La commission « Action » de l’assemblée générale de l’université de Tours mobilisée contre la loi Travail avait promis une occupation festive. C’est le siège du PS d’Indre-et-Loire qui a été visé ce mercredi 16 mars.

Réparties en quatre groupes, équipées de deux banderoles marquées « Nos sacrifices, leurs bénéfices » et « Vous semez la misère, Récoltez notre colère », environ 120 personnes sont parties du parvis du site universitaire des Tanneurs pour envahir le siège du parti socialiste.

L’objectif avait été gardé secret jusqu’au dernier moment, la commission « Action » se contentant de promettre l’occupation d’un lieu symbolique. Et les quatre groupes constitués vers 14h ont pris des itinéraires différents pour rejoindre la rue de la Fuye. Le temps de se retrouver, et toute une foule a pénétré dans la maison qu’occupe le PS, balançant cotillons et serpentins au fil des étages. La salariée présente s’est empressée d’appeler le commissariat à la rescousse, mais l’arrivée d’une bagnole de flics n’a pas suffit à gâcher l’ambiance. Un concert a été improvisé au dernier étage, et les murs ont été retapissés de tracts demandant le retrait de la loi Travail et critiquant la relation incestueuse entre le PS et le MEDEF. Le tout dans une ambiance très bon enfant.

C’est ensuite Francis Gérard, le secrétaire fédéral du PS 37, qui s’est pointé en râlant. Il a demandé à rencontrer une délégation, qu’il a tenté d’endormir en expliquant qu’il y avait différents courants au sein du parti de Valls, et que lui il était de gauche, etc, etc. Tout le monde est reparti par les trottoirs, y avait AG à 17h. Et demain, y a manif. A 10h, place Anatole France.

D’autres sièges du PS pourraient être visés dans le cadre de la lutte contre la loi Travail. C’est en tous cas ce que propose un certain « Comité Action » dans un tract intitulé « le monde ou rien », publié sur le site lundi.am et dont voici un extrait :

« Contrairement à ce que nous disent les apprentis bureaucrates de l’UNEF ou du NPA, taper fort n’est pas ce qui va nous « isoler des masses », si les cibles sont justes. C’est au contraire cela qui va faire que tous ceux qui sont à bout vont nous rejoindre ; et ça fait du monde. La question que pose la loi travail, c’est la question de la politique menée par le PS depuis 35 ans, c’est de savoir si oui ou non ils vont pouvoir mener à terme leur campagne de plusieurs décennies. C’est aussi la question de la politique en général. Qu’un mouvement se lève à un an d’une campagne présidentielle, qui généralement impose le silence et l’attente à tous, en dit long sur la profonde indifférence, voire l’hostilité, qu’elle suscite déjà. Nous savons tous que les prochaines élections ne sont pas la solution, mais font partie du problème. Ce n’est pas par hasard que spontanément, mercredi dernier, les lycéens de Lyon ont cherché à atteindre le siège du PS, et se sont affrontés à la police pour frapper cet objectif. Et ce n’est pas par hasard que des sièges du PS à Paris et à Rouen a été défigurés. C’est cela que, de lui-même, le mouvement vise. Plutôt que de s’enferrer dans des négocations-piège à con, ce qu’il faut attaquer, partout en France, à partir de jeudi prochain, ce sont donc les sièges du PS. À Paris, il faut que ce soit la bataille de Solférino. Pour la suite, eh bien, on verra. Va falloir la jouer fine. Mais l’enjeu est colossal. »