Le
centre d’actions sociales autogéré – surnommé la Casa del Sol
– est un squat ouvert depuis fin août à Montpellier, situé au 2
rue du faubourg Saint Jaumes, dans
l’ancien bâtiment de
l’intendance du jardin des plantes, devenu
par la suite la résidence du
secrétaire général du rectorat. L’édifice abandonné
donne sur le
jardin de la Reine, un écrin de verdure quasi
sauvage de 4500 m²,
fermé au public depuis deux
siècles
, mais
défendu par une association de quartier.
Le squat a remporté jeudi
dernier sa première
bataille judiciaire et organise vendredi
prochain un concert en
soutien aux personnes réprimées.

Un
édifice défendu par les riverains

En mai 2013, le ministère de l’éducation nationale annonce son intention de vendre le jardin de la Reine pour deux millions d’euros. Inquiets que ce monument historique attenant au jardin des plantes se retrouve dans les mains de promoteurs immobiliers, des riverains créent en juin 2013 l’association « Sauvons le jardin de la Reine » : « Amoureux des richesses historiques et de la biodiversité, nous refusons que ces joyaux soient vendus. […] Le Jardin de la Reine doit revenir aux Montpelliérains et aux botanistes ! » L’association fait pression sur les pouvoirs publics en organisant des visites du jardin, des débats publics et en faisant tourner des pétitions et des flyers. Fin 2013, la ville de Montpellier annonce qu’elle rachète le jardin de la Reine pour deux cents milles euros. Mais fondamentalement, rien ne change : le jardin est toujours abandonné et l’État menace toujours de ventre le bâtiment, désormais convoité par l’Université de Montpellier. En 2015, l’association refuse encore et toujours que le jardin des plantes « soit démantelé pour une poignée de billets, et que ce patrimoine soit privatisé pour le bonheur de quelques privilégiés ».

Une
réquisition au service des luttes

Quand ils ont investi l’édifice, les squatteurs ne connaissaient pas l’historique du lieu, mais dès les premières assemblées générales, des membres de l’association ont partagé leur histoire. Les squatteurs ne s’inscrivent pas directement dans la lignée de l’association, mais empêchent de fait la vente du bâtiment. Beaucoup d’entre eux se sont rencontrés lors des manifestations de gilets jaunes et partagent des idéaux anticapitalistes. Ils organisent vendredi prochain un concert contre la répression, et souhaitent mettre le squat au service des luttes sociales émancipatrices. La rectrice de l’académie de Montpellier a intenté une procédure en urgence au tribunal administratif de Montpellier pour tenter d’expulser illico presto les squatteurs, mais le juge des référés a rejeté cette requête jeudi dernier. Les squatteurs sont donc officiellement reconnus comme des occupants sans droit ni titre et ne peuvent donc pas être expulsés tant qu’un tribunal ne l’aura pas ordonné. Cet édifice historique va donc enfin pouvoir s’ouvrir au public.


Article publié le 23 Sep 2019 sur Lepoing.net