Aujourd’hui 8 Juillet 2020, le projet de Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR), contre lequel nous nous battons depuis le mois de dĂ©cembre, devait passer en Conseil des ministres. Le calendrier prĂ©vu est bouleversĂ© par un « remaniement ministĂ©riel Â» qui assure la continuitĂ© des politiques entamĂ©es en 2017. MalgrĂ© leur changement d’agenda, cette journĂ©e reste une journĂ©e de mobilisation nationale pour la sauvegarde de la recherche publique.

On ne rĂ©siste pas Ă  commencer par cette vidĂ©o faite par le collectif UniversitĂ© Ouverte :

CommuniquĂ© intersyndical CGT-INRAE / FO-ESR / SNESUP-FSU / UNEF-Auvergne / Sud-Éducation-63-03 / Sud-Recherche-EPST 63 / Sud-Rural-Territoires-63 / Solidaires-Étudiant-e-s

POUR LA SAUVEGARDE DE LA RECHERCHE PUBLIQUE,
MOBILISONS-NOUS !

Depuis plusieurs dĂ©cennies, les diffĂ©rents gouvernements nĂ©o-libĂ©raux n’ont eu de cesse de

prĂ©parer le terrain Ă  l’investissement privĂ© dans nos UniversitĂ©s. Depuis la loi relative aux libertĂ©s et

responsabilités des universités (dite LRU) en 2007, les réformes libérales et les coupes budgétaires

s’enchaĂźnent. La LRU a instaurĂ© l’autonomie budgĂ©taire de nos facs, par la mise en place de

dotations budgĂ©taires fixes et rĂ©duites de l’Etat, en contraignant nos universitĂ©s Ă  se tourner vers

des financements privĂ©s. En 2018, la loi Orientation et RĂ©ussite des Étudiants et la mise en place

de ParcoursSup a Ă©galement individualisĂ© les parcours et rendu l’universitĂ© sĂ©lective, la rĂ©servant

Ă  une Ă©lite.

Le projet de loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) poursuit dans la mĂȘme

voie, en permettant l’accĂšs aux postes de chercheur·euse·s Ă  une Ă©lite dĂ©signĂ©e sans concours

qui pourra bĂ©nĂ©ficier d’appuis financiers dans ses travaux (les « tenure track Â» ou « chaires junior Â»),

au dĂ©triment des recrutements sur concours qui donnent les mĂȘmes chances Ă  tous. Pour les

autres, ce projet de loi instaure de nouveaux contrats prĂ©caires tels que le CDI de projet, qui n’est

rien d’autre qu’un CDD Ă  durĂ©e non-dĂ©finie, et qui permettra d’envisager toute une carriĂšre dans

la recherche en enchaßnant contrat précaire sur contrat précaire.

La loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche marque un nouveau tournant libéral

dans l’enseignement supĂ©rieur et la recherche. En permettant de privilĂ©gier les appels Ă  projet

au dĂ©triment de la recherche fondamentale, elle permet d’orienter la recherche au service des

intĂ©rĂȘts privĂ©s de certaines entreprises. C’est une recherche qui ne sera plus tournĂ©e dans le sens

de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral mais en fonction de sa rentabilitĂ© Ă©conomique. C’est une recherche basĂ©e

sur la compétition entre les chercheur·euse·s et les labos, ce qui ne peut que déboucher sur du

mal-ĂȘtre et de la mal-science.

Nos universités et laboratoires de recherche doivent rester publics, loin des logiques de rentabilité,

et permettre Ă  tou·te·s les Ă©tudiant·e·s de s’émanciper en ayant accĂšs Ă  des formations de qualitĂ©.

La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche va précariser encore davantage le statut

de chercheur·euse et celui de doctorant·e, impactant mécaniquement les étudiant·e·s.

Les conditions de travail des un·e·s sont les conditions d’études des autres !

Le gouvernement souhaite relancer ce projet de loi alors mĂȘme que les universitĂ©s, Ă  cause de

l’épidĂ©mie de COVID-19, sont fermĂ©es au public, empĂȘchant ainsi la communautĂ© universitaire

de dĂ©battre et s’organiser en connaissance de cause.

Les promesses de revalorisation des dotations ne peuvent pas ĂȘtre la contre-partie d’une casse

gĂ©nĂ©ralisĂ©e du systĂšme public d’enseignement supĂ©rieur, de l’organisation de la recherche et des

statuts des personnels. L’universitĂ© ne peut aucunement ĂȘtre bradĂ©e.

POUR CES RAISONS ET BIEN D’AUTRES ENCORE,

LES SYNDICATS SIGNATAIRES DEMANDENT LE RETRAIT DU PROJET DE

LA LOI DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE LA RECHERCHE

ET APPELLENT À REJOINDRE LES MOBILISATIONS

MILITANTES ET FESTIVES, PARTOUT SUR LE TERRITOIRE !


Article publié le 08 Juil 2020 sur Solidaires.org