Environ 200 personnes se sont réunies hier à Montpellier en début d’après-midi pour l’acte 39 des gilets jaunes. Une fois n’est pas coutume, les manifestants s’étaient donné rendez-vous à la fontaine des Rives du Lez, loin des sentiers battus de place de la Comédie ou de la préfecture.

Un rendez-vous stratégique

« Pour les sceptiques, nous ne sommes pas en mesure de vous justifier publiquement le choix du lieu » avait précisé l’un des gilets jaunes qui avait relayé l’événement sur les réseaux sociaux. Le point de ralliement ne devait en effet rien au hasard, puisque se trouvait à quelques pas de là le local de Patrick Vignal, député de La République En Marche (LREM). Sous les hourras, le local a été aspergé d’une peinture jaune fluo. Depuis la ratification du Ceta, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, une quinzaine de permanence ou de locaux du parti LREM ont été emmurés, taguées ou dégradées. Une croix de Lorraine, dite aussi croix patriarcale, symbole à la fois de la résistance française, du régime gaulliste et du christianisme, a également été tagué sur le local de Patrick Vignal.

Après cet acte symbolique, le cortège s’est dirigé en direction du centre-ville, en bloquant au passage les tramways. Le faible dispositif policier a encouragé les contestataires à se diriger vers la préfecture non pas en passant comme d’habitude par la rue de la Loge, mais en empruntant les rues de l’Aiguillerie et de Rosset, pour contourner le maigre barrage des forces de l’ordre postée près de l’édifice étatique. Pour une fois, les gilets jaunes ont ainsi réussi à accéder à la place du marché aux fleurs, qui leur était jusque-là formellement interdite en raison de sa proximité immédiate avec la préfecture. Les manifestants sont restés assis sur la place une bonne demi-heure, avant de se disperser dans le calme.

Vignal
l’a mauvaise

Franceinfo a donné la parole au député Patrick Vignal, qui a porté plainte contre X. Il se dit ni « désabusé, ni en colère » et prétend que « des tas de gilets jaunes [lui ont dit] ‘‘monsieur Vignal, demain on peut vous aider à nettoyer’’ ». Le député a cependant affirmé à LCI qu’il ne comptait pas « enlever les dégradations » pour « montrer aux gens le vrai visage de certains ». S’il est bien un visage qui aura tourné dans les médias, de BFM à Europe 1 en passant par Ouest-France et 20 minutes, c’est pourtant bien le sien ! Rappelons que le député n’avait même pas pris la peine de se déplacer lors du vote du Ceta.

Patrick Vignal, députe de la 9e circonscription de l’Hérault

Article publié le 11 Août 2019 sur Lepoing.net