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publié
le lundi 5 octobre 2020 Ă  02:33 |

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Rappelons que l’appropriation des normes de genre façonne des reprĂ©sentations et des usages du corps diffĂ©renciĂ©s entre les femmes et les hommes, depuis l’enfance et tout au long de la vie.

Le corps est un enjeu fondamental de contrĂŽle social, qui renvoie Ă  des reprĂ©sentations de ce qui serait de l’ordre du fĂ©minin, du masculin, et qui est construit tout au long de la vie, notamment par les institutions sociales.

Quelle que soit la marge de manƓuvre individuelle et collective vis-Ă -vis de cette forme de conditionnement, ses ressorts sont puissants. Si ces normes identitaires sont contraignantes pour les deux sexes, elles sont gĂ©nĂ©ratrices de violences vis-Ă -vis des femmes car leur corps est censĂ© rester « Ă  disposition Â», et Ă  ĂȘtre façonnĂ©, habillĂ©, contrĂŽlĂ© suivant les normes sociales.

Or, dĂšs l’enfance, l’Éducation nationale devrait affranchir les enfants des reprĂ©sentations et stĂ©rĂ©otypes sexistes plutĂŽt que de les valider en fondant des interdits aux seules filles, et en mettant en exergue des arguments tout aussi stupides que sexistes comme « cela distrairait les garçons Â».

La conquĂȘte des droits contraceptifs et la libĂ©ration de la sexualitĂ© n’ont pas fait disparaĂźtre ce mĂ©canisme patriarcal puissant qu’est l’objectivation d’un corps tenu de rester « Ă  disposition Â»â€Š

Laisser entendre qu’un dĂ©colletĂ© ou un ventre apparent dĂ©range leurs camarades, voire les excite, c’est accepter comme une donnĂ©e intangible que les dĂ©sirs masculins sont irrĂ©pressibles. Qualifier l’aspiration des jeunes femmes Ă  s’affranchir des diktats sexistes de « libertĂ© affichĂ©e qui n’en a que le nom Â», c’est non seulement leur dĂ©nier toute capacitĂ© rĂ©flexive, c’est aussi nourrir les reprĂ©sentations qui enferment leur corps dans le registre sexuel. Exiger qu’elles couvrent leur poitrine, leurs Ă©paules, leurs jambes, c’est en un mot leur assĂ©ner un rappel Ă  l’ordre patriarcal des choses Â» (tribune du 17 septembre dans LibĂ©ration de Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique).


Article publié le 05 Oct 2020 sur Nantes.indymedia.org