Avant toute chose, il s’agit là d’une analyse personnelle qui n’engage que moi.

Nous avions déjà parlé de la lutte universitaire à l’université Paris Est Marne-la-Vallée il y a quelques mois. En effet, une poignée d’irréductible se mobilise, depuis le mois d’octobre, contre la fusion de notre université pour devenir l’université Gustave Eiffel. C’est ensuite une mobilisation contre la précarité étudiante qui s’est enclenchée suite à l’immolation d’un élève par le feu à Lyon.



C’était sans compter le projet Delevoye et le début du mouvement, contre la réforme des retraites le 5 décembre. À ce moment, le mouvement à l’UPEM prend de l’ampleur. Un noyau dur composé de personnels et de doctorant·e·s s’investit pour organiser des assemblées générales ouvertes aux personnels et aux étudiant·e·s. Un noyau dur qui nous a apporté énormément de talent.

Des talents dans les slogans, dans les banderoles, dans l’organisation des AG… Un savoir-faire qui vient des quatre coins de la France (de Marseille, de Bordeaux ou même des Normand·e·s ! ).

C’est à ce moment que nous nous sommes inscrit·e·s dans une lutte interprofessionnelle en Seine-et-Marne avec, notamment, les AG des cheminots de Vaires-sur-Marne ou les enseignant·e·s du secondaire.

C’est une mobilisation d’usure pour nous les banlieusard·e·s avec des RER uniquement aux heures de pointe (et oui c’était la grève). Nous n’avons raté aucune manif, nous avons même constitué notre propre cortège en manif. Une bonne dynamique donc, avec la constitution d’une caisse de grève en ligne très efficace !

Dans la suite, un comité de mobilisation est créé afin d’optimiser l’organisation du mouvement dans notre université et pour l’étendre à d’autres UFR.

L’effervescence était palpable lorsque nous fabriquions notre première banderole nommée « DELEVOYE SANS ISSUE », beaucoup d’énergie mise dans l’affichage de chaque prochaine AG.

Les AG, parlons-en, il faut savoir que notre université est éparpillée en une dizaine de bâtiments éparpillés dans un campus qui ressemble à une petite ville. Nous changions donc de bâtiments pour chaque nouvelle AG, avec plus ou moins de succès.

Un groupe deter et soudé donc derrière un idéal : conserver une retraite descente pour tou·te·s.

Et là, arrive progressivement la LPPR (loi pluriannuelle de programmation de la recherche), dans le discours de nos Assemblées générales… Un nouveau front de lutte pointe le bout de son nez !

Peu avant la fin du premier semestre, l’UFR de SHS (Sciences Humaines et Sociales) se réunit afin de discuter du devenir des partiels, beaucoup d’étudiant·e·s étant bloqués par les grèves de transports. Après délibération, pour conserver une certaine équité, les partiels de SHS ont été annulés !! S’en est suivi une période de flottement, mélange de fatigue et frustration lié à un gouvernement devenu sourd et autoritaire, des violences en manif de plus en plus banalisées…

Jusqu’à maintenant la mobilisation étudiante était assez anecdotique, mais il a fallu une étincelle. C’est plus d’une centaine d’étudiant·e·s de l’École d’urbanisme de Paris et de SHS qui ont rejoint la mobilisation qui n’est donc plus exclusive à l’UPEM.

Une dynamique nouvelle, avec des étudiant·e·s motivé·e·s, qui font preuve de beaucoup d’imagination. Les actions s’enchainent, les cortèges sont de plus en plus visibles en manif. Nous avons même organisé un piquet de grève plutôt efficace qui a donné lieu à un die-in !

Personne ne lâchera rien, on est tou·te·s deter.

Il ne faut rien lâcher jusqu’au retrait de ses projets de loi pourris. Nous devons être offensif·ve·s pour avoir des conditions de vies et d’études meilleures !

@UpemD


Article publié le 17 Fév 2020 sur Paris-luttes.info