Octobre 1, 2016
Par Montpellier Journal
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Fini les enquêtes sur la politique, l’environnement, la vie sociale, les médias, etc. J’ai décidé de partir m’installer à la campagne et je vais raconter cette aventure sur Montpellier journal. (820 mots)

Par Jacques-Olivier Teyssier

Butinage sur une fleur de basilic (photo : J.-O. T.)

Plus de 12 ans à Montpellier, c’est long. Si j’ajoute 10 ans à Paris et les années d’études et autres, cela fait environ 30 ans que j’habite en ville et que mes dix doigts parcourent un clavier. Ce serait peut-être le moment de se mettre au vert et d’apprendre à faire réellement quelque chose de mes dix doigts. Cela fait plusieurs années que j’y songe et que j’en parle à mes amis – j’avais même fait une tentative en 2008 dans la vigne – il est maintenant grand temps de passer à l’acte.

Une maison à la campagne avec un potager
Le projet est pour l’instant très vague : le cahier des charges se limite à « une maison à la campagne avec un potager ». Mais en même temps déjà très riche de questions et d’apprentissages. Quel territoire ? Quels voisins ? Quel habitat ? Quelle production potagère ? Et d’autres qui en découlent : où trouver un lieu pas trop cher ? Comment faire pousser des légumes ? Quels moyens de transports ? Quelles activités ? etc.

Une chose est sûre : je n’aurai plus le temps de mener des enquêtes sur Montpellier et de les publier. Ça tombe bien, je n’en ai plus trop envie. Et le contrat aidé de Lucie s’est achevé en septembre. En revanche, je vais publier régulièrement des articles et des photos pour partager mon expérience. Je croise beaucoup de gens qui réfléchissent à s’installer à la campagne, qui aimeraient bien mais qui ne peuvent pas ou qui sont simplement curieux de savoir comment ça se passe ou qui souhaitent donner à leurs enfants le goût de la campagne : les joies, les difficultés, les opportunités, les choix, les lieux, les activités professionnelles ou non, etc. Ces articles s’adresseront surtout à eux. Il y a tant à raconter.

Interactions
À raconter mais aussi à échanger. Les lecteurs auront peut-être plus envie de poser des questions voire d’orienter mes recherches via des commentaires ou des messages qu’auparavant. Et ces interactions enrichiront nécessairement ma démarche. Je partagerai aussi mes sources d’information : livres, films, sites Internet, lieux de formation, « experts » dans leur domaine, etc.

Je commence dès maintenant en vous recommandant l’émission Terre à terre diffusée sur France culture de 2001 à 2016. Tiens, Ruth Stégassy qui la produisait et l’animait a annoncé cet été qu’elle partait « cultiver des céréales anciennes ». Mais on peut écouter toutes les émissions ici ou . Par exemple une passionnante que j’ai écoutée récemment et qui traite du fonctionnement du sol : Les plantes bio-indicatrices. Ou celle-ci sur la Biodynamie et l’association Terre de liens.

En ce qui me concerne, jusqu’à cet été je ne faisais qu’entretenir péniblement quelques plantes ornementales, me contentais de rempoter du basilic et de faire germer des graines (ci-dessous) pour égayer mes salades.

Graines germées d'Alfalfa (photo : J.-O. T.)

Il y a une quinzaine de jours, j’ai décidé de passer sans tarder aux travaux pratiques. J’ai commandé des graines chez Kokopelli et à Jocelyne Taffard, une productrice d’Olmet (34), récupéré un peu de terre, acheté du terreau, des pots, tapé quelques mots sur un moteur de recherche et c’était parti : des plantations de radis, persil, coriandre, arroche (genre d’épinard) et de laitue sont apparues sur ma terrasse.

Cela fera sans doute sourire – avec j’espère une pointe de tendresse – ceux qui font ça depuis longtemps mais quelle joie quand on voit les premières pousses se frayer un chemin à travers la terre… Et pourtant, ce n’était pas mes premiers semis. Mais la magie a de nouveau opéré. Avez-vous déjà observé la taille minuscule d’une graine de laitue ? Quelle intelligence dans une si petite graine ! Ou encore des cotylédons (ci-dessous) ?

Dicotylédone d'arroche blonde de Kokopelli (photo : J.-O. T.)

Quelques jours plus tard, un ami passe chez moi et observe mes plantations bidouillées. Je lui parle de la facilité de faire pousser des radis (ci-dessous) qui germent en moins de cinq jours et qu’on peut semer en ce moment. Il est reparti avec l’envie de faire ça avec ses enfants. Je ne pensais pas que les échanges voire la transmission de mon embryon d’expérience pourraient intervenir si tôt.

Radis "Purple plum" de Kokopelli, 10 jours après semi (photo : J.-O. T.)

Mais les travaux pratiques ne se sont pas limitées à ces quelques pots. Je vous parlerai peut-être dans de prochains articles de maraîchage à moins d’une heure à vélo de Montpellier, de participation à la construction d’une extension en bois de la maison d’un ami (ci-dessous), de passage dans des endroits pendant l’été voire de chénopode, de grelinette ou de BRF.

Extension bois (photo : J.-O. T.)

En attendant, revenons à vous, fidèles abonnés qui pour certains ont soutenu l’aventure L’Accroche dès… 2005. Et qui pourraient bien être désorientés par ma décision. Vous vous moquez de la campagne, des semences, des plantes, de potager, des petites bêtes qui sont dans le sol, de rénovation de l’habitat ? Pas de problème : vous pourrez vous désabonner en envoyant un simple message via la page contact. Dès maintenant, dans quelques jours ou dans quelques mois. Les prélèvements seront arrêtés et les abonnements payés en une fois pourront être remboursés s’ils ont moins de trois mois.

Les personnes intéressées par l’aventure et/ou celles qui souhaitent que les 1400 articles des archives de Montpellier journal restent accessibles et/ou celles qui souhaitent me soutenir pour mes deux procès à venir – le prochain est le 17 octobre – peuvent rester abonnées.

Un grand merci à tous pour votre soutien passé et peut-être futur.

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