Décembre 14, 2020
Par Le Poing
426 visites




Entrée du squat Luttopia 003, dans l’ancien bâtiment des archives, rue Proudhon aux Beaux-Arts

Le squat des archives de Montpellier, géré depuis de nombreuses années par la coordination Luttopia, et qui accueille des dizaines de personnes sans-abris sur Montpellier, doit être libéré pour le 31 mars 2021. Avec propositions de relogement et réquisitions temporaires de bâtiments vides. Le Conseil Municipal de ce lundi 14 décembre a, simple formalité, définitivement avalisé la démarche. C’est le résultat de concertations menées entre les acteurs du tissu associatif, la mairie et la préfecture de l’Hérault. Bonne nouvelle : la méthode devrait être conservée pour les situations analogues à venir. Moins bonne nouvelle : le plan de lutte contre la pauvreté mis en place par la nouvelle majorité semble largement insuffisant pour résoudre le problème à la racine.

Des assistantes sociales du CCAS sont allées à la rencontre des habitants et des gestionnaires du squat, afin de proposer des solutions de relogement. Résultat : une dizaine de familles pourront être immédiatement relogées dans le parc social de la ville, suite à des accords trouvés avec les bailleurs de la ville. 

De plus, des logements institutionnels vacants, qui appartiennent donc aux pouvoirs publics mais ne sont pour le moment pas utilisés, seront mis à disposition pour permettre à la coordination Luttopia de poursuivre son travail d’accueil des personnes en difficulté.

La méthode de travail a été avalisée par le Conseil Municipal de Montpellier ce lundi 14 décembre. Ce principe d’action publique sera donc conservé dans le traitement des prochaines affaires liées aux squats et bidonvilles. 

Modérons d’éventuelles naïvetés : l’achat de la paix sociale à Montpellier semble être une des motivations de la majorité, comme est venu le rappeler un de ses représentants : “ On évite ainsi de possibles affrontements d’ampleur dans les rues de notre ville” Les accès de fièvre qui ont pu prendre les rues de Montpellier ces dernières années viendraient-ils exercer une pression salutaire sur les notables et politiciens locaux ?

Qu’importe les motivations de la majorité : cette nouvelle manière vient mettre de tout à fait bienvenues barrières à une politique préfectorale jusqu’ici particulièrement brutale, à base d’expulsions sèches en pleine période de crise sanitaire.

Le tableau n’est pas tout rose pour autant, comme l’opposition de gauche est venue le rappeler. Simultanément à cette séance du conseil municipal, une audience avait lieu au Tribunal de Grande Instance de Montpellier, concernant l’expulsion sèche d’un squat accueillant 14 familles. Autre exemple : l’association Solidarité Partagée est visée par une plainte de la Métropole, pour l’occupation de locaux qui lui appartiennent. Après une première décision de justice laissant un an avant expulsion, la Métropole exerce des pressions sur les membres de l’association pour accélérer le processus.Rappelons aussi les limites du plan de lutte contre la pauvreté mis en place par la nouvelle majorité du maire Delafosse, même s’il permet par exemple une subvention avalisée ce matin du 14 décembre pour installer toilettes et douches collectives dans le bidonville du Zénith.  En partenariat avec l’Etat, le plan prévoit en la matière 1 millions d’euros d’investissement par an pendant trois ans, et semble tout à fait insuffisant pour résoudre le problème à la racine, dans une ville ou le taux de pauvreté explose à 26%.




Source: Lepoing.net