézan, tabassage d’habitants de Sumène, déambulation avec une arme dans ce village, coups de chaine contre des militants LGBT, saccage d’une association d’aide aux enfants migrants, etc (source : cette enquête du Poing). S’ils souhaitaient réellement lutter contre l’insécurité, les identitaires commenceraient donc par s’autoflageller.

Ces militants d’extrême-droite revendiquent aussi l’arrêt des « émeutes ». À Montpellier comme ailleurs, les gilets jaunes se battent pour leurs convictions, n’hésitant pas à résister aux assauts policiers et à briser quelques vitrines de banques pour se faire entendre. Ils en payent le prix fort, à tel point qu’une revue scientifique britannique a récemment pointé du doigt l’augmentation considérable des blessures oculaires causées par les tirs de LBD. Mais cela ne semble visiblement pas suffisant aux yeux de ces identitaires.

L’Action française annonce aussi
sa participation au rassemblement d’extrême-droite pour promouvoir le retour de
la monarchie française. L’objectif prête à rire, mais cette vieille association
est parvenue à recruter quelques jeunes récemment sur Montpellier, dont deux
étudiants de la faculté Paul-Valéry, qui se sont fait remonter les bretelles il
y a peu après avoir volé un drapeau syndical, finalement rendu.

Terrorisme

Au-delà du folklore local, les violences d’extrême-droite sont une réalité internationale. Une centaine de personnes ont été tuées en Europe par des nationalistes, néonazis, identitaires ou catholiques intégristes ces dix dernières années. Au niveau mondial, l’année 2019 a déjà été marquée par neuf attentats d’extrême-droite : un en Nouvelle-Zélande (50 morts), trois aux États-Unis (28 morts)**, deux en Allemagne (3 morts)***, un en Angleterre (1 mort), un en Norvège (1 mort) et un en France, le 28 octobre dernier, à l’initiative d’un ancien candidat du Rassemblement national, qui a tenté d’incendier la mosquée de Bayonne avant de tirer sur des musulmans.

« Racisme d’État »

Face à ce constat, des partis, des syndicats et des associations classés à gauche ont lancé cet appel à mobilisation : « Alors que le terrorisme d’extrême-droite répand sa haine et sème morts et blessés à travers le monde, […] les médias ne cessent d’inviter des apôtres haineux du racisme pour y diffuser en toute quiétude leur message immonde. […] L’insécurité que nous dénonçons, c’est celle subie par les personnes qui, de par leur couleur de peau ou leur religion réelle ou supposée, sont victimes chaque jour d’actes et de discours racistes, y compris de la part de nos dirigeants politiques encourageant le racisme d’État. L’insécurité que nous dénonçons, c’est celle subie par les victimes d’actes et de discours sexistes, homophobes, transphobes et intersexophobes.L’insécurité que nous dénonçons, c’est celle que nous subissons toutes et tous au quotidien, celle de la précarité économique, de la pauvreté et du manque d’accès aux services publics. […] Fascistes hors de nos villes ! Rendez-vous à Montpellier, place des Martyrs de la Résistance, devant la préfecture, lundi 11 novembre à 14h. »

Sources :
* Ces revendications ont été écrites sur des affiches collées à Montpellier.
** Cet article, celui-ci et celui-là.
***Cet article et celui-ci.


Article publié le 08 Nov 2019 sur Lepoing.net