Une nouvelle journée de mobilisation contre les crimes de la police et le racisme a eu lieu ce samedi 13 juin sur Montpellier.

Alors que dĂšs 14h, quelques dizaines de gilets jaunes s’étaient retrouvĂ©s sur la Place de la ComĂ©die, le rassemblement rĂ©clamant justice pour les personnes assassinĂ©es par la police Ă©tait programmĂ© au mĂȘme endroit Ă  17h. Une foule diverse, d’environ 2000 personnes, a rĂ©pondu prĂ©sente. Gilets jaunes, drapeaux palestiniens, pancartes estampillĂ©es “Black Lives Matter ” : les symboles affichĂ©s par les manifestants font Ă©tat d’une certaine convergence autour de la question des violences policiĂšres.

Le cortĂšge passera devant la prĂ©fecture, au Peyrou, devant la Gare Saint-Roch avant de remonter sur la ComĂ©die. Alors que le rassemblement parisien est bloquĂ© place de la RĂ©publique et abondamment arrosĂ© de gaz lacrymogĂšnes et de grenades explosives, la prĂ©sence policiĂšre est discrĂšte aux abords des protestataires montpelliĂ©rains, les seuls cordons bloquant des rues se situant devant la prĂ©fecture. Et sur les accĂšs au Tribunal de Grande Instance, lieu visiblement interdit Ă  ces manifestations. Pour autant, de nombreuses personnes tĂ©moignent d’une prĂ©sence importante de camions de la gendarmerie mobile, stationnĂ©s loin de la manifestation. Comme si la prĂ©fecture de l’HĂ©rault, tout en se prĂ©parant Ă  la rĂ©pression en cas d’accrochages, essayait de ne pas mettre de l’huile sur le feu face Ă  ce mouvement qui mobilise de nombreux primo-manifestants. Alors que la police de son cĂŽtĂ© s’enfonce dans une violence inouĂŻe ces derniĂšres annĂ©es, provoquant une dĂ©fiance croissante au sein de la population française !

Une fois retrouvée la Comédie, quelques centaines de personnes se retrouvent devant le commissariat de la place.

Une partie d’entre eux prendra ensuite la direction de l’HĂŽtel de Police. Une petite heure passĂ©e en slogans hostiles aux forces de l’ordre, et un tĂ©moignage poignant. Celui d’une femme noire, autour de son interpellation musclĂ©e, face dans les graviers et insultes racistes. Et des suites judiciaires : comme Ă  leur habitude en cas de violences, les policiers l’accusent d’outrage et de rĂ©bellion. L’audience est pour le 27 juin, et de nombreuses personnes rassemblĂ©es devant l’HĂŽtel de police comptent ĂȘtre de la partie !

D’aprĂšs l’excellente et effarante base de donnĂ©es du journal indĂ©pendant Bastamag, 676 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es par la police ces 43 derniĂšres annĂ©es en France !


Article publié le 14 Juin 2020 sur Lepoing.net