Octobre 6, 2022
Par Le Poing
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Rassemblement des professionnelles de la petite enfance devant l’Hôtel de Ville de Montpellier ce jeudi 6 octobre.

Comme partout en France, les professionnelles de la petite enfance de Montpellier sont en grève ce jeudi 6 octobre. De nombreux établissements de la ville sont impactés par le mouvement, et un rassemblement a eu lieu devant l’Hôtel de Ville dans la mâtinée.

Le mouvement, national, est appuyé sur les préavis de grève déposés par la CGT, SUD, le SNUTER-FSU, la FNAS FO et la CFDT, et est porté par le collectif Pas de bébés à la consigne, qui revendique dans son appel à la grève l’ouverture de places supplémentaires dans les centres de formation, la revalorisation des salaires, l’amélioration des conditions de travail. Mais ce qui remet le feu aux poudres, après de nombreuses mobilisations en 2020 et 2021, c’est la publication le 29 juillet d’un arrêté autorisant les établissements qui connaissent des difficultés de recrutement à embaucher des personnes du secteur sanitaire, médico-social et éducatif n’ayant pas nécessairement d’expérience auprès des jeunes enfants et surtout pas les diplômes requis pour travailler en crèche, qui bénéficieront seulement de 120 heures d’accompagnement dans l’emploi, assurées par des collègues déjà débordées. Qu’il s’agisse des éducatrices de jeunes enfants ou des auxiliaires puéricultrices, la pénurie de personnel se fait effectivement sentir dans les crèches, associatives comme municipales.

Les précédentes mobilisations en mars et mai 2019, en janvier 2020, puis en février 2021, à la fin du mois de mars 2021, et en juin de la même année, n’avaient pas réussi à empêcher la réforme des modes d’accueil dans les crèches, portée par Adrien Taquet, entrée en vigueur en septembre 2021.

Laquelle a notamment permis de réduire le taux d’encadrement professionnel des enfants, de diminuer la surface d’accueil par enfant et de déqualifier les personnels en autorisant l’administration de médicaments par du personnel non qualifié, et en faisant passer les ratios diplômés/qualifiés au sein du même établissement à 40%/60%.

Les grévistes dénoncent donc une même logique poussée toujours plus loin, au détriment à la fois de la reconnaissance de la pénibilité du métier (ports de charges répétitifs avec des enfants de plus de dix kilos, nuisances sonores, risques psychosociaux), des salaires, lesquels n’ont augmenté que de 0,54% entre le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2022 (une auxiliaire puéricultrice en public avec 20 ans d’ancienneté gagne 1600€ net mensuel environ ), et des conditions d’accueil des enfants. Déjà la CGT Services Publics compte davantage d’accidents de services, d’arrêts maladies, de burn-out, de démissions depuis l’entrée en vigueur de la réforme Taquet.

Seuls bénéficiaires de la réforme : les crèches privées, dont certaines sont cotées en Bourse. La Fédération Française des Entreprises de Crèche s’est félicité dans un communiqué de l’arrêté du 29 septembre. Médiacités vient d’ailleurs de publier une série d’enquêtes sur la montée en puissance des crèches privées. La logique est similaire à ce qui s’applique à de nombreux pans du service public sous gestion néo-libérale : dégrader le service, puis favoriser la marchandisation à tout va pour pallier à ces dégradations.

Devant l’Hôtel de Ville ce matin du 6 octobre, les quelques dizaines de grévistes présentes avaient elles de toutes autres solutions en tête : rendre son attractivité au métier par des hausses de salaires et des améliorations des conditions de travail, et par là même améliorer la qualité du service public pour enfants et parents.

Sur Montpellier, la grève a impacté de nombreux établissements. Les crèches Agropolis, La Galineta, Françoise Dolto, Clénonice Pouzin, Therese Sentis, Edelweiss, Robin des bois, les haltes-garderies L’oustal dou caganis, Mowgli, Europa Assas, Pitchot Nanet, Les Chats Bottés, André Chamson et Mary Poppins ainsi que le jardin d’enfants Les Boutons d’or étaient complètement fermées. Les crèches Le Petit Prince de Boutonnet, Louise Guiraud, La Petite Sirène, Pinocchio, Les Sept Nains, Adélaïde Cambon, Blanche Neige, les haltes-garderies Les Copains d’abord, La Coupole et L’île au trésor ont vu certaines de leurs sections fermées en raison du mouvement.

Pour le moment la seule réponse de Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités et de l’autonomie, est de demander en une réflexion de neuf mois sur la question des salaires. Certainement pas de quoi satisfaire les professionnelles en grève aujourd’hui…




Source: Lepoing.net