Une soixantaine de gilets jaunes ont déambulé hier soir à Montpellier pour Halloween. L’angoisse était en effet au rendez-vous : une première altercation éclate entre gilets jaunes sur la Comédie, avant que la police n’arrive pour calmer les ardeurs. Finalement, un simili cortège se met en branle vers la préfecture, en faisant craquer pétards et fumigènes. La BAC, qui n’a pas besoin de costume pour faire peur, rôde aux alentours. À Plan Cabanes, les manifestants s’écharpent encore entre eux, pour une histoire de masque volée. Les policiers s’incrustent carrément dans le cortège. Une petite charge policière siffle la fin de la récréation. Qu’on se le dise franchement : c’était déprimant.

L’initiative n’était pourtant pas bête : en manifestant la nuit plutôt que le jour, comme samedi dernier, il s’agissait d’innover, de trouver de nouvelles idées pour échapper au cycle mortifère des marches ritualisées du samedi. Mais pour le moment, le parcours Comédie – préfecture se répète encore, sans issue. Maigre consolation : personne n’aurait été interpellée hier soir, à la différence de samedi dernier, où une manifestante a été placée en garde à vue, avec une date de procès à la clé pour, selon le parquet, avoir bloqué le tramway deux minutes.

De nombreux gilets jaunes venus de toute la France participent actuellement à la quatrième assemblée des assemblées à Montpellier. Espérons qu’ils parviennent à faire émerger des pistes stratégiques, tactiques et organisationnelles capables de rendre ce mouvement de nouveau offensif.


Article publié le 01 Nov 2019 sur Lepoing.net