Ce matin, mercredi 3 décembre, Emmanuel Macron se rendait au palais des congrès Jacques Chirac pour assister aux Assises économique de la mer. Le dispositif policier impressionnant et l’absence de coordination entre les gilets jaunes et les syndicats ont mené a deux comités d’accueils inoffensifs, qui, à défaut de mobiliser des compagnies entières de CRS pour pas grand chose, n’auront rien perturbé du tout. Retour sur une journée décevante qui soulève la question de la convergence des luttes pour la journée de grève de ce jeudi.

Gilets jaunes au Corum à 8h30, syndicalistes sur la Comédie à midi

Dès tôt le matin, un dispositif policier hallucinant est mis en place de l’esplanade jusqu’en bas du Corum en passant par la place de la Préfecture. La soixantaine de gilets jaunes ayant bravé le froid matinal se retrouve vite encerclée par la brigade anti-criminalité et des cordons de CRS au niveau de l’arrêt de tram du Corum. La déception commence à se faire sentir chez les personnes présentes quand elles apprennent que Macron est rentré dans le palais des congrès sans qu’on ne l’ai vu passer. Le rassemblement durera plus de deux heures, dans le calme et sans interpellations.

A midi, alors que le président vient de partir, une quarantaine de syndicalistes (majoritairement de la CGT) se sont réunis sur la Comédie pour des prises de paroles dénonçant la casse du service public, et un appel à la grève du 5 décembre a été effectué.

Rouge et jaune, même combat ?

Si la grève de jeudi s’annonce massive, elle soulève la question épineuse de « convergence des luttes » dont on entend parler depuis plusieurs mois. Cette matinée du 3 décembre aura montré que celle ci est loin d’être acquise au vu des actions éparses et non coordonnées des deux « comités d’accueil » dispersés.

Si
beaucoup de gilets jaunes étaient hostiles aux syndicats au début
du mouvement et que les débordements spontanés des manifestations
du samedi peuvent effrayer les habitués des cortèges sono-merguez,
la jonction des combats semble aujourd’hui salutaire pour venir à
bout des politiques anti-sociales de Macron.

Le mouvement des gilets jaunes, imprévisible et offensif mais non structuré, a plusieurs fois donné des sueurs froides au gouvernement là ou les syndicats ont la capacité, par l’appel à la grève, de faire pression sur l’économie et de coordonner des actions au niveau national, et la journée du 5 décembre pourrait bien devenir la journée de l’agrégation des colères et des revendications, à condition que chacun dépasse ses modes d’actions et tolère ceux des autres. Réponse à partir de jeudi dans la rue !


Article publié le 03 Déc 2019 sur Lepoing.net