Novembre 23, 2019
Par Le Poing
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Reportage photo. Ce samedi 23 novembre, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la France contre les violences sexistes et sexuelles. À Montpellier, ils étaient environ trois mille. À l’origine de la mobilisation, un appel du collectif Nous Toutes 34 (disponible ci-dessous), qui a fédéré sur Montpellier une cinquantaine d’organisations de gauche, de l’union communiste libertaire à la CGT en passant par Europe-Écologie-les-Verts et le Planning familial. Après des prises de parole à midi sur la place de l’Europe, le cortège s’est mis en route vers 14h.

Au
niveau de la gare, la
centaine de gilets
jaunes présents pour leur manifestation hebdomadaire ont applaudi le
cortège et l’ont finalement rejoint en entonnant leur célèbre
chant : « même
si Macron ne
le
veut pas, nous on
est là ! »

Une
longue banderole avec les prénoms des 137 femmes victimes de
féminicides depuis le
début l’année a été déroulée,
et un « mur » de carton coloré rempli de messages
féministes
a été déposé devant la cour d’appel de Montpellier, pour
pointer du doigt la responsabilité, ou plutôt l’irresponsabilité
des autorités.

Parmi
les solutions prônées pour « faire
sortir la France des violences »
 :
« formation
des professionnel·le·s à détecter les violences et à réagir de
manière efficace, ouverture de places pérennes d’hébergement
dans des lieux dédiés, démultiplication des ordonnances de
protection et systématisation des bracelets électroniques pour les
compagnons violents condamnés, campagnes de communication continues
et nationales sur le modèle de celles que l’on a connues pour la
sécurité routière, prévention obligatoire et systématique à
l’école, obligation faite aux entreprises de prévenir
effectivement les violences sexistes et sexuelles au travail et de
protéger les femmes victimes de violences conjugales. »

Le gros de la manifestation s’est dispersé vers 16h30 après d’autres prises de paroles sur la Comédie.

Plus d’infos bientôt.

Appel du collectif Nous Toutes 34 :

Contre les violences faites aux femmes – Toutes et tous dans la rue le 23 novembre

Chaque jour en France, des
femmes sont victimes de violences psychologiques, verbales,
économiques, médicales, physiques ou sexuelles. Une femme meurt
tous les 2 jours assassinée par son compagnon ou son ex-compagnon.
Qu’elles aient lieu à la maison, au travail ou dans la rue, les
violences ne sont pas une fatalité. Jamais.

Avec cette marche, nous
dirons notre exigence d’un monde dans lequel les violences n’ont
pas leur place. Les femmes et les enfants, aujourd’hui victimes de
violences, peuvent être protégé·e·s. Les femmes et les enfants
en danger peuvent être mis·es en sécurité. Les criminels doivent
être sanctionnés.

Avec cette marche, nous
rappellerons que c’est notre droit fondamental de vivre à l’abri
des violences. Ce droit est chaque jour bafoué dans une indifférence
qui nous sidère.

Avec cette marche, nous
ferons entendre nos voix dans chaque famille, entreprise,
administration, quartier, école, hôpital et association. Dans tous
les espaces de vie, la question des violences doit être posée. Et
traitée.

Avec cette marche, nous
porterons la voix de toutes celles qui, parmi nous, cumulent les
violences en raison de leur situation de handicap, de vulnérabilité,
de leur âge, de leur origine sociale, de leur statut de migrantes,
de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou parce
qu’elles sont racisées.

Avec cette marche, nous
porterons la voix des milliers d’enfants victimes ou co-victimes de
violences. Nous dénoncerons les décisions de justice qui relaxent
des pédocriminels en bafouant les droits les plus élémentaires des
enfants.

Avec cette marche, nous
porterons la voix de celles qui ne peuvent plus parler. Celles qui
ont été assassinées parce qu’elles étaient des femmes. Nous
n’arrivons plus à compter les cas où les féminicides auraient pu
être évités. Nous proclamerons notre colère de voir que les
pouvoirs publics leur ont tourné le dos, classant leurs plaintes,
refusant d’entendre leurs appels à l’aide.

Avec cette marche, nous
ferons en sorte que les pouvoirs publics prennent enfin des mesures à
la hauteur. Les demi-solutions ressassées depuis des décennies ne
fonctionnent pas. Un Grenelle ne suffira pas. Le gouvernement doit
passer à la vitesse supérieure et débloquer un milliard d’euros
pour financer des politiques publiques qui touchent l’ensemble de
la population. La société est prête à se mettre en mouvement
contre les violences. Il manque aujourd’hui la volonté politique
et les moyens.

Les solutions pour faire
sortir la France des violences existent. Mieux, elles sont connues et
reconnues. Les associations de terrain en parlent. Sans cesse. Parmi
elles : formation des professionnel·le·s à détecter les
violences et à réagir de manière efficace, ouverture de places
pérennes d’hébergement dans des lieux dédiés, démultiplication
des ordonnances de protection et systématisation des bracelets
électroniques pour les compagnons violents condamnés, campagnes de
communication continues et nationales sur le modèle de celles que
l’on a connues pour la sécurité routière, prévention
obligatoire et systématique à l’école, obligation faite aux
entreprises de prévenir effectivement les violences sexistes et
sexuelles au travail et de protéger les femmes victimes de violences
conjugales.

Le 23 novembre nous
marcherons. Nous exprimerons notre force, notre colère et notre
détermination. Nous sommes déjà des milliers. Et nous allons en
finir avec les violences sexistes et sexuelles.

Rejoignez-nous.




Source: Lepoing.net