En ce premier jour du baccalauréat, les professeurs se sont mobilisés toute la journée à Montpellier pour obtenir le retrait de la loi Blanquer. La reconduite de la grève a été votée en assemblée générale, mais une majorité de personnes n’ont pas pris part au vote.

Une loi jugée autoritaire

Dès l’annonce du projet de loi « pour une école de la confiance », en décembre 2018, les syndicats enseignants ont dénoncé une loi autoritaire et ont réclamé au ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer de revoir sa copie. Le 13 juin, les députés et les sénateurs ont voté en commission mixte paritaire une nouvelle version de la loi, épurée des mesures les plus contestées, dont l’amendement portant sur la création d’établissements publics des savoirs fondamentaux ou bien encore l’institution d’une réunion d’une ou plusieurs écoles sous l’autorité d’un chef d’établissement. Les modifications apportées par la droite pour supprimer les allocations familiales en cas d’absences répétées ou bien encore empêcher les femmes voilées d’accompagner les enfants lors des sorties scolaires ne sont également pas passées. Mais pour les syndicats, la philosophie globale du texte demeure. Sud Solidaires considère que la loi Blanquer est « un instrument pour attaquer le service public », notamment car la scolarisation obligatoire à trois ans devrait forcer les collectivités territoriales à financer les écoles maternelles privées, que c’est une loi « caporaliste, rétrograde et autoritaire », puisque les drapeaux tricolores et les paroles de « l’hymne nationale » seront accrochés dans les salles de classe, mais surtout car le « devoir d’exemplarité » est perçu comme une volonté « d’intimidation » des personnels enseignants, et, que la logique est à la précarisation générale, puisque « les assistants d’éducation qui préparent les concours de l’enseignement pourront se voir confier des tâches d’enseignement [ce qui] pousse à la création d’un sous-statut de professeur […] destinée à déboucher sur un recrutement direct par les chefs d’établissements ».

Grève reconduite

Depuis plusieurs semaines, les personnels enseignants de Montpellier et des environs s’organisent en assemblée générale pour mener la lutte, mais les journées de grève n’ont pas été massivement suivies, même si elles ont permis à un certain nombre de professeurs de convaincre leurs collègues de se mobiliser. Les vacances approchant à grands pas et la loi ayant été adoptée, l’idée de faire la grève de la surveillance du baccalauréat a été lancée par la plupart des syndicats du second degré. Raison pour laquelle environ 70 personnes se sont rassemblées ce matin devant le lycée Mermoz de Montpellier. Seulement voilà, à Mermoz comme ailleurs, le lycée n’a pas été bloqué, même partiellement, et les examens se sont déroulées normalement. Certains ont même insisté pour que le rassemblement reste silencieux, dans le but de ne pas déranger les lycéens. Entre midi et deux, environ 150 personnels enseignants ont tenu une assemblée générale, et il a été voté le principe d’une reconduction de la grève pour ce mardi, mais avec une majorité de personnes qui n’ont pas pris part au vote, notamment parce qu’ils ne sont pas missionnés pour surveiller les examens. Au final, seules 33 personnes ont voté pour la reconduction de la grève, dont 21 qui devaient effectivement surveiller le baccalauréat ce mardi. A 13h30, un autre rassemblement a eu lieu devant le lycée Clémenceau, toujours sans aucune perturbation, et les professeurs ont ensuite rejoint d’autres collègues au rectorat. Ils étaient finalement environ 250 à manifester jusqu’à la préfecture, dans le plus grand des calmes. Sud Éducation 34 parle ce soir d’une « mobilisation réussie à poursuivre et à amplifier pour gagner » : « dans de nombreux établissements du département de l’Hérault, les taux de grévistes ont dépassé 50% : lycée Feuillade à Lunal, lycée Jean Monnet à Montpellier, collège Via Domitia à Poussan… » Les personnels enseignants sont invités à se rejoindre demain à 7h devant les centres d’examens, et une nouvelle assemblée générale se tiendra à 12h30 sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, pour permettre à tous de rejoindre le rassemblement des psychologues scolaires à 11h30 devant le rectorat.

Pendant l’assemblée, plusieurs personnes ont pris la parole pour soutenir Sabine, institutrice interpellée le weekend dernier à Béziers lors d’une opération péage-gratuit des gilets jaunes

Article publié le 17 Juin 2019 sur Lepoing.net